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ner aux CoHégiens. Il lui fut aussi recommandé de baser son Cours de dessin sur Touvra^e de Francœur.
Obligé de quitter le Havre pour aller habiter Paris, où rappelaient des K affaires indispensables », Dubois envoya sa démission, le 27 Mai 1S29, au maire, le baron Begouen-Demeaux. Son traite^ ment lui fut cependant conservé jusqu'au 31 Juillet. Dubois n'avait mérité que des éloges pour la tanue de son école et le succte de son enfseignement ; aussi sa démission u volontaire » fut-elle universellement regrettée.
Un homme de. talent lut appelé par le maire, le 17 Juillet 1829 (1), à recueillir la succession de Dubois ; il s'appelait François-Jacques Ochard, et était né à Saint-Valéry-en-Caux le 3 Floréal an VIII (23 Avril 1800) (2).
Ancien élève du grand peintre David, Ochard fut un excellent maître de dessin, soit k l'école municipale dont il fut le directeur jusqu'à sa mort, soit au Collège où nous le trouvons encore à l'époque de la transformation de cet établissement en Lycée.
Ochard fut, pendant quatre années, conservateur du Musée de peinture du Havre. Compatriote et ami d'enfance de l'abbé Bénard, qui fut successivement en notre ville curé de Saint- François et curé de Notre-Dame, Ochard fit pour cet ami quelques travaux que l'on conserve encore avec soin dans ces deux églises.
A Notre-Dame, il peignit, dans la chapelle de Saint-Joseph, le tableau qui représente Joseph sous les traits d'un vieillard portant l'enfant Jésus, et tenant un palme de l'autre main ; il retoucha, dans la chapelle de Saint-Louis de Gonzague, une peinture de Mme Fallue.
A Saint-François, ses œutres sont une « Asscmiption » dans la première chapelle du côté de l'Evangile, et « l'Adoration des Mages » qui surmonte le maltre-autel. Celte dernière toile, qui est une copie de Rubens prise à Anvers par Ochard sur l'original lui-même, ne produit qu'un effet bien ordinaire. Dans la chapelle de Saint-François d'Assise, Ochard a seulement réparé « l'Extase de saint François ».
Ochard envoya quelques bonnes toiles au Salon : Tête de vieille {emme, costume de Saini-Malo (1835). — Portrait de M. B. (1837). — - Vue de Morloix, prise derrière le nouvel hôtel de VilU (1841).
(1) Archives municipales. — Copie de Lettres, Reg. XXXÏII, fol. 46.
(2) Archives de TEIatK^ivil de Saint-Valery.
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Quelques-uns de >ses élèves se sont fait un nom. Ces artistes, qui brillèrent surtout dans la première moitié du XIX* siècle, ont honoré la ville où ite passèrent leur jeunesse et le maître qui cultiva leurs remarquables dispositioQS pour le dessin et pour la peinture. En première ligne figurent Yvon, Smith et Lhuliier.
Le célèbre peintre Adolphe Yvon naquit à Esehwiller (Moselle) au commencement de Tannée 1817. Son pèire, qui vint au Havre en 1829 comme employé des douanes, en repartit en 1843 avec le grade de contrôleur. Adolphe fit son instruction dans notre ville
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Adolphe Yvon
el apprit le dessin à Técole de Ochardi auquel il conserva toute sa vie la plus profonde affection. A dix-sept ans, le jeune dessinateur, était garde à cheval dans les eaux el forêts du domaine noyai. Cinq ans après, il alla à Paris et entra dans Tatelier de Paul Delaroche, qui le fit admettre à l'Ecole des Beaux-Arte. Il bénéficia, pendant
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son séjour dans cette Ecole, d'une demi-bourse que lui paya la ville du HaVre.
A. Yvon perfectionna ses aptitudes artistiques, et se distingua promplement par des portraits, des tableaux d'histoire et de batailles. Parmi ses productions les plus remarquables, on connaît le Portrait de Madame Ancelot, la femme du poète havrais (Salon 1842), et plusieurs toiles qui se trouvent au Musée de Versailles : Le Maréchal Ney à la retraite de Russie (Exposition universelle de 1855), La Prise de MalakoU (médaille d'or de l'Exposition de 1857), La Bataille de Soltérino (Salon 1861), La Bataille de Magenta (Salon 1863). Mentionnons encore les tableaux de Yvon que possède le Musée du Havre : Le Christ chassant les vendeurs du temple (Salon 1845) (1), La Vision de Judas (1846), et Les Sept Péchés capihuiA (scènes tto l'Enfer de Dante en sept dessins, Salon 1847). ^-
Nous FVproduiâcwfe ci-conlre l6 beau tableau dti la Retraite de Russie, qui valut à son autour ia croix de la Légion d' honneur. Le maréchal Ney, soutenant Tarrière-gardej fait le coup de feu, pendant que Irirrure désemparée s'i'^loigne péniblement dans la neige.
A partir de 1864, Yvon no fU guère que des portraits. Parmi les meilleurs, on cite ceux de Garnôt, Germain Sée» Rouvier et Paul Bert.
Yvon fut nommé, en 1867, officier de la Légion d'honneur et professeur des cours du soir à TEcole des Beaux-Arts ; puis, en 1883, professeur de dessin à TEcole Polytechnique.
Adolphe Yvon est mort à Paris-Passy le 11 Septembre 1893.
Georges Smith, né au Havre, fut un paysagiste très apprécié et un des collaborateurs de ÏIlliLstration. U a exposé au Salon plusieurs fusains : Dans la iorét de Fontainebleau, le soir (1875), La lorit de Fontainebleau aux environs de Barbizon (1876), Hartleur (1879), Plateau de la Sole, forêt de Fontainebleau en automne (1880).
CharlêÉ'Marie LhuUier naquit à Granville (Manche) le 29 AVril 1824. U vint au Havre tout jeune et s'embarqua comme mousse à
(11 La maquelte de ce tableau a longtemps été exposée dans une des salles <iu rez-de-cbaussée du Collège de la rue de ia Mailleraye. A l'époque de la démolition des bâtiments, cette maquette a été vendue aux enchères.
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TEtat. 11 servit sur un garden&ôte (1), odmmaiidé par le lieulenatil de vaisseau, E. Bigot de la Robillardière, qui devint maire du Havre du 14 Février au 26 Décembre 1874 (2).
E. Bigot de la Robillardière
Le jeune mousse montrait déjà les meilleures dispositions pour le dessin, et les officiers du garde-côte se plaisaient à lui faire ci-ayonner quelques scènes de la vie du bord. Revenu à terre^ I.hullier reçut les leçons de Ochard, lequel discerna dans son élève une rare vocation artistique. Son maître de dessin lui trouva un protecteur qui l'envoya à Paris, où il étudia d'abord dans les ateliers de Roqueplan et de Picot, puis surtout dans celui de Pils, dont il devint môme le collaborateur et Tami.
(1) Ce garde-c6te était le Rôdeur^ qui, sous Louis-P)iUippe, tirait les salves d'artillerie aux jours des fêtes nationales.
(S) Emmanuel Bigot de la Bobillardière, né à Bi>est en Août 1811, était entré dans la Marine militaire où ses aptitudes semblaient l'appeler aux plus hautes fonctions. Après avoir été longtemps attaché au port du Havre, sa santé le contraignit de renoncer à la navigation ; il était alors capitaine de frégate et chevalier de la Légion dlionneur. Bigot de la Bobillardière, dont la fermeté de caractère et la loyauté des relations étaient très appréciées de ses concitoyens, mourut en notre ville le 12 Mai 1979.
PKNI^IOKS âBCONDAlRËÔ IM
Au Hatre, LhuUier attira rattention, dèa 1849, avec un excellent portrait de KarU comique du Grand-Théâtre. Ses tableaux de fenre sont nombreux, et lui ont obtenu lea succès les plus mérités aux Salons de 1859 à 1884. Citons : Portraits de MM. X... ; Sentie d'intérieur (18B9). — Pruiis et lëgvlmes ; Gibier ; La petite gatdeuse de vaches (1863). --^ Départ pour le pâturage (Pas*de-Ca^ lais) ; Une Granviliaise, portrait (1864). — Le Café des iiraiUeurs algériens dans la caserne Bonaparte à Paris (1866). — Arabes jouani avec un chai ; Portrait de Af. le capitaine V... (1867). — Vente d^une maison au hameau (1870). — Les nouvelles de Vab^ sent ; Portrait de Mme B... (1877). — Portrait d^M. le colonel baron 0... (1881).
Lhullier fut un grand artiste et un grand modeste. S'il eût été quelque peu ambitieux, son talent lui aurait fourni une carrière des plus brillantes». Ce qui distingue ses toiles, ce sont la souplesse du dessin, la fraîcheur du coloris et le modelé plein de science.
Quand il nvourut, le 20 Septembre 1898, Lhullier était officier de rinstruction publique, conservateur du Musée municipal de peinture et directeur de TEcole municipale des Beaux-Arts.
Le Musée du Havre possède de Lhullier plusieurs tableaux, entre autres : Le Café des Turcos, Piflerari, Un Ordre, et une de ses meilleures œuvres Le Portrait de sa mère. Nous représentons ci-contre la toile intitulée Un Ordre. Au premier plan, on voit un officier qui, le sabre passé sous' lé bras gauche, parcourt « l'ordre » remis par un planton au port d'armes à quelques pas de lui. Près de cet officier, ^e tient un fourrier portant une carte de la main gauche et le fusil en bandoulière sur l^paule droite. Un clairon, deux autres fantassins, une paysanne et un petit garçon oomplètent les personnages du premier plan. La composition de ce tableau est excellente et le rendu très heureux.
Mailres d'écriture. — Les maîtres d'écriture au Collège furent Korriê^ Picquet, Philippe et Fontaine.
particulières cTenBOlgiieoMit gecimdalrd. — De toutes les ordoniiances royales, qui, de 1825 à 1836, furent publiées sur rinstruction publique, une seule, celle du 26 Mars 1829, contient quelques dispositions relatives aux maisons particulières d'enseignement secondaire. Le Gouvernement, dans le but d'approprier
210 Lfi COLtÊCe DU HAVRie
rinstruction donnée dans les Collèges à toutes les situations de la vie, tenta d'y introduire renseignement industriel et commerciaL Mais cette entreprise ne pouvait réussir qu*à ki condition de laisser aux maisons particulières toutes facilités pour organiser le même enseignement. Le Gouvernement le comprit si bien que, par l'ordonnance de 1820, il fut permis aux chefs d'institution et aux maîtres de pension de joindre à leur plan d*études le genre d'instruction qui convenait plus spécialement aux professions industrielles et manufacturières. Ils eurent même la liberté de se borner au seul enseignement commercial, et, comme nous Tavons déjà remarqué, leurs élèves « commerciaux » furent dès lors dispensés de l'obligation de fréquenter les classes des Collèges. Cette mesure était un acheminement vers un système plus libéral.
On comptait alors au Havre quelques établissements d'enseignement secondaire.
En 1827, A, Poirot de Valcourt fonda une de ces maisons rue d'Estimauville, 7 (1). Dans le programme des études figuraient le latin et renseignement mutuel. Cette institution, quoique située dans un immeuble assez défectueux, eut son heure de prospérité, et il arriva que la cour de récréation, du reste mal pavée, humide et mal aérée, ne put suffire aux ébats des écoliers. Poirot de Valcourt demanda Fautorisation de les mener deux fois par jour« de huit heures à neuf heures du matin et de midi à une heure, jouer dans Tenceinte découverte de le^ Bourse. La Chambre de Commerce, sur l'avis favorable du maire, agréa cette requête {2).
C'est à propos des progrès réalisés par tes élèves de cette pension dans toutes les branches de renseignement que les journaux de la localité (le Journal du Havre^ la Revue du Havre) firent ressortir combien, depuis quelques années^ rinstruction publique s'était développée dans notre cité, qui maintenant, ajoutait-on, « rivalise avantageusement avec toutes les autres villes de France. »
Au moment où le Collège, transféré rue de la Mailleraye, allait subir une nouvelle organisation, Poirot de Valcourt, voyant peut-être périolîter sa maison, ou tout au moins voulant s'àdtfurer à lui-même une situation pour l'avenir, manifesta le désir d'en-
(1) Ch. Vesiïue marque Vouverture do celle maison au 1" Janvier 1828.
(2) Arcbivés iminioipale&.
l»GNSIONS SBCONDAlRfiS 2il
trer au Collège comme régent de Sixième. Le Bureau d'administration consulté ne fournit que de bons renseignements sur ses connaissances et sur sa conduite. Proposé le 29 Septembre 1837 pour la chaire de Sixième, nous ignorons pourquoi Poirot de Valeourt ne fut pas accepté du Ministre, malgré Tappui donné à sa candidature par le sous-préfet du Havre.
L'institution de Poirot de Valeourt semble n'avoir eu qu'une dizaine d'années d'existence.
Mouls tint pendant quelque temps une pension universitaire rue de Bordeaux, mais, d'après les palmarès que nous avons feuilletés, les 'matières récompensées étaient du domaine de l'enseignement primaire plutôt que de l'enseignement secondaire.
Nous avons trouvé, rue Saint-Honoré, 1, une pension secondaire dont le chef s'appelait Gauthier, Nous ne possédons que peu de détails sur cette maison, qui existait en 1836.
En 1828, fut fondé à Ingouville, par Eléonor-Vic^r JEfapel, né à Har^eur en 1807, un pensionnat qui acquit en. peu de temps une excellente réputation. N'ayant débuté qu'avec quelques élèves, Hapel comptait, au bout de quatre ans, une cinquantaine de pensionnaires^ Etabli d'abord dans le pavillon Qeffray, ce pensionnat se déve^ppa dans une. enceinte plus vaste, le pavillon Podard. Chaque année, à la cérémonie de la distribution des prix, les élèves, étaiept publiquement interrogés sur les. parties de l'enseignement étudiées pendant l'année. Ils devaient expliquer d'une manière satisfaisante et à livre ouvert leurs auteurs, latins, grecs et anglais. Quelques petites thèses, soutenues entrç les exercices par les pensionnaires, servaient d'intermèdes. La distribution des prix suivait « ces luttes intéressantes d'émulation et de jeune science. » En 1832, on remarquait à cette cérémonie la préaence de M. Vaquerie et de l'abbé Bazire. L'abbé Duval, curé d'Harfleur, qui était un des protecteurs de là maison, n'ayant pu assister à cette fête de famille, envoya h ses jeunes amis un discours en vers bien. tournés, qui, jusqu^'à un certain point, dédommagea l'assemblée de l'absence de son respectable et spirituel auteur.
Un dooteur en médecine nommé Belot (1), inaugura en son domicile, rue d'Albanie, une série de conférences sur la physique expérimicntale. Mais ne s'étant muni d'aucune autorisation, et par
(1) Ce Belot était fils de Jean Belot, qui fut maire du Havre du 26 Septembre 1793 au V Veatdso an U.
suite n'ayant pas eu à produire un oerttflcat qui garantit ses sentiments religieux et ses idées politiques, le Recteur de rAcadémie de Rouen fit observer au maire du Havre, le 18 Janvier 1885, que Belot violait en réalité les lois établies et ^e rendait coupable d'un excès qu'il fallait réprimer. On juge par cet exemple de la rigueur avec laquelle on appliquait alors les lois sur l'instruction particulière. Le maire calma les scrupules du Recteur en rinformant qu'une quarantaine de personnes, parmi lesquelles se trouvait son fils, fréquentaient le Cours de Belot. Des leçons privées ne sauraient oonstituer une atteinte à l'enseignement public. D'ailleurs, la physique expérimentale n'a-t-elle pas un domaine tout à fait étranger à la politique 7 et quels rapporte peut-elle avoir avec les vérités religieuses 7 Belot ne s'est jamais permis la moindre allusion aux affaires du jour, ni à la religion, et puis il ne porte préjudice à aucun établissement d'instruction.
Ces renseignements satisfirent le Recteur qui répondit à la date du 28 Mars 1825 que le Ministre, estimant que les leçons de chimie et de physique expérimentale données gratuitement chez lui par Belot n'étaient que de simples réunions amicales, tolérait ces leçons comme n'empiétant nullement sur Tinstruction publique proprement dite.
Belot continua ^es conférences en 1826 et en 1827, mieiis il ne garda pas la même réserve sur la question religieuse. Il se mit à entretenir ses auditeurs de métaphysique, à professer hautement le matérialisme, à nier l'existence de l'âme et à jeter le ridicule sur cette croyance. Cet abus de confiance niécontenta vivement le Recteur, qui enjoignit au maire d'ouvrir une enquête, à la suite de laquelle les prétendues leçons de chimie et de physiqlie furent supprimées.
Au mois d'Octobre 1825, le professeur d'hydrographie Robert demanda un local convenable pour y ouvrir un cours de géométrie appliquée aux Arts et Métiers, conformément aux instructions du Ministre de la Marine et des Colonies. Le Conseil Municipal, dans sa réunion du 15 Février 1826 (1), déclara qu'on ne pouvait trc^ encourager un semblable établissements et il prêta au professeur la Salle de la Bourse pour y tenir sa classe. Mais Robert n'avait pas attendu, pour oommenoer son oours, la délibération du Conseil. Avec l'assentiment du maii^, il Pavait ouvert quelques jours après la demande formulée en Octobre 1825.
(1) Déllbèralions municipales, Reg. VI.