‹ Le Collége des médecins de Rouen, ou documents pour servir à l'histoire des institutions médicales en NormandieChapitre 2 sur 61 · CR · texte numérisé non relu

CR

La solennité de ces réceptions ne se bornaït pas à la publicité: elle était encore rehaussée par la présence du Premier Président du Parlement,accompagné de trois présidents de Chambre, et de quelques conseillers des plus importants, enfin, d’un concours nombreux de personnages distingués de tous les ordres :.

Avant l'exposition de la thèse, on faisait expliquer sans préparation au récipiendaire des aphorismes d'Hippocrate.

Le lendemain, apres l’argumentation de la thèse terminée, on tirait au sort une question de pratique , qui devait être traitée avec tous les développements qu'elle comportait et sans préparation.

La cérémonie terminée par la prestation du serment d’Hippocrate , conservée encore de nos jours à la faculté de Montpellier, le Conseil se réunissait pour décider de l'admission ou du rejet du candidat. Il faut le dire à léloge des nouveaux docteurs, les exemples de rejet étaient rares, nous en avons cependant trouvé plusieurs.

La décision définitive avait lieu au scrutin secret; on remettait à chacun des membres trois billets imprimés , destinés à exprimer son vote. Sur le premier était écrit : Je le reçois pour

' Et, dans certaines circonstances, on a vu jusqu’à trois cents personnes former l’auditoire.

RS de

l'agrégation; sur le deuxième : je le refuse pour l'agrégation, et le juge incapable; et, sur le troisième : renvoyé à étudier pour un an. Ces billets étaient immédiatement brülés après le scrutin, et en présence de tous les membres votants.

Par ce specimnen des obstacles apportés aux réceptions , on s’expliquera comment une ville aussi importante que Rouen n'ait eu, pendant si longtemps, qu'un Collége composé de huit ou dix médecins.

Toutelois , le tableau de l’ordre , en 1669 , en compte trente. Comment donc expliquer la diminution progressive qu'il a subie ? Plusieurs causes ont dü y contribuer. D'abord, un édit de Louis XIV défendit expressément au Collége de recevoir plus de deux membres de la religion réformée. Par un arrêt du Parlement , en date du 2 juillet 1674, défense même fut faite d’en recevoir à l’avenir un seul ; puis , le nombre considérable de procès qu'il avait à soutenir ayant occasionné à chacun des membres de nombreux appels de fonds, 1l fut décidé que chaque nouveau membre serait, avant son agrégation , astreint au dépôt d’une somme de 60 liv., qu’on désigna sous le nom de dépôt de l’honoratre. Cette contribution prit progressivement des proportions plus étendues, à ce point que, peu d’années après, la somme à déposer préalablement était de 4ooliv.:

ms ROUES

sans compter la part individuelle de chaque membre à diverses rentes, dont nous indiquerons plus tard la nature et la somme.

Enfin , le mauvais vouloir des chirurgiens qui, par des moyens licites ou frauduleux , prétendaient affranchir leur corporation du droit exorbitant que s'arrogeait le Collége en exigeant un véritable impôt pour leur présence aux examens des chirurgiens ; toutes ces causes réunies, disonsnous, peuvent expliquer la diminution du nombre des membres du Collége.

La constitution intérieure du Collége était régie par des Statuts. Grâce à la bienveillance de M. Floquet , la première édition de ces Statuts nous est parvenue ; elle se compose de 9 articles, dont là teneur suit :

Stainis du Collége des Médecins de Ronen.

Et

Tout médecin quise proposera de s’établir dans la ville de Rouen, devra être docteur ou licencié, recu dans une Académie renommée.

Page 1