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CHAPITRE III

Audience de Léon XIII et Rénédiction des Autels

Le 15 novembre suivant, le Saint-Père voulut bien recevoir, en audience particulière, les évêques du Canada alors présents à Rome, les directeurs et les élèves du Collège Canadien. C'était la première fois que le Pape recevait officiellement le personnel de cette institution

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naissante, Tous les élèves étaient prêtres et voyaient, pour la première fois, Léon XIII:

ils furent profondément émus d'entendre sa

parole si bienveillante, et de recevoir sa bénédiction. D'autant plus que Son Éminence le

cardinal Siméoni, préfet de la Propagande, plusieurs évêques canadiens, et le représentant de la Compagnie de Saint-Sulpice, M. Ls Colin, supérieur à Montréal, étaient présents à cette a .ience.

La Semaine Religieuse' de Montréal en faisait le rapport suivant:

1 Article de l'abbé Bruchési, Semaine Religieuse de Montréal, 8 décembre 1888.

(Il était onze heures et demie lorsque Léon XIII fit son entrée dans la salle du trône.

Émus, nous tombons à genoux et Je Pape nous bénit, promenant sur nous tous son paternel regard, souriant du plus aimable des sourires. (Ah, dit-il, voici les Canadiens: levez-vous, levez-vous, mes enfants.» I s'assit sur son trône et le cardinal Siméoni lui présenta en termes affectueux les nouveaux élèves qui devront suivre les cours du collège de la Propagande.

(Très Saint-Père,» dit alors Monseigneur l'archevêque de Montréal, (nous sommes heureux de pouvoir offrir à Votre Sainteté, comme cadeau de votre jubilé sacerdotal, le Collège Canadien. C'est à la générosité des Messieurs de Saint-Sulpice de Montréal que ce collège doit sa fondation. Vous en voyez, à vos pieds les premiers élèves: nous sollicitons la grâce d'une bénédiction particulière pour eux et Pour tout notre pays.» Nous tâchons de rendre fidèlement la réponse de Léon XIII.

(Vous avez raison, Monseigneur, d'appeler cadeau ce Collège Canadien que vous venez

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de fonder à Rome. Dans cette année des fêtes jubilaires, aucun cadeau ne pouvait être plus cher à mon cœur. Aussi, est-ce avec bonheur que je le reçois et que je le bénis.

«Toutes les nations avaient ici leur collège

national: la France, la Belgique, l'Angleterre, l'Allemagne, les États-Unis, etc; j'ai voulu que la Bohême et l'Arménie eussent le leur. Il manquait le Canada. Eh bien, le voici; qu'il soit le bienvenu. Au milieu des tristesses et des épreuves que traverse l'Église, ce m'est une douce coolation de voir les jeunes clercs accourir à Rome de toutes les parties de l’univers, en plus grand nombre que jamais. Rome, quoique l'on puisse faire, reste toujours le centre de la catholicité et le foyer de la science. Ils viennent donc ici, ces jeunes lévites, puiser \ la vérité à sa source la plus pure, se former aux vertus sacerdotales pour être plus tard dans leur patrie de véritables apôtres.

«Les universités romaines ont été sans cesse l’objet de ma sollicitude. Je n'ai rien épargné pour en faire des écoles dignes de la ville éternelle. J'y ai fait venir les professeurs les plus

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