CHAPITRE VII
Les premiers directeurs du Collège Canadien, MM. Palin, Leclair et Vacher
Nous donnons, dans ce chapitre, quelques
notices biographiques sur les premiers directeurs du Coliège Canadien. Ils ont assisté à la naissance de cette institution, ils y ont créé des traditions, que les élèves oui sont venus ensuite n'ont eu qu'à suivre. Tous ceux qui les ont connus sont heureux de rendre témoignage à leurs vertus et aux beaux exemples de vie sacerdotale qu'ils leur ont donnés.
M. Clément-François Palin, né à Saint- Cyprien, comté de Napierville, de l’une de ces familles religieuses et modestes des :ampagnes du Canada, dont toute l'ambition est de servir Dieu, en élevant chrétiennement leurs enfants.
Il fit ses études classiques au Collège de Montréal, et, malgré les absences de plusieurs mois que réclamait sa santé délicate, il sut
se maintenir constamment au premier rang dans sa classe.
En 1860, il entrait au Grand Séminaire où il laissa le souvenir d'un élève intelligent, pieux et régulier.
En 1863, il partait pour la Solitude à Issy, mais il ne put y rester que quelques mois, à cause de son état de santé.
Il obtint cependant d'y revenir treize ans plus tard, mais pour les mêmes raisons, il fut obligé de retourner bientôt au Canada.
Ordonné prêtre à Montréal, le 8 mai 1864, il occupa différents postes dans le ministère, soit au collège de Montréal et au grand séminaire.
En 1880, il était nommé supérieur du séminaire de philosophie qui venait de s'ouvrir à
Baltimore, dans les États-Unis: il y demeura
quatre ans, et revint au grand séminaire de Montréal où, malgré sa faible santé, il enseigna le droit canonique.
Au mois d'octobre 1888, le Collège Canadien à Rome allait s'ouvrir. M. Palin reçut l'importante mission de présider aux débuts de
cette belle institution: il en fut le premier recteur. Il remplit les fonctions de sa charge avec intelligence et sagesse. Mais en 1896, la maladie l'obligea de quitter ce poste, et depuis, il n'a plus guère fait que languir jusqu'au dernier Jour de sa vie.
Le 17 mai 1897, il fut transporté à l'hôpital Notre-Dame pour y recevoir les soins délicats que réclamait son état. Quelques semaines avant sa mort, il eut la douce consolation de voir élever sur le siège de Montréal, un prêtre, qu'il avait toujours suivi comme un fils, dès ses premiers pas dans la carrière ecclésiastique. Mgr Bruchési, le lendemain de sa prise de possession, voulut dire la première messe, qu'il célébrait comme évêque, dans la chambre de son Père spirituel, et lui donner la communion. M. Palin rendit le dernier soupir un peu après minuit, le 4 août 1897.
Ses funérailles qui eurent lieu le 6 août dans l’église paroissiale de Notre-Dame, furent remarquables surtout par le concours du clergé et par la présence de Nos Seigneurs les archevêques de Saint-Boniface et de Montréal et
l'évêque de Valleyfield, qui tous trois regardaient M. Palin comme un père de leur vie sacerdotale. Mgr Langevin, archevêque de Saint-Boniface, a bien voulu célébrer pontificalement la messe des funérailles.
Mgr Bruchési sortit un instant du lieu de retraite où il se préparait à son sacre, et après avoir donné l’absoute, il a suivi la dépouille mortelle jusqu'au grand séminaire où les dernières prières furent récitées par M. Colin, supérieur de la maison de Montréal.
Pr
M. Louis-Uuillaume Leclair succéda à M. Palin cmme recteur du Collège Canadien. Il naquit le 21 octobre 1837 dans la petite ville de Lancaster, située dans la province d'Ontario, dite alors Haut-Canada.
À onze ans, il entrait au Collège de Montréal où il se faisait remarquer par sa grande douceur et des manières prévenantes, qui lui donnaïent une réelle influence sur ses condisciples. Au grand séminaire tout en développant les qualités sympathiques de son caractère, il se for-
mait à la piété sacerdotale et trempait fortement son âme dans les plus solides ve +415.
Après ses études théologiques, trop jeune pour être ordonné prêtre, il fut professeur au Collège de Montréal pendant un an. Puis il partit pour ia solitude où il fut fait prêtre, le 21 décembre 1861 par le cardinal Morlot, archevêque de Paris.
[1 rentra à Montréal dans les derniers mois de l’année 1862. Après avoir exercé le ministère pendant près de vingt ans dans les paroisses irlandaises de Sainte-Anne et de Saint-Patrice, il fut nommé curé d'Oka, en 1881, et par sa douce ec ferme bonté, il apaisa, dans la mesure du possible, l'agitation des indiens de la mission, soulevés par les prédicants.
Vers la fin de 1885, M. Colin jeta les yeux sur M. Leclair, pour présider d'abord à la construction du Collège Canadien et en prendre ensuite la direction. M. Leclair partit donc pour Rome où il arriva le 5 novembre. A la fin du mois de décembre 1887, il tomba gravement malade, et reçut même les derniers sacrements. Il revint cependant à la santé mais
pas assez pour prendre la direction de la maison. Il ne put qu'assister M. Palin dans ses fonctions de recteur du collège.
Huit ans plus tard, en 1896, il remplaça M. Palin et malgré sa santé chancelante, il put exe:..r cette charge pendant quatre ans, avec une douceur et une bienveillance, dont les visiteurs et les anciens élèves ont gardé un souvenir reconnaissant. Mais la maladie le força de retourner au Canada, après s'être reposé quelques mois en France.
Il arriva à Montréal au mois de novembre 1900, et employa le peu de force qui lui restait aux œuvres de la paroisse de Saint-Patrice, cà il avait si longtemps exercé le ministère. Étant tombé gravement malade, il dut aller à l’Hôtel-Dieu où il passa les trois dernières années de sa vie. Il mourut en la fête de sainie Anne, le 26 juillet 1903.
Le corps demeura à l’Hôtel-Dieu jusqu'au dimanche soir. Une absoute solennelle y fut chantée, au moment de le transoprter à l’ezlise Notre-Dame, où les obsèques devaient avoir lieu le lundi, 30 juillet
GRSI-SSSI “ANOY Y NAIGVNV.) A9STIOZ) AG SAAOD HAININA AG SAAYIZ LH SHNBLIHAI( SAQ HANOWE)
La messe fut célébrée par M. Lecoq, supérieur de Montréal, assisté à l'autel par deux anciens élèves du Collège Canadien.
Nos Seigneurs Bruchési, archevêque de Montréal, et Racicot évêque de Pogla, son auxiliaire, assistaient au service.
L'absoute fut faite par Mer l'archevêque assisté de M. Clapin, alors recteur du Collège Canadien, et qui se trouvait présent dans le pays à cette époque.