VENDREDI 2 JANVIER
Après les salutations et compliments de nou velle année échangés entre les membres, le doyen déclare avoir recu des lettres non-seulement de plusieurs docteurs en médecine exerçant dans la province, mais encore des doyens des Colléges de Lyon et d'Orléans , lesquels déclarent qu’eux ne voulant recevoir aucuns honoraires pour la réception des chirurgiens , ils exhortent le Collége
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de Rouen à ne pas persister dans cette voie vénale, mercenaire et honteuse. Le Collége, en conséquence , décide qu’on surseoira à toutes poursuites jusqu’à ce que les médecins de l’Université de Paris aient jugé définitivement cette question.
Jean Nicole Desfonteines, docteur de lUniversité de Montpellier, demande lPagrégation ; mais comme il n’a rempli aucune des formalités en usage, sa réception est renvoyée aprés la fête de Saint-Vincent ( 22 janvier. )
Picot est élu pour deux ans syndic du Collége, en remplacement de Questier.
On choisit le sujet de thèse à donner à Desfonteines, qui a subi d’une manière remarquable ses diverses épreuves. La question suivante lui est échue : La médecine rationnelle peut elle admettre dans le traitement du catharre, la nouvelle méthode d'Helmont par la saignée ?
Jun: 2 Avriz 1671.
Le doyen demande s'il est permis à un récipiendaire, comme l’a fait Desfonteines , de soutenir une opinion non orthodoxe, dit-il, mais #a-
kodoxe , à l’occasion de la doctrine d’Helmont, qui, contraire à celle d’Hippocrate et de Galien, est déclarée dangereuse pour l’état. Le Collége, en masse, censure une opinion opposée à l’expérience des siècles, attendu qu’en médecine comme en religion, les principes constants doivent rester invariables , comme étant le salut des malades ; qu’un Collége est institué pour défendre les saines doctrines.
Lunpit 4 Mar 1671.
Le Collége convoquera pour les 15 et 16 de ce mois, afin de combattre les propositions paradoxales de Desfonteines.
15 Er 16 Mar 1671.
Me Jean Nicole Desfonteines soutient sa these contre 13 membres du Collége.
On lui donne ensuite, pour le lendemain , cette question pratique à résoudre :
Un homme de 60 ans, atteint de difficulté d’uriner , éprouve quelque soulagement en rendant des gaz intestinaux ; quelle est la cause de sa dysurie ?
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MercreDi 1° Juizzer 1671.
Nourry et Porrée sont chargés de se rendre auprès du premier président pour obtenir du Parlement l’entérinement des lettres patentes accordées au Collége l’année précédente.
On décide que les séances auront lieu, pendant ce mois, de trois à cinq heures d’après midi, et que la première sera consacrée à l'étude de la variole et des maladies éruptives.
Desfonteines lit les Statuts du Collége et prête le sermentaccoutumé. Sur son droit de réception, il sera pris 20 livres tournois, dont une partie sera destinée au soulagement des malheureux atteints de l’épidémie dans le Romoës , et à laquelle on ajoutera les fonds destinés au banquet du Collége.
On décide qu’un charlatan nommé Favières, sera interpellé sur les titres qu’il possède d’exercer la médecine à Rouen, et que, si la réponse n’est pas convenable, il sera déféré aux procureurs généraux pour y être poursuivi conformément à la loi.
VENDREDI 2 OCcTOBRE 1671.
La séance qui devait être consacrée à l’étude de la dysenterie régnante dans la ville, est ren-
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voyée, pour plus de commodité , après les pre-
miers jours de novembre , pour savoir quels se-
raient les moyens d'arrêter cette épidémie.
(Nourey. )
Marnr 13 OcroBre 1671.
Réconciliation entre Boujonnier, Duperray et Houppeville. ( Pour le doyen , LEBARON. )
Manor 3 NovemBre 1674.
Conformément à l’usage, et sur la demande du Collége des médecins, Barrassin est désigné pour professer le cours d’anatomie. { Pour le doyen, LEBARON. )
Marpt 10 NovemBre 1671.
Une commission composée de Nourry, doyen, de Lepigny et Picot, anciens doyens, et de Nicolas Gilbert, se rend auprès du premier président, pour le féliciter sur son heureux retour de Paris, et en reçoit une réponse des plus gracieuses. (Pour le doyen , LEBARON. )
Lunpr 14 DÉcEmMBRE 1671.
Vu la mauvaise santé de Lepigny , la question sur la paracentèse et la saignée dans l’hydropisie,
avait été renvoyée au mois suivant. Aujourd'hui cette question est savamment et élégamment discutée en présence d'une assemblée nombreuse des membres du Collége.
Après le salut d'usage, on décide qu’au doyen seul appartient le droit d'examen des candidats chirurgiens et barbiers. (Pour le doyen, Le- BARON. )
Lunpi: 18 Janvier 1672.
Le doyen Nourry, Lebaron père, Lepigny, Picot, Barrassin et Gilbert se rendent auprès de l'archevêque nouveau, ancien évêque de Séez, pour lui présenter leurs hommages. Le doyen, dans une allocution élégante, se rend l’organe du respect de ses confrères, et le prélat y répond d’une manière aimable (TEBARoN.)
Mar: 26 Janvier 1672.
L'ordre du jour est l’élection d’un doyen et d'un syndic, en remplacement de Lepigny. Le doyen fait connaître que , par ministère d'huissier, il vient de recevoir une opposition de Boujonnier
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à ces deux élections; mais, attendu que la teneur de cette opposition n’est pas présentée suivant la forme voulue, on passe outre. Mayer est nommé syndic par le doyen, et ce choix est ratifié par les membres présents. ( LEBARON )
VENDREDI 1er Avriz 1672.
Comme en ces premiers jours du mois, on n’observait chez le peuple aucune maladie grave, le Collége, pour remédier à cette plaie de chirurgiens , de pharmaciens, et de cette espèce d'hommes qui pratiquent impunément dans la ville la médecine avec la licence /a plus effrénée, propose d’adresser une supplique à la haute cour du Parlement, pour lui signaler les abus st dangereux à la santé publique, et réclamer contr’eux une punition sévère et exemplaire. ( LEBARON. )
Mann: 12 Avriz 16792.
Le doyen donne connaissance d’un édit du Conseil du Roi, par lequel David de Caux , médecin de la Faculté de Montpellier , a obtenu l’autorisation d’exercer la médecine à Dieppe , lequel, examiné par quatre médecins de Paris, Brayer, Perrault , Renaudot et Peylon a été reconnu digne de faire partie du corps, et demande