PRE
Athanase-Clément-Marie Vacher était né le 17 mai, 1832, à Henrichemont, petite ville du diocèse de Bourges, département du Cher.
Il fit ses études classiques au Petit Séminaire, et ses études ecclésiastiques au Grand Séminaire de Bourges, et s'y distingua par une douce piété, qu'il pratiqua du reste jusqu'à la fin de sa vie. Il reçut l'ordination sacerdotale à Bourges le 17 mai 1856.
Après avoir passé une année À Saint-Sulpice de Paris, il entra à la Solitude, à Issy. L'année suivante, il partait pour le Canada et arrivait
à Montréal le 3 novembre 1858. Il fut d'abord attaché à l'église Saint-Jacques, et l’année suivante il entrait comme économe au Grand Séminaire, où il devait passer plus de quinze ans, dans cette charge. Il s'y fit remarquer par un grand esprit et d'ordre et d'épargne; et, par sa constante vigilance, il prévenait tout gaspillage,
En 1874, il était appelé au ministère paroissial à l’église Saint-Jacques, où il passa environ dix ans. Parmi ses fonctions il avait la charge de la congrégation des hommes, qu'il sut s’attacher d’une manière très étroite, malgré qu’il ne chercha pas à faire accepter la piété sous le couvert du plaisir.
Épuisé par la fatigue du ministère, ses supérieurs se hâtèrent de le faire traverser en France, au sein de sa famille, pour s'y reposer. À la fin des vacances de 1885, il fut envoyé à Rome pour seconder M. Leclair dans la construction du Collège Canadien. Il résidait à la Procure de Saint-Sulpice où il exerçait les fonctions d’économe.
Au mois d'octobre 1888, avait lieu, au Col-
lège Canadien à Rome, la rentrée des élèves du premier cours. M. Vacher fut nommé économe de la maison, et il y resta jusqu’à sa mort, sous trois supérieurs différents. Il avait l'art de combiner une vraie simplicité avec toute la largeur et les attentions requises, dans une maison que les ‘vêques canadiens étaient priés de regarder comme la leur: et il savait bien faire les choses, à la satisfaction des élèves et des visiteurs, sans jamais dépasser les crédits qui lui étaient alloués. Les élèves, qui ont passé par le Collège Canadien pendant son long stage d'économe, ont gardé de lui le meilleur souvenir; il exerçait sur eux une influence qui dépassait de beaucoup ses modestes fonctions.
Quand ïl rentra à Rome, à l'a omne de 1909, il ressentit les atteintes du mal qui devait l'emporter. Pendant trois mois il lutta contre la souffrance. Le 28 décembre il dut prendre le lit, et le lendemain il demanda à être transporté dans une maison de santé tenue par les
Sœurs de la Sagesse. Le 7 février suivant il y
rendait le dernier soupir, après une maladie longue et douloureuse.
Ses obsèques ont été célébrées le surlendemain à l'église paroissiale de S. Vitale. De
là le convoi funèbre se dirigea vers le Campo
Sarto, où M. Vacher avait exprimé sa volonté de reposer, dans le caveau de Saint-Sulpice, à côté de M. Captier, ancien supérieur-général de la Compagnie, qui, comme lui, avait vécu si longtemps à Rome.