CALENDES D'OCTOBRE
Le banquet du jour de saint Luc n’a pas lieu, à cause de la disette publique, et de celle du
trésor, par suite du dénuement de quelques membres qui ne peuvent payer leur cotisation, laquelle doit rentrer avant de penser à un banquet. Buquet et Lhonoré sont spécialement chargés d'effectuer ces rentrées. ( LEBARON. )
Lunp: 18 NovemBre 1675.
M° Houppeville demande, appuyé par Barrassin , qu’on recherche l’auteur anonyme d’un mémoire signé par un docteur de la Faculté de Montpellier, qui n’est qu’une satyre dirigée contre Houppeville, à l’occasion d’une lettre sur la génération de l’homme. Dans ce mémoire, rempli de choses absurdes , fausses, calomnieuses , dangereuses , tout semble être écrit pour déshonorer
le Collége. Il demande qu’une délibération soit prise à ce sujet. L'avis général est que ce libelle est l’œuvre de Porrée; il faut en référer au doyen sur son Contenu, pour demander justice d’une pareille insulte.
L'avis du doyen est de commencer le procès contre les droguistes et herboristes au nom des apothicaires. Le Collége ne veut prêter appui à
ces derniers que sous condition, celle de les
aider dans le cas où l’argent dù par plusieurs de ses membres rentrerait au trésor.
Barrassin demande que les commissaires désignés s'occupent immédiatement du libelle plus haut cité, afin d’en délibérer à la plus prochaine séance. (LEBARON. )
VexpReDI 17 Janvier 1676.
Election d’un doyen ou du plus ancien syndic. Questier n’ayant pu s'occuper encore du procès des herboristes, l'élection est renvoyée au jour de la fête de saint Vincent. On décide encore que les médecins orthodoxes qui seront présents, porteront désormais la robe et le bonnet comme les avocats. ( LEBARON. )
Lunpr: 23 JANviER 1676.
Le décanat bisannuel de Questier étant expiré, Picot est nommé pour le remplacer , à cause de la prudence et du zèle qu’il a déployées dans la gestion des affaires de l’ordre. Boujonnier s’oppose à cette élection en vertu de son droit d’ancienneté. Il n’est pas fait droit à sa demande.
Il est donné lecture, à haute voix , du libelle et de l’opinion des quatre commissaires qui, aprés avoir donné connaissance de plusieurs pas-
sages qu'ils attribuent à Porrée, déclarent qu’après avoir examiné avec soin le libelle anonyme écrit en français , et ayant pour titre : Réponse à la lettre de monsieur Guillaume de Houppeville, etc. ils le considèrent, sous le rapport grammatical , philosophique et médical, comme honteux et comme un véritable opprobre pour des hommes éclairés , mais en outre qu’ils l’ont reconnu dégoütant , contre Barrassin et Houppeville, leurs collègues , hommes probes et savants. En conséquence , ils condamnent le libelle, non-seulement comme scandaleux, méchant et calomnieux, mais encore comme honteux au point de vue littéraire ; ils déclarent l’auteur, quel qu'il soit, digne du fouet, et si, ce qu’à Dieu ne plaise, ül était l’œuvre d’un membre même du Collége , il devrait encourir l’animadversion de ses confrères et de plus l’exclusion irrévocable du Collége, aux termes des Statuts. (Signé LEBARoN et DUPERRAY.)
Assignation est donnée , au nom de Boujonnier , aux deux doyens, de comparaître au tribunal le lundi suivant pour donner les raisons qui l’ontempèché, lui Boujonnier , d’être nommé doyen , suivant son droit. ( LEBARON. )
CALENDES D'AvriL 1676.
Buquet et Lhonoré, conformément à leur mission , déclarent que le banquet de saint Luc ne pourra avoir lieu avany qu’il ne soit rentré en caisse 280 livres qui lui sont dues.
On donne ensuite lecture de l’article 16 des Statuts, qui défend aux médecins étrangers de donner des consultations. En conséquence , le Collége déclare que si un médecin du Collége osait se trouver en consultation près d’un malade avec l’un de ces médecins , il encourrait inévitablement l’exclusion du Collége. ( LEBARoN. )
La séance n’a pas lieu, faute d’affaires à l’ordre du jour.