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célèbres de l'Europe et même de l'étranger.
Au Séminaire romain, j'ai ordonné que l'on ajoutât des cours de littérature aux leçons de théologie, d'histoire et de droit. Voyez le collège de la Propagande: le nombre croissant des élèves exigeait la construction d'une maison plus grande: j'ai fait construire la maison de grand cœur. Vous avez là Satolli. Où trouver pour l'enseignement du dogme un professeur comme Satolli? A l'Université Grégorienne, dirigée par les pères de la Compagnie de Jésus, on compte aujourd'hui plus de sept cents élèves. J'y ai appelé le père Mazella qui, aux États-Unis, avait publié des ouvrages de grande valeur. J'ai voulu plus tard qu'il fut cardinal, mais tout en lui laissant la direction des études. Dans toutes les universités pontificales, il ne reste donc rien à désirer.
«Mes enfants, vous êtes les premiers du Collège Canadien. Sachez apprécier la faveur immense que le Seigneur vous a faite.
Dans quelques années, vous retournerez dans vos diocèses pour travailler, sous la sage di-
rection de vos évêques, les uns dans les sémi-
naires ou l'Université, les autres dans le minis-
tère paroissial. Préparez-vous à votre mis-
sion en ne perdant aucune parcelle d'un temps
si précieux, afin d'acquérir des trésors de doctrine dont vous ferez un jour bénéficier vos frères. Gardez aussi une reconnaissance éternelle à vos évêques qui ont fondé ce collège, œuvre si belle et si importante pour votre patrie.»
Le cardinal Siméoni rappela alors au Saint- Père que l'oeuvre était due principalement à la munificence de la Compagnie de Saint- Sulpice de Montréal, qui en avait fait tous les frais et dit que le supérieur était présent. «Colin, Colin!» répliqua Léon ÀA111, «oh! approchez. Je vous bénis et je vous félicite de votre noble entreprise, 'espère que vos prêtres dirigeront le Collège Canadien à Rome comme ils dirigent tous leurs autres séminaires. En France, l'épiscopat est unanime à se louer de Saint-Sulpice.»
(Très Saint-Père,» dit M. Colin, qui avait peine à contenir son émotion, «ce Collège Ca-
nadien est le Benjamin de la famille, il dé-
sire recevoir la bénédiction du patriarche.»
«Oui, oui! répondit Léon XIII, je le bénis de tout mon coeur. Combien avez-vous d’élèves pour commencer ?» — (Douze, Très Saint-Père, comme dans le collège Apostolique».—(ÆEh! bien, il faut qu'il en vienne vingtquatre, trente, quarante.» La conversation, on le voit, avait pris le ton de la plus touchante familiarité. Toute timidité avait disparu, nous nous sentions des enfants chéris auprès du plus aimable des pères. Léon XIIT était rayonnant de joie et semblait vouloir nous garder auprès de lui le plus longtemps possible. Chacun des prêtres fut ensuite présenté à Sa Sainteté et recueillit de sa bouche quelques douces paroles. Nous quittâmes le Vatican ravis, rendant grâces à Dieu de ce qu’il nous avait été donné de voir et d'entendre. L’audience avait duré plus d’une demi-heure.»
Le 21 mars 1889 avait lieu la consécration des sept autels de la chapelle du Collège Canadien. Les prélats consécrateurs furent: Son
Éminence le cardinal Parocchi, qui consa-
cra le maître-autel dédié à saint Joseph, Mon-
seigneur Grasselli, archevêque de Colosse, celui de l’Immaculée Conception; Monseigneur Jacobini, archevêque de Tyr, celui de saint Jean-Baptiste, Monseigneur Satolli, archevêque de Lépante, celui de sainte Anne; Monseigneur McQuade, évêque de Rochester, États- Unis, celui de saint Charles; Monseigneur Grossi, évêque de Tripoli, celui de saint Louis; Monseigneur Van den Branden de Reethe, évêque d’Érythrée, celui de saint Thomas d’Aquin.
Il fallut attendre encore pour dire la messe dans la chapelle, qui n'était pas tout-à-fait terminée. Les six petits autels latéraux, trois d’un côté et trois de l’autre, sont réservés
aux élèves du Collège Canadien; ils y offrent
le saint sacrifice après la méditation.