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bérer sur ces procès-verbaux , en date des 16 mars , 21 septembre et 26 octobre 1763, rendus par les employés en la ferme du tabac, contre les débitants ÿ dénommés, pour mélange de corps étrangers dans le tabac, tels que poudre de brique, sel marin, cendre, chaux...., estime que de tels corps ne peuvent manquer de causer divers accidents relativement au empérament, à la délicatesse des personnes qui en font usage, tels que d'irriter et blesser les nerfs olfactifs, dessécher la membrane pituitaire , ou violenter les sécrétions, causer des étourdissements, des douleurs de tête, et nombre d’autres accidents qui peuvent dépendre de ces premiéres lésions. ( Bors- DUVAL le jeune. )
15 OcTogre 1765.
Les maladies régnantes du printemps de cette année ont été des varioles discrètes, des fièvres intermittentes, tierces et quartes, non rebelles, et, pendant tout l'été, la dysenterie souvent sans fièvre , occasionnée par la chaleur excessive de ‘été, par l’usage immodéré des fruits très abondants cette année. Le traitement qui a eu le plus de succès à été la saignée, la tisane de riz, les lavements à la décoction de graines de lin, la poudre de quinquina , les cathartiques, les as-
tringents, le diascordium et la thériaque. ( BorspuvaL le jeune. )
Dans la même séance chaque membre a remis le montant de sa capitation annuelle , et de plus la somme de 5 Liv. 5 s. pour le paiement de la rente Houppeville. (En marge est écrit : il a été payé onze années dues alors, ce qui a fait 80 liv. 10 sols.
Après un scrutin, M. De La Roche, doyen, est élu conseiller-médecin du Roi pour 1766 , et M: de Boisduval oncle, syndic. ( Boispuva. )
Chacun donne 10 liv. pour payer ia rente de l'Hôtel-Dieu. ( BoispuvaL Jeune. )
Le Collége, assemblé extraordinairement, recoit le compte de gestion de Boisduval Jeune. ( Dr La RocxE.)
10 Juizzer 1766.
Requête de Louis-Jacques-François Michel, et de Jean-Antoine Rouelle, docteurs en médecine de l’Académie de Caen, qui demandent l’agrégation. De La Roche et Pinard sont chargés d’examiner leurs titres.
1% Aout 1766.
Les commissaires désignés font leurs rapports.
21 Aour 1766.
Convocation pour décider les questions qui devront être données aux candidats.
La première est celle-ci: Dans la fièvre putride qui simule la pleurésie ou la péripneumonte , la saignée doit-elle étre le principal remède ?
La deuxième : Dans la miliaire puerpérale, avec suppression des lochies et inflammation de basventre , doit-on donner des bains ?
Lesquelles questions ont été remises séparément à chacun, sur un petit cahier de papier , et ( probablement parce qu’ils s'étaient présentés tous deux à-la-fois ), il a été convenu que celui qui tirerait au sort la première question, serait appelé le premier à soutenir sa thèse. Rouelle tire la première, et Michel la seconde.
Le jour fixé pour leur thèse est désigné pour les calendes de janvier , à la condition que si, au bout de ce temps , l’un des candidats n’avait pas achevé sa thèse, celui dont la thèse serait prete passerait le premier. ( De La Rocur. )
13 OcroBre 1766.
Chaque membre fait son rapport sur les maladies qu’il a eu à traiter, et de celles dont il à eu connaissance.
Il résulte de ces diverses communications que :
1° Il n’y a point eu de maladies épidémiques cette année, quoique les rougeoles aient été abondantes au commencement du printemps chez les enfants et quelques adultes; accompagnées de toux plus ou moins opiniâtres, elles ont presque toutes été bénignes, et se sont terminées au septième jour. Les remèdes simples et usités dans ces sortes de maladies ont suffi.
2° I] y a eu quelques fièvres putrides sur la fin du printemps et au commencement de l'été, mais en moindre nombre que dans les années précédentes. Quelques-unes ont présenté d’abord l’apparence de péripneumonies ou de fausses pleurésies, mais du troisième au cinquième jour, elles se montraient Aumorales et se terminaient par des libertés de ventre entretenues par les délayants et les minoratifs.
3° On a observé cette année plus de coliques bilieuses ; elles ont été même plus nombreuses depuis trois ou quatre mois qu'auparavant. Des douleurs de coliques d’abord légères avec des anxistés dans la région de l'estomac, des nausées, des vomissements, des pituites muqueuses teintes de bile jaune , ensuite des vomissements de bile verte et porracée, avec des augmentations de coliques, ont été les accidents graves de cette maladie; le ventre , assiduement resserré, ne cédait
que trés difficilement aux laxatifs et purgatifs ; les vomitifs à petites doses, tantôt méêlés aux laxatifs ou avec des eaux cordiales, dans le temps des anxiétés et des faiblesses , ont réussi. Les maladies se sont terminées par la liberté du ventre, entretenue naturellement ou artificiellement.
4 Les petites véroles , quoique nombreuses, ont été presque bénignes et discrètes, principalement depuis trois ou quatre mois ; c’est pourquoi elles n’ont exigé que de menus soins et les moyens ordinaires.
5° Ila paru, au commencement de cet automne, quelques fièvres intermittentes tierces, qui ont cédé aux moyens fébrifuges ordinaires.
6° Le Collége à pris ensuite communication de copies de plusieurs procès-verbaux des employés à lui adressées par M. le procureur du Roi, de l'élection de Rouen, par lesquels il parait que plusieurs débitants de tabac en poudre l’altérent par le mélange de plusieurs substances étrangères , savoir : la craie en poudre, l’ocre jaune , la chaux en poudre, les cendres tamisées, la mélasse, la pulpe de pruneaux, etc. Le Collége a lu aussi un certificat des Dames supérieures et hospitalières, et de léconome du Bureau des pauvres valides de cette ville, qui contient un dépouillement des registres dudit hôpital , et un calcul du nombre des fous qui y sont entrés de-
puis 1682 jusqu’en 1765 inclusivement, qui monte à 255 fous pendant un espace de 95 années. Ce nombre de 255 fous, seulement du côté des hommes, qui donne, par chaque espace de 5 années communes, celui de 17 fous, est monté, snivant ce certificat, pour les 5 dernières années, à 5; nombre en effet extraordinaire qui triple, et plus, celui de 17 de chaque lustre antérieur.
Un autre certificat de la communauté des Frères des écoles chrétiennes dites de Saint-Yon, en date du 19 septembre dernier, énonce que, depuis un certain nombre d’années , il faut que la folie ait attaqué un plus grand nombre de personnes, vu la quantité plus grande que jamais qui leur en est proposée. Ces certificats exposent que les insensés de l’une et l’autre maison ont une passion démesurée pour le tabac.
Après ce vu des pièces, le Collége , pour répondre à la question qui lui est faite , si le tabac altéré, comme il est dit ci-devant, peut préjudicier à la santé de ceux qui en usent, et comment, a repris en examen ce qui avait été déjà traité et délibéré sur cette matiere, en son assemblée du 4 juin 1965, et en persistant sur le même jugement qu’il en avait porté , il estime de rechef que Îles matières ou corps étrangers ci-devant énoncés, melés dans le tabac, ne peuvent man-
quer de causer divers accidents relatifs au temnpérament et à la délicatesse des personnes qui en font usage, etc.
Pierre de Boisduval est élu conseiller-médecin
du Roi. (DE La Rocur. )
M. Bardet remet au médecin du Roi 15 lv.
provenant de la réception des chirurgiens pendant l’année dernière. ( Boispuvar. )
MM. De La Roche et Boisduval sont commis pour examiner Ja thèse de Rouelle, et MM. Pinard et Fleury celle de Michel. Les thèses seront soutenues au mois d'avril prochain, savoir : Rouelle le 1” et le 3, et Michel le 2 et le 4. (Boispuvaz. )
3 AvRiL 1767.
Par décret du Collége, Jean-Antoine Rouelle est admis unanimement comme agrégé, le 1 et 3 avril. La question tirée au sort était: La Hernmie inguinale.
HIAVRIL L707.
Michel passe et soutient aussi sa thèse. Il tire au sort cette question : L’Hydrophobie est-elle
toujours produite par la morsure d'un chien enragé ? ( Borspuvar.)
Quoique l'hiver ait été extrêmement long et rigoureux , et qu'il ait tombé beaucoup de pluie pendant le courant de cette année, nous n’avons cependant pas eu beaucoup de maladies. Nous avons seulement eu, depuis le commencement du mois de septembre dernier, deux maladies épidémiques : la grippe, et des flux dysentériques.
La grippe est une espèce de fièvre catarrhale qui attaque d'un coup les malades par une douleur de téte, des lassitudes dans tous les membres, une Jièvre assez violente qui dure deux ou trois jours el se termine par une sueur qui dure un jour ou deux , el juge ainsi la maladie. Le seul régime de vivre suffit pour la guérir ; on a cependant quelquefois été obligé de saigner ou de purger les malades quand la fièvre a voulu aller trop loin. En général, cette maladie n’a été d'aucune conséquence.
Il n’en est pas de même des flux dysentériques, qui ont fait périr plusieurs personnes, notamment celles qui étaient âgées , etles enfants. Cette maladie est accompagnée d’une douleur de basventre , principalement vers la région ombilicale, ce qui dénote que les intestins grêles sont affectés. La fièvre est quelquefois très violente, et les
malades rendent beaucoup de sang dans leurs excréments
La cause de cette maladie parait dépendre plutôt de l'air que de mauvaise nourriture, parce qu'elle existe en différents pays, dont les nourritures ne sont pas ies mêmes.
Les remédes qui paraissent le mieux réussir sont les saignées du bras faites les premiers jours, les lavements anodins huileux, les potions huileuses anodines, les doux purgatifs faits avec la manne et l’huile d'amandes douces, le petit lait clarifié et l’eau de poulet; pour nourriture, du bouillon fait avec deux parties de bœuf et une de veau , et la boisson une tisane faite avec le riz et la réglisse , et quand la fièvre et les douleurs ont cessé , purger le malade avec des médecines astringentes, puis quelques prises de diascordium ; mais il faut bien se garder de donner des astringents avant que ces accidents soient dissipés, c'est-à-dire la fièvre et les douleurs, qui sont l'effet de l'inflammation des intestins.
Pinard, conseiiler-médecin du Roi.
28 Mur 1768.
Requête de Lepecq de la Clôture, docteur en médecine de la Faculté de Caen, qui avait, pen-
dant sept ans, exercé dans la même ville, lequel exprime ledésir d’être agrégé au Collége de Rouen. Conformément aux Statuts, ses pièces seront examinées ( Pivarp.)
2 Juirer 1768.
Après s'être entretenu des maladies régnantes, on s'occupe du choix de la question de pratique à proposer à Lepecq de la Clôture pour sujet de thèse : Dans le rhumatisme articulaire, la saone est-elle préférable aux sudorifiques ? Le candidat est ensuite appelé, et dans un élégant discours, traite la question proposée, et la termine par douze propositions, quatre de médecine, quatre de chirurgie, et autant de matière médicale ( PrNaRD.)
Fleury est élu médecin du Roi.
Le même Jour, les membres du Collége se sont plaint qu'on leur avait envoyé des billets pour loger un officier, ainsi qu’on l'avait fait à tous les gens de robe comme juges du Bailliage, avocats et procureurs, parce qu'en l’Hôtelde-Ville, on jugeait alors qu’il y avait foule. Le Collége a présenté une requête par laquelle il a non seulement fait valoir l’arrêt du Conscil, re-
vêtu de lettres enregistrées au Parlement, par lequel il est exempté du logement des gens de guerre; il a encore représenté les services perpétuels que rendent ses membres aux pauvres de la ville et des environs en {es recevant chez eux gratuitement.
MM. l’intendant , maire et échevins , ayant eu égard à la légitimité de leurs raisons les ont maintenus dans leur privilège ( PINARD.)
13 Janvier 1769.
Le Collége convoqué et assemblé pour examiner la thèse de M. Lepecq de la Clôture, n’ayant rien trouvé qui puisse l'empêcher d’être soutenue publiquement, a fixé les 6 et 7 mars pour l’entendre.
En même temps, il a été arrêté, que la Capitation n’ayant pas été augmentée pour l’année présente, chacun paierait sa quote-part suivant l'arrêté de l’année précédente. / Freurx.)
1 Mars 1769.
Par décret du Collége, M° Lepecq de la Clôture est recu agrégé aprés avoir soutenu publiquement sa thèse, et traité la question suivante : Qu'est-ce que le vertige vermineux ?
= He = 15 OcTogre 1769.
Bardet est élu conseiller-médecin du Roi, et Boisduval le jeune, syndic; les comptes de Fleury sont approuvés.
28 Juin 1770.
Demande d’agrégation de M‘ Louis-Jacques Daurignac, docteur en médecine de la Faculté de Caen, qui, conformément aux Statuts, a exercé la médecine pendant deux ans dans la banlieue de Rouen. Les titres seront examinés par Bardet et Lepecq de la Clôture ( Bardet.)
5 Avriz 1770.
Dans l'apoplexie, doit-on rarement donner l'émétique? Telle est la question soumise à Daurignac après le dépôt préalable de son honoraire.
Après avoir soutenu sa thèse, les 24 et 25, Daurignac est reçu agrégé du Collége.
10 OcToBre 1770.
Election de Boisduval neveu, comme médecin du Roi, et de Rouelle, comme syndic.
Liste des membres du Collége pour 1770, selon
IRL.
PTS 17/10 Lot FAO
l’ordre de leur réception.
Guillaume-Tiphaigne DE La Rocne.
Nicolas DEesLonccHawps.
Pierre DUGHAUFFOUR-DE-BoispuvAL ( mort le 21 septembre 1771.)
Bertrand PiNarp.
Noël FLeury.
Louis BaRDET (mort le 12 juin 1772.)
Jean DucHaAurFour-pr-BorspuvaL.
Jean ROUELLE.
Louis MicHez.