‹ Le Collége des médecins de Rouen, ou documents pour servir à l'histoire des institutions médicales en NormandieChapitre 11 sur 61 · ACTES DE L'ANNÉE · texte numérisé non relu

ACTES DE L'ANNÉE

L'an de J.-C. 1670, le 2 janvier, la convocation du Collége a lieu dans la maison du sieur Nourry, doyen , pour la nomination d’un secrétaire; c'est Nicolas Gilbert qui est choisi.

L'heure des réunions est fixée de 3 à 5 heures après midi.

Nomination des syndics de la corporation , alternativement faite parmi les plus âgés et les plus jeunes inscrits au tableau.

Le Collége fait choix, pour les démonstrations anatomiques et les discours de médecine, d'un emplacement dans le couvent des Carmes. Le docteur Levannier est spécialement chargé d’obtenir des bons Pères l'autorisation de s’y établir.

21 Janvier 1670.

Proposition d'établir un Codex de médicaments.

Le Collége est convoqué : Georges Questier jeune , ancien doyen, fait observer les inconvénients attachés à la maniere arbitraire dont les pharmaciens de cette ville préparent les médicaments, parce qu'il n’est pas suffisamment établi à quelle dose et pour quels genres de maladies les médicaments doivent être prescrits; d’ou la

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nécessité de rédiger un code unique de médicaments pour la province. Baptiste Porrée est désigné par les suffrages comme le plus apte à préparer le projet de réglement. |

Sont élus Guillaume Hénault, muni du diplôme royal, doyen honoraire, et Marin Lepigny, syndic, pour soutenir les intérêts de la corporation.

M° Georges Questier est nommé conseil du doyen, et, sur la demande de Bérout, est désigné pour poursuivre, par toutes les voies de droit, un certain Jean Lagrange, chirurgien juré, qui s’est permis d'appeler les membres du Conseil tartufes , hypocrites et calomniateurs.

Hénault propose de passer à l’ordre du jour sur cette affaire dans l’intérêt de la concorde, mais d’en écrire seulement à Paris au docteur Valot, premier médecin du roi, particulièrement attaché à la province, et qui saura bien trouver le moyen de venger le Collége de toutes ces calomnies,

Nourry convoque pour changer l'heure de la séance , à cause de la mort de Jean Housset, à l’inhumation duquel le Collége doit se rendre en corps et porter la parole.

Lunot 17 FÉvRIER 10670.

Le Collége recoit, après la mort de Housset, l’argent dont celui-ci était dépositaire, et qui forme, comme fonds de caisse de la corporation, la somme de cent vingt livres tournois douze sols dix deniers.

Jeunt 20 Février 1670.

Trésor confié au doyen. — La somme indiquée ci-dessus aété comptée par Le docteur Desfonteines, et confiée au doyen Nourry, avec la caisse du Collége, les lettres patentes de ses priviléges, les pièces de procédure que le Collége a eu à soutenir, et les anciens et nouveaux Statuts du Collége. Une messe solennelle sera célébrée chaque année dans la cathédrale, ce à quoi tiennent les membres orthodoxes du Collége. Cette fondation est faite depuis l'établissement des Statuts, par Marin Lepigny, chanoine de l’église de Rouen, et premier doyen du Collége. Les archives contiennent encore : la liste de recensement des membres inscrits au Collége des médecins, trois registres des actes du Collége depuis son institution jusqu'aux calendes de janvier 1669, un exemplaire des œuvres de Housset , dont la préface a été écrite par Desfonteines , en

l’absence de Lepigny. Le plus ancien doyen, Porrée, est chargé de faire cette remise.

SAMEDI 8 Mars 1670.

Une salle des Carmes est accordée gratuitement au Collége.

Les actes du Collége écrits en français depuis 1656, seront désormais consignés en langue latine, ce à quoi promettent de se conformer les docteurs Barrassin et Gilbert.

L’obtention du diplômeroyal, pour faire partie du Collége, est désormais nécessaire, de facultatif qu'il était précédemment.

MercreDi 12 Mars 1670.

Sur la demande de Questier, qui, sans avoir consulté le Collége, a exercé des poursuites contre les chirurgiens Adrien Grouchy et Jean Delagrange, pour avoir appelé zartufes quatre des membres du Conseil, et par suite duquel Questier a été condamné aux frais du procès, et à six liv. d'amende, le Collége décide qu’il restera complètement étranger à cette affaire, parce que Delagrange avait écrit qu’il ne se permettrait jamais d'entreprendre une opération chirurgicale importante sans le conseil et la présence d’un médecin.

GX

Marpr 1° Avril 1670.

Sur la proposition d'obtenir la confirmation de ses lettres patentes, le Collége, par son doyen, s’est empressé d'écrire à Decroizy, du conseil du Roi, pour réclamer son patronage.

Il propose, en outre, de se rendre au-devant de l’archevêque de Rouen, à son retour en cette ville après une maladie grave, pour obtenir sa protection en faveur de la confirmation des lettres patentes.

Le doyen donne communication des lettres des docteurs Gallemant et Mendez, sollicitant la faveur d’être agrégés au Collége. En vertu de l’art. 33 des Statuts , on entendra, le dimanche suivant, le discours de Gallemant après sa réception , pour donner ensuite son tour à Mendez. (Il est désigné par l'épithète de médecin ordinaire de la reine de la Grande-Bretagne. )

Lun: {4 Avril 1670.

À onze heures, le Collége s’est rendu près du président du Parlement , qui a accueilli la harangue du doyen d’une manière très affable ( perhumaniter.) Ce magistrat a répondu, en effet, que, pour lui, en cas de maladie, l'assistance des médecins lui était infiniment précieuse, mais, qu’en

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