‹ Le collectivisme futur et le socialisme preśent [microform]Chapitre 3 sur 5 · LA LÉGISLATION SOCIALE ET LA LI13ERTÉ DU TRAVAIL · texte numérisé non relu

LA LÉGISLATION SOCIALE ET LA LI13ERTÉ DU TRAVAIL

Dans sa réponse. M. Clémenceau a affirmé le droit de l’individu, la nécessité de la propriété individuelle et a raillé les théories de M. Jaurès. Toute cette partie critique de son discours est fort bonne ; mais il a essayé ensuite une partie constructive. Il a montré que la société bourgeoise pouvait faire des réformes sociales ; il a lu une liste des lois qui ont été promulguées sous la troisième République et il a exposé un programme de législation « sociale » un peu plus « avancé » que celui de la déclaration ministérielle.

La plupart des lois énumérées sont restrictives de la liberté du travail ou donnent des privilèges et des subventions à des catégories de personnes. Or, dans tous les congrès socialistes, allemands, français, internationaux, il y a une partie qui concerne « la protection du travail dans la société actuelle » et « les mesures transitoires ». Elles comportent la limitation des heures de travail pour les adultes, hommes et femmes, aussi bien que pour les enfants : le repos hebdomadaire, l’interdiction de certains modes d’industrie, la suppression des bureaux de placement, et enfin « la transformation de certaines industries en

services publics ».

Or, depuis 1880, toute la législation sociale de la République n’est que l’application plus ou moins timide de ces revendications socialistes.

Elle exproprie, sans indemnité, l’industi iel du droit de donner à son usine, à son outillage, le maximum d’effet utile, et on prive une partie des ouvriers, et surtout des ouvrières, de leur droit au travail. Elle permet aux agents de l’Etat de pénétrer dans les ateliers et dans les usines, sans tenir compte du secret Drofessionncl. Elle permet d’interv^enir dans les détails les plus minutieux do l’organisation du travail et elle donne ainsi un argument aux socialistes cjui disent : « Vous commencez à remplacer la direction privée de l’industrie par « la direction sociale ».

En Belgicjue, un ministre a ouvertement invité les inspecteurs à provoquer les ouvriers à la délation. En France, on a demandé aux syndicats ouvriers de se joindre aux inspecteurs contre les industriels. L’industriel devient un suspect. Au gouvernement par la loi, on substitue le gouvernement par la police.

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