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LE COLLÈGE ET LA RÉVOLUTION

L'édifice de renseignement national, sous Tancien régime, était immense ; mais il était délabré par endroits. Il y avait donc nécessité de remanier sa structure intérieure et de le rajeunir en quelque sorte. Qu'il y ait eu des imperfections, des lacunes, des vices même dams la constitution de nos vieux établissements d'instruction publique, que ces établissements ne répondissent plus aux aspirations ni aux besoins d'une société profondément modifiée, personne ne peut le nier. D'importantes réformes s'imposaient ; mais, comme l'a dit Joubert, « il n'y a rien de bon dans les innovations que ce qui est développement, accroissement, achèvement ». Or, au lieu de restaurer, la Révolution a souvent détruit. Ce fut une faute, parce que tout lui manquait pour reconstruire : les plans sérieusement élaborés, le temps et les ressources.

« A mon avis, disait en 1882 Jules Simon à l'Académie des Sciences morales et politiques, ce qui a causé partout l'échec de renseignement public pendant la Révolution, c'est qu'au milieu de beaucoup d'idées justes, élevées et fécondes, s'était glissée une idée mortelle, Tidée de l'épuration et de la table rase. »

Nous allons vérifier, avec la plus grande impartialité et à Faide de documents absolument authentiques, la justesse de cette pensée de Jules Simon, en étudiant l'œuvre pédagogique de la Révolution, dans notre cité havraise, de 1791 à 1804.

Dans cette seconde partie de notre travail, nous suivrons à peu près l'ordre chronologique des faits se rapportant à l'instruction publique.

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