‹ Le Collége des médecins de Rouen, ou documents pour servir à l'histoire des institutions médicales en NormandieChapitre 44 sur 61 · MESSIEURS · texte numérisé non relu

MESSIEURS

« Les avantages que la médecine retire de linstitution des Colléges, et la dignité dans laquelle le vôtre se soutient si honorablement depuis plus d’un siècle, ont excité les médecins de cette ville de solliciter un pareil établissement. Le Roi de Pologne veut bien nous ouvrir cette grande carrière. Nous espérons que vous nous serez d’un grand secours; c'est pourquoi, j'ai l'honneur de vous écrire au nom de tous mes confrères pour vous prier instamiment de nous communiquer les Statuts et privilèges de votre Collége, persuadés que nous sommes qu'il nous sera impossible d’avoir un meilleur modele. Vous aurez aussi la bonté de nous donner réponse sur les difficultés suivantes que nous suscite la Faculté de Pont-à-Mousson, située dans notre voisinage : Elle prétend que nous ne pourrons exiger de notre futur Collége des examens pour la réception des agrégés, attendu que leurs lettres de docteurs leur donnent la faculté d’exercer partout, et que ce serait insulter toutes les Universités en général, que de refuser l'entrée à un gradué que la Faculté de Pont-à-Mousson aurait trouvé suffisant ex capacité; elle se récrie encore beaucoup

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sur ce que nous avons fixé les droits d’agrégation à 600 liv., qui doivent être employées à l’acquisition d’une Bibliothèque commune. Votre réponse fera la décision de toutes ces difficultés. Vous voudrez bien nous l’envoyer à l’adresse de M. Rennow, premier médecin du Roi de Pologne. Nous nous flattons que votre zèle pour l’honneur de notre profession, nous procurera des solutions auxiliaires que nous n'avons pu encore mériter par nous-mêmes. Nous vous regarderons comme un des premiers bienfaiteurs de notre Collége. Notre reconnaissance en sera marquée sur nos registres, mais encore plus gravée dans nos cœurs. »

96 Février 1752.

En conséquence de cette lettre, il a été délibéré que M. Nihell, conseiller-médecin du Roi, enverrait à MM. les médecins de Nancy, les Statuts du Collége de Rouen, et qu’il fournirait tous les éclaircissements et renseignements propres à lever les difficultés proposées, ce que ledit sieur conseiller-médecin du Roï ayant exécuté avec l'admission de la parité du Cotlége de Rouen , établi pour ainsi dire aux portes des Universités de Paris et de Caen, avec plusieurs autres réflexions et instructions pour le bien et la dignité du Col-

lége futur, le Roi de Pologne a fait examiner en son Conseil ces Statuts, ces mémoires et ces réflexions (NineLr. )

M° Nihell a reçu la réponse suivante :

MoxsiIEUR,

Nous avons présenté au Roi de Pologne les Statuts du Collége de Rouen avec vos mémoires d'explications et de réflexions. Il les a fait examiner en son Conseil, et, le 15 du présent mois de mai, Sa Majesté à fait annoncer ses lettres-patentes pour la création et l’érection d’un Collége royal de médecine à Nancy. Nous ne pouvons assez nous louer des secours qu'il a plu à votre Collége de nous fournir pour mieux cimenter notre établissement. Votre dernière lettre a eu tout le succès le plus plausible; je Fai remise à M. de Rennow, premier médecin, qui en à fait part au Roi et à son Ministre, Le Chancelier et le Conseil ne voulaient pas entendre raison sur le droit exclusif aux agrégés d'exercer la médecine à Nancy. Nous avions beau représenter que c’est le principal et essentiel attribut des Colléges dans le royaume de France, sans lequel un Collége n’a ni consistance ni durée. Nous ne gagnions rien ; mais lorsqu'on a lu au Roi ce bezu morceau de votre lettre sur les médecins Juifs qui nous environnent de toutes parts, le Conseil à cessé de

nous être contraire, et le Roi nous à tout accordé. Qu'il est heureux pour nous que vous connaissiez si bien notre position, et que vous ayez passé quelque temps à Metz et à Nancy, où vous avez vu le peuple infatué des charlatans juifs , qui n'y sont que trop tolérés, et souvent même encourages! C’est une vérité, et non un compliment que J'avance, Monsieur, lorsque j'ai lhonneur de vous dire que Sa Majesté serait charmée de vous obliger personnellement; elle m’a chargé de vous le mander. Peut-être visiterez-vous encore nos chmats, puisque vous avez en Alsace des gages si précieux qui pourraient vous y attirer, que nous devrions beaucoup à madame votre mère et à M. votre frere, si leurs tendres sollicitations vous déterminaient à faire ce voyage.

J'ai l'honneur d'être, etc.

M. Chicoyneau, Conseiller d’état et premier médecin du Roi, étant mort au mois de février, et ayänt été remplacé par M. Sénac aux mêmes titres et fonctions, le Collége m'a chargé de lui écrire en son nom; ce que j'ai fait, et en ai reçu une réponse extrêmement polie, par laquelle il nous marque qu'il ne cessera de veiller aux intérêts et à la dignité de la médecine (Nrxerr.)

M. le président, et MM. les agrégés du nouveau Collége de Nancy, m'ont adressé plusieurs

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autres lettres, où leurs sentiments de reconnaissance pour MAT. du Collége de Rouen sont sans cesse répétés, et une mutuelle coufraternité établie, désirant fonder et perpétuer une communication intime par une correspondance inaltérable d'esprit et de pratique entre les chefs et les membres des deux Colléges, ainsi, que jen ai rendu compte dans le temps de nos assemblées. J'ai mis de suite ici tous ces articles qui regardent l'érection du Collége Royal de Nancy, à l'instar du nôtre, et sur nos Statuts, pour n'en pas interrompre le fil, quoique des circonstances marquées en la page suivante soient en partie antérieures à leur époque.

(Et en marge, sont écrits ces mots: )

Le Catalogue imprimé des Mélecins du Collése loyal de Nancy, fait mention du conseiller-mé- (probablement Nihell en faveur

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decin du Roi duquel le Roi de Pologne s'était déjà manifesté), notre collègue de Rouen, comme agrégé honoralre et vice versd de leur président, dont la nomination a été faite par le Roi pour six années d'administration consécutives (NiHELL.) Mortde M° Estard, doyen du Collége de Rouen.

Le 15 avril 1752, le Collége étant assemblé en la maison de M: de Nihell, écuyer, conseillermédecin du Roi,et médecin consultant par brevet en extraordinaire du Roi de la Grande-Bretagne ,

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ledit sieur médecin du Roi a exposé à MM. les agregés après Un préliminaire sur les maladies coùrantes, que MM. les héritiers de M° Michel Es: tard qui avait joui du titre de doyen du Collége des médecins de Rouen, n'ayant pas jugé à propos de mettre, dans les billets de convocation funèbre , le titre de Doyen des médecins de Rouen, ni même fait mention de sa qualité de médecin qu'il a exercée pendant près de 40 ans, ét n'auraiént pas fait convoquer ses confrères pour aller en corps, suivant les usages du Collése , parce que les médecins n’y auraient pas été appelés nonimément , et qu'on aurait dédaigné de prendre les qualifications à ce requises , dans limprimé public qui a été distribué. Sur quoi ledit médeéin du Roi aurait fait prononcer à l'assemblée que, dorénavant , le titre de doyen ne serait plus affecté à personne des âgrégés , attendu que tout le pouvoir et toutes les prééminences respectives résident en la personne du médecin du Roi, et que si, par la suite, quelqu'agrégé acquérait une charge dans quelque cour souveraine, il ne serait plus réputé membre du Co:lége, et que, dans toutes les listes publiques et autres imprimés concernant le Collége, son nom n’y serait pas mentionné , la qualité de médecin , et surtout de médecin expérimenté, n'étant pas imcompatible avec toutes celles qu'on peut acquérir à prix d'argent,

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