‹ Le Collège canadien à Rome [microforme]Chapitre 15 sur 20 · ER · texte numérisé non relu

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Saint-Sacrement et la chapelle Borghèse), et surtout parce qu'elle renferme les quelques morceaux de bois qui restent de la Crèche dans laquelle est né Notre-Scigneur. C'est la raison pour laquelle, dès le VIe siècle, la basilique était communément désignée sous le nom de Sainte-Marie-de-la-Crèche, ad Praesepe.

A l’autre bout de la rue, sont les jardins du Pincio (autrefois la Colline des jardins de Lucullus et de Salluste) d'où l’on aime à contempler Rome, surtout au coucher du soleil.

On y voit aussi, après les cours, et quelques moments avant l’Ave, un grand nombre de séminaristes des différents collèges de la ville, qui viennent s’y récréer et y prendre l'air en faisant leur passeggiata.

L'église S. Vitale, église paroissiale des étudiants canadiens, est située à l'extrémité de la rue du même nom; on y entre par la rue Nazionale. Elle a été bâtie sous le pontificat d'Innocent I, sur la rue qui s'appelait alors Vicus longus, entre le Quirinal et le Viminal. Aujourd'hui il faut descendre 36 marches

pour arriver au niveau du parquet de l'église;

cependant elle était encore à 25 pieds au-dessus de l’ancienne voie qui conduisait au forum.

La rue Venti Scttembre coupe à angle droit la rue Quattro-Fontane (qui doit son nom aux fontaines qui sont à chaque coin de ce carrefour). Cette rue Venti Settembre s'appelait au- Paravant Sirada Pia en l'honneur de Pie IV qui la fit régulariser. Dans l'antiquité, du temps de l’empereur Auguste, on lui donnait le nom de Alta Semita. C'est sur cette rue que donne l'un des côtés du palais du Quirinal, et que

sont situées plusieurs églises intéressantes à

différents titres, et que nous ne ferons qu'indi-

quer.

D'abord, Saint-Charles-aux-Quatre-Fontaines, qu'on appelle aussi S. Carlino, située à l'angle des rues Quattro-Fontane et Venti Selttembre, est surtout curieuse parce qu’elle a les dimensions exactes de l’un des piliers qui soutiennent la coupole de la basilique de St-Pierre.

À quelques pas de là se trouve Saint-Andrédu-Quirinal, qui renferme le corps de saint Stanislas de Kostka, dans une précieuse urne de lapis-lazulli, placée sous un autel latéral,

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au-dessus duquel est un tableau du Saint par Maratta. A côté de l'église se trouvait le noviciat de la Compagnie de Jésus où saint Stanislas s'est essayé à la vie religieuse. Jusqu'à l'année 1889, on pouvait y voir encore la chambre même où il est mort. Mais le gouvernement s'est emparé de cette maison pour la transformer en une dépendance du palais du Quirinal. On a alors transporté la chambre du saint, près de la sacristie où l’on peut la voir.

Cette chambre a été de tout temps, l'un des sanctuaires les plus vénérés de Rome:

c'est là que Léon XIII célébra sa première messe. Devant l'autel, sur un lit de marbre, est la statue de saint Stanislas mourant par Legros: c'est une oeuvre 1.-1arquable qui laisse une profonde impression. On y voit aussi le portrait authentique du Saint, des souvenirs très-intéressants de saint Ignace, de saint Léonard de Port-Maurice, de saint Jean

Berchmans, etc.

Du côté de la Porta Pia, toujours sur la

rue Venti Settembre, s'élève la petite église de

Sainte-Marie-de-la-Victoire, qui appartient aux

Carmes et fut l'église titulaire de Son Érmi-

nence le cardinal Taschereau, premier cardinal canadien.

Elle fut restaurée et embellie après la victoire que les impériaux remportèrent sur les Eérétiques à Prague, en 16?

Voici maintenant l'historique du terrain sur lequel est bâti le Collège Canadien, et de ses alentours: il est tiré d’un article intitulé «Le Collège Canadien et le Quirinal», publié dans la Revue Canadienne du mois d’octobre 1910, par l'abbé Jeannotte, prêtre de Saint- Sulpice.

(Au sud de l'Ajta Semita, se trouvaient les vignes Ridolfi-Bandini, Sadolet, Ubaldini, et Mattei. Le !S novembre, 1566, la vigna Sadolet-Ubaldini, qui était la propriété de Jeanne Colonna d'Aragon, duchesse de Tagliacozzo, fut donnée par celle-ci au P.

François de Borgia, général de la Compagnie de Jésus. L'acte de donation fait mention (d’un jardin, valant 3,000 scudi, et de 3,000 autres scudi en biens et argent, d’une partie

de la maison ou palais vers l'église de Saint- André et d'une partie du terrain contigu jusqu'à la rue Saint-Vital. C'est là, près de l'église, que s'éleva le célèbre noviciat d'où sortirent tant de saints et d'hommes remarquables. Le jardin qui l'entourait, tel qu’on peut le voir sur le grand plan de Nolli de 1748, agrandi d’une partie de la vigna Bandini,

était considérable et touchait à la propriété

actuelle du Collège Canadien. Après les tristes évènements qui ont si complètement transformé Rome, une partie du jardin du noviciat a été conservée. Une autre partie sert de casernes; la partie voisine du Collège Canadien, après avoir été louée pendant longtemps à une société athlétique, a été vendue aux Dominicains qui y ont élevé l’année dernière une magnifique université.

«Lorsqu'elle fut donnée aux Jésuites, l’église de Saint-André était une église paroissiale, mais, deserta et desolata et sine populo. En 1678, grâce à la libéralité du prince Camille Pamfili, neveu d'Innocent X, l’ancienne église

fut remplacée par l'église actuelle, extrêmement

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riche, mais, quoiqu'en disent certains guides enthousiastes, singulière, baroque, maniérée comme tout ce qu'à produit Bernini, son architecte.

(La vigna voisine du Cardinal Sadollet ap- Partenait au cardinal Muzio Mattei.

Lorsque le grand bâtisseur Sixte-Quint eût perce

é la rue si longtemps et si justement admirée, qui va de la Trinité-du-Mont à Sainte-Marie-Majeure, la vigna du cardinal Mattei fut coupée en deux par la nouvelle rue. La partie occidentale fut immédiatement vendue au banquier florentin, Pierre-Antoine Bandini. Sur la partie qu'il s'était réservée, le cardinal Mattei commença le grand palais qu'on voit à l'angle sud-est de la rue des Quatre-Fontaines. Achevé par le Cardinal Nerli, successi- Vément occupé par la famille Albani, la reine d'Espagne Marie-Christine, il est maintenant en possession du prince del Drago.

(Le cardinal Octave Bandini, fils de Pierre- Antoine Bandini était le protecteur de l paternelle. Le cardinal Bandini était Je pro-

tecteur des Trinitaires Réformés du Rachat

a vigna

les

ée

et il permit à la congrégation espagnole de s'établir dans sa vigna, dans l'angle de la rue des Quatre-Fontaines. La fondation remonte à 1612. Les commencements furent modestes.

Mais en 1638, on construisit sous la direction de l'architecte Borromini, une église et un couvent plus vastes, qui sont encore aujourd'hui, en possession des Trinitaires espagnols. L'église fut dédiée à saint Charles qu'on venait de canoniser en 1610. Les Romains l’appellent San Carlino, par comparaison avec les autres églises de saint Charles. On reste cependant étonné de sa grandeur, car on sait qu'elle a exactement les dimensions d'un des piliers qui supportent la coupole de Saint-Pierre.

«Pendant que le Père Jean-Baptiste de l'Immaculée-Conception ramenait à l’austérité primitive les Trinitaires espagnols, un homme de Dieu, le Père Jérôme du Saint- Sacrement, opérait la même réforme en France. Envoyé à Rome comme procureur-général de son ordre, le Père Jérôme fonda, en 16:9, dans la vigna du cardinal Bandini, un couvent dans lequel il introduisit sa réfor-

me. L'église qu'il fit construire touche au Collège Canadien. Elle est dédiée à saint Denis. Dans le jardin du couvent, sur lequel a été bâti le Collige Canadien, Martinelli raconte qu'à l'époque de Clément VIII, un Grec de Chio récolta le premier céleri qu'on ait vu à Rome. On appelait ce jardin Le jardin du Grec. Les Trinitaires français occupèrent le monastère de Saint-Denis jusqu'à la Révolution frança.se. L'Ordre étant disparu dans la tourmente révolutionnaire, le monastère fut vendu et devint à la £n de 1814 la propriété d’un certain abbé de Sam-

bacy, qui y fonda un pensior:nat, ou, comme

on disait alors à Rome, un conservatoire, de jeunes filles. Le 18 juin 1880, M. Captier, alors procureur de Saint-Sulpice, l’acheta des héritiers de Mgr de Mérode, ancien ministre de Pie IX.»

Quand la Compagnie ue Saint-Sulpice à Montréal eut décidé de bâtir un Collège Canadien à Rome, M. Ls Colin demanda à M. Captier de lui céder son terrain: ce que celui-ci fit bien volontiers, et la construction commença

‘itôt. M. l'abbé Jeannotte termine ainsi son article:

«Aujourd'hui, comme au tes des Flaviens et au Moyen-fge, le Quirinal est un des quartiers les plus agréables et les plus salubres de Rome. C'est aussi un des plus paisibles et par conséquent un des plus favorables au recueillement et à l'étude. C'est ce qu'ont éprouvé les générations de prêtres qui se sont succédés au Collège Caadien depuis bientôt vingt-cinq ans. Su: les ruines des maisons sabines, des palais de la Rome impériale et des villas de la Renaissance, s'élève maintenant un sanctuaire de prière et d'étude, centre

d'activité silencieuse mais féconde pour l'Église

-Anadienne)».

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