LOUIS BRÉARD
Cependant, la Municipalité cherchait avec soin un homme capable de bien conduire son Collège. Le maire, qui désirait vivement un prêtre, dirigea, mais sans succès, ses démarches de ce côté. Un moment, il crut avoir réussi. Le vicaire de Caudebec-«n-Caux, Tabbé Stanislas Bréard, né à Grainville-Lalouette, canton de Goderville, le 11 Août 1800, avait de lui-même accepté la charge de Principal ; mais, après avoir pris conseil de ses supérieurs ecclésiastiques, il déclara que Texercice du ministère paroissial convenait mieux à sa nature que renseignement. Il fallut donc que le maire, faisant contre fortune bon cœur, se résignât à accepter la candidature d'un laïque (1). Précisâment le laïque, qui lui était recommandé par lettres du 80 Mars et du l*' Avril 1898, était le frère du vicaire de Caudebec, Louis-François Bréard, né à Fécamp, le i^ Avril 1798. Louis Bréard avait brillé au Séminaire de Rouen, où il avait fait ses humanités, par (( une grande facilité et des succès surtout dans le grec et la poésie. » Il prit le baccalauréat es lettres, et fit une année de théologie ; mais, ne se sentant pas appelé à la prétriseï, il alla à Paris se fortifier dans Tétude des lettres, à rinstitution Liautard (2). De là il revint à Rouen, où il remplit au Collège remploi de maître d'études et de professeur élémentaire. Il passa ensuite en Angleterre, où il se familiarisa avec la langue anglaise, qu'il possédait déjà très bien. A son retour, il entra à Rafletotè, chez M. Manoury, dont il dirigea avec succès le pensionnat. A une instruction solide, à un très bon extérieur, Louis Bréard joignait un vit désir de se dépenser au $ervice de rUniversité. Ajoutons, pour être complet, qu*il avait « une très^^onne conduite », quUl professait « les meilleurs principes en religion et en politique », et qu'il jouissait de « la protection bienveillante » du Recteur de Rouen, M. Faucon.
Les formalités requises pour la nomination de L. Bréard furent remplies si promptement que l'arrôté ministériel fut signé le 19 Avril. Mais la communication officielle n'en fut faite à l'in-
(1) Archives municipales. — Lettre du maire au recteur de TAcadéoiie de Rouen (1" Avril 18^).
(^) Après la Révoiution, Tabbé Liautard, de concert avec Tabbé Auge, exvicaire à SaixU-François du Havre, et l'abM Promet, fonda la Mai$on Widuca* iton de la rue Notre-Dame-dea-Champa. Une ordonnance royale rayant cons- Uiuée^ en 1S21, Collège parHctUiêr dé pUki exereiee, cette maison porta dès lors le nom de Collège Stanislas, et atteignit dans la suite le développement que Ton sait.
100 LE COLLÈGB ÙV HAVRE
tiéressÀ qu€ le 3 Juin, après transeription sur les registres de la ipairie.
Bréard, déjà au Collège depuis Pâques, comment son Principalai avec cinq fonctionnaires : Langlois, régent de Quatrième et de Cinquième ; Houlier, régent de Sixième et de Septième \ Robert, régent de mathématiques ; 0*SulIivan, régent d'anglais, et Boissel, maître d'études. Bréard avait donc à régenter lui-même les classes de Rhétorique, de Seconde et de Troisième. Cette année-là, 1827-1828, il y eut quatre-vingt-six élèves au Collège : quatre pensionnaires, quatre demi-pensionnaires, et soixantedix^huit externes. L'année suivante, on compta dix-neuf pensiionnaires, huit demi-pensionnaires et cinquante et un externes ; ea 1829, quatre-vingt-seûse élèves ; en 1880, soixante-quatorze ; en 1831-1832, cent dix ; en 1833, quatre-vingt-quinze.
Aux fonctionnaires précités, on adjoignit en 1829 un mattre des classes élémentaires, Picquet, avec 700 francs d'appointements. . En Novembre 1828, le u Comité pour Tinstruction primaire dans les cantons du Havre et dlngouville » honora de sa confiance ie Principal %éard, en le nommant inspecteur des écoles du canton dlngouville. L'année suivante, le Principal tomba gravement malade, au mois de Juillet. Afin de conserver à son frère sa situation au Collège, l'abbé Bréard s'offrit de le suppléer jusqu'à sa guérison complète.
Le Bureau d'administration fut prié, au commencement d'Août, de prendre* une délibération en vue d'obtenir du Ministre de l'instruetion publique une nomination de Principal provisoire pour l'abbé Bréard. Dans sa séance du 2 Septembre, le Bureau accueillit favorablement celte requête, que le Recteur transmit aussitM au Ministre, en l'accompagnant d'une pressante recommandation (1).
L'abbé Stanislas Bréard, quoique curé d'Etretat depuis deux mois, vint &'inst8dler au Collège et y resta du 23 Septembre 1829 au 18 Mars 1830. li fut ensuite successivement vicaire à Saint- François du Havre, jusqu'au 18 Février 1836, et curé de Saint- Michel d'Ingouville, jusqu'à sa mort (30 Janvier 1865).
Des contrariétés de toutes sortes vinrent tourmenter l'infortuné L. Bréard, pendant qu'il se rétablissait péniblemenl d'une maladie qui avait duré six mois. De maladroits cbmpëtitieurs,
(1) Archives municipales. ~ Copie de Lettres, reg. XXXIII, p. 116.
XX}U$ BAÉAR0 101
proQtaot de samauvaifie smté pour, tenter de le. supplanter, avaîeot essayé de le discréditer, an le rendant responsable de :1a diminution survenue dans le nombre des <^oUégiens. Bréard crut devoir en référer au maire^ le 14 Janvier 1831, et il n'eut aucune peine à se justifier. Il déclara qu'il n'était pour rien dans lia crise actuelle, et la preuve c'est que, ne comptant à son arrivée qu'un seul pensionnaire, il en avait eu douze, six mois, après, et vingt-cinq à P&ques 1S29. Ce succès l'avait contraint de transfoi-mer en dortoir le premier étage du Collège. Avec un plus vaste en4>lacement, il eût eu cinquante pensiopnaires. La longueur de sa maladie et principalement une foule de petUs incidents, qui étaient venus se greffer sur la malheureuse affaire du régent Houlier, avaient amené le départ de plusieurs élèves. Bréard,. par crainte d'être relevé de ses fonctions, ne négligea aucune occasion, et il eut raison, d'expliquer sa conduite et de prouver « son zèle, sa jusUce et son application. »
En réalité, c'était le maftre de pension, Poirot de Valoourt^ à qui la maladie du Principal servait de prétexte pour convoiter la place de Bréard. Et cependant, qu'était ce Poirot de.Valcourt 7 un homme, disait-on, peu capable. On prétendait tnéme, eo ce temps où Ton étudiait le grec avec ardeur, qu'il n'en savait pas l'alphabet tout entier. Poirot de Valcourt comptait bien sur la protecticm du Recteur de l'Académie de Rouen, M. Badella, qui était son compatriote, et sur celle du Député du Havre, Duvergier de Hauranne, qui cependant recommandait, en même temps que Poirot de Valcourt, un nommé Lelièvre, beau*frère du Consul général de la reine de Portugal.
A la même époque, Le Roy, un ancien Principal de GoilègCi qui habitait Rouen, demanda le Principalat du Havre ; mais le maire eut le tact de ne pas répondre à l'étrange proposition de cet homme, destitué par l'êx-Recteur.
Bréard eut la consolation de garder les sympathies du maire du Havre, qui parla toujours de lui avec éloge, et qui dénonça au Recteur les « mauvais procédés de per^nnes ardentes et disposées par intérêt à nuire au chef de ce Collège. »
Le Principal Bréard adopta le programme d'enseignement de ses prédécesseurs, qui était d'ailleurs,, à quelques variatites près, le programme de l'Université, et il attacha au Collège un maître d'écriture, appelé Norris, qu'il Wtribua trente francs par mois.
IM LE COLLÊCn DU HAVRE
Dan8 sa séance du 30 Novembre 1830, le Conseil royal de rinstruction publique régla que Tusage du tambour serait rétabli dans les Collèges pour les divers mouvements de la journée, et que le Jeudi de chaque semaine, à Theure de la récréation, des exercices militaires seraient exécutés sous la conduite d*un instructeur agréé par le Grand Maître pour les élèves internes au-dessus de quinze ans.
Vu le petit nombre des élèves, on n'avait jamais employé le tambour au Collège du Havre. Le maire maintint Tautorisation, qu'il avait déjà donnée, et qu'il renouvela le 6 Décembre 1830t d'indiquer, au moyen de la cloche, les heures d'entrée et de sortie des classes. Mais les ordres reçus étant formels, il fallut bientôt s'y conformer et introduire le tambour au Collège (1). On chargea Auxilion, déjà professeur d'escrime au Collège, « d'apprendre aux enfants les marches et les évolutions » tous les Jeudis. Quelques mois plus tard, on pouvait se donner le spectacle de collégiens faisant l'exercice avec des fusils.
Au mois de Janvier 1831, il fut apporté au règlement du Collège quelques améliorations (2). La leçon de dessin eut lieu de 10 h. à 11 h. ; et de 11 h. à midi, le Principal fit une classe d'histoire. Les élèves furent partagés pour cet enseignement en deux sections : la première, composée des élèves des classes supérieures, s'appliqua à l'étude de l'Histoire de France depuis rorigine de notre monarchie jusqu'à nos jours, en y ajoutant un coup d'CBi! sur les nations modernes du globe ; la seconde, formée des plus jeunes élèves, étudia les Histoires ancienne, grecque et romaine, puis celle des Empereurs et du Bas Empire. Chaque cours pouvait durer deux ans, de sorte qu'en quatre années les enfants acquéraient des connaissances suffisantes en histoire et en géographie.
Bréard eut, en cette année 1831, l'ingénieuse idée de distribuer aux Collégiens les plus laborieux quelques médailles d'argent, qu'il se fit expédier de Paris par le graveur général des monnaies, et qu'il paya six francs chacune. Ces médailles, d'un module un peu moindre que la pièce de cinq francs, portaient
(1] Le signal de tous les exercices communs devait être donné au son du tambour (Règl. 16 Juillet 1801, titre III, art 12 ; 10 Juin 18Ô3, art. 68 ; 19 .Sepiembre 1809, art. 63). Sous la Restauration, le tambour fut remplacé par la docfie (Lettre ministérielle du 20 avril 1815). L'usage du tambour s'est continué dans l'Université depuis l'arrêté du 30 Novembre 1830.
(2) Lettre du Principal au maire.
DÉSIRÉ PASOUIER 183
d'un côté l'effigie du Roi^ et, de Tautre, une guirlande entourant un champ uni sur lequel on gravait le nom de rélève.
Le 15 Décembrei 1833, le Principal du Collège du Havre, Bréard, permuta avec le Principal du Collège de Bemay, D. Pasquier. Après le Collège de Bernay, Bréard dirigea les écoles du chftteau de Trét>ons, à Grainville-Ymauville (1), puis celles de Maréfosse à La Remuée (2), et passa de là en Angleterre. Entre temps, il collabora au J4>wmal de rarrondissement du Havre et au Furet, et publia au Havre, en 1866, à l'occasion de rinauguration de la Chapelle d'Etretal, une pe>tite poésie intitulée A Notre-Dame de la Garde , puis à Londres, en 1860 et 1861, trois poèmes « Albion^ Armaghédon, lapante. Bréard mourut à Londree le 5 Décembre 1865.
Direction Pa^quier. — Désiré Pasquier, bachelier es lettres, fut ofiloiellement nommé, en remplacement de L. Bréard, le 3 Novembre ou Décembre 1833 (3). Il était diacre ou sous-diacre, mais ne portait pas la soutane.
Pendant les trois années que Pasquier passa à, la tôte du Collège, le nombre des élèves alla croissant ; il en eut quatrevingt-trois la première année, cent sept la deuxième, et cent trentequatre la troisième .Quand nos concitoyens eurent apprécié II sa valeur le Principal Pasquier, ils rendirent hommage à son talent et à son zèle. On savait, en effet, quels obstacles il avait eus tout d'abord à surmonter et quels adversaires il avait encore et toujours à combattre pour réussir à élever le niveau des études au Collège.
Pasquier était membre de la Société havraise d'études diverses. Dans une des séances de cette Société il lut, c'était en 1835, u quelques réflexion3 sur l'Education de la jeunesse .» Ce travail nous renseigne sur la pédagogie de Pasquier. A son sens, l'étude exclusive du latin était le grand défaut des anciens Collèges. Aussi, plaçait-il la langue nationale à la base de l'enseignement, en y ajoutant toutefois certaines connaissances qui semblent intéresser les enfants, comme la mythologie, l'histoire et la géographie. A la suite de ces études élémentaires, il lui semblait rationnel de partager les enfants en deux catégories : la première, abordant
(1) Canton de Goderville.
(2) Canton de Sainl-Romain-de-Colbosc.
(3) Nous avons trouvé les deux dates.
104 LE COLLÈXSB DU fiAVRE
les hatttes étades; la seconde, fréquentant ces écoles qu'une récrite loi désignait sous le nom dPEtoles primaires supérieures. Mais, avant tout, il convient de consulter les aptitudes de Fenfant, afin de ne faire pénétrer dans son esprit que ce qu'il peut très bien s'approprier.
L'étude des langues mortes a pour but de développer le goût de l'écolier, en lui donnant l'intelligeùce des chefs-d'œuvre de l'antiquité, et non d*introduire ces langues, d'ailleurs inutiles, dans le commerce journalier de la vie. Pour Pasquier, il feut traduire peu d^auteurs, mais les traduire en entier ; elle est en effet bien défectueuse la méthode ordinaire, qui consiste à mettre eiitre les mains des élèves beaucoup d'ouvrages qu'Hs abandonnent bientôt, sans en achever aucun. Enfln, on fait trop ékl thèmes et trop de poésie latine.
Pasquier n'eut pas le temps d'appliquer au Conège fees' théories pédagogiques. De vives attaques, dirigées contre l'honorabilité de ce Principal, contraignirent l'autorité supérieure à ordonner une enquête, à la suite de laquelle le Bureau d'administration du Collège, réuni le 24 Juin 1836 à l'hôtel de Ville, décida qu'il y avait lieu de demander la destitution du Principal. Cette révocation fut prononcée le 31 Juillet, et c'est le maire qui, le 5 Août, eut la désagréable mission d'annoncer à Pasquier la teneur de rarrêté ministériel et la désignation ofllcielle de son successeur.
Pasquier devait pix)noncer, le 13 Août, le discours d'usage :*i la distribution des prix. On le pria d'en soumettre le texte à une Commission chargée de Texaminer ; il répandit à cette demande par un refus formel. Le 11 Août, il prévint le maire qu'il se priverait du plaisir de se trouver une dernière fois au milieu de ses Collégiens. Il se contentait des marques d'affection qu'il avait reçues la veille, à la clôture des claîsses, de la part de tous ses élèves. « Cette manifestation, » écrivait-il, « est d'autant plus douce à mon cœur, qu'elle a été spontanée. Mais je craindrais qu'elle ne fût mal interprétée, si elle avait lieu en séance publique. »
Peu d'élèves assistèrent à la cérémonie, môme parmi ceux qui devaient y étrç couronnés. Les parents, convaincus que cette inqocente solennité ne doit être marquée que par la joie des lauréats et les acclamations de leurs émules, redoutaient les bruyants témoignages de sympathie des enfants pour un maître qu'ils chérissaient et qu'on leur retirait brusquement, et, croyaientils, sans raison. A cause du grand nombre d'absents, tout se
DISTRIBUTION DES PRIX ld5
passa aved ordre, mais aussi avec froideur. L'autorité municipale, qui présidait, fut sobre de paroles, et cette distribution ressembla plus à une formalité officielle qu'il faut remplir qu'à une fête de* famille destinée à céiébrer les travaux de Tannée et à récompenser les efforts d'une studieuse jeunesse.
Les journaux de la localité, et en particulier le Journal du Havre^ traitèrent de futiles les causes auxquelles on attribua le renvoi de Pasquier. La forme et les conséquences de l'information ouverte sur le Principal furent diversement appréciées, et sa dastitution produisit en ville une impression fort pénible. Et cependant noifô ne pouvons croire que la révocation de Pasquier, qui, de l'avis 'général, avait su imprimer à l'instruction seoondaice un mouvement inconnu au Havre depuis la Révolution,, n'ait été dictée par de sérieux motifs.
Rétributions à payer par les élèves. — A l'arrivée de l'abbé Chapel, le prix de la pension fut fixé ik^.500 francs, celui de la demi-pension à 350 francs, et celui de l'externat à 72 francs, rétributions collégiale et universitaire comprimes (1). Mais alors, tous les élèves faisaient, entre, les classes, leurs devoirs au Collège, sous les yeux d'un surveillant. On comprend^ainsi pourquoi, en Octobre 1834, un troisième maître d^études fut adjoint aux deux déjà existants. •
Bientôt la rélitibulion universitaire ne fut exigée que des élèves apprenant le latin ; mais le PrinctiJal, Continuant à réclamer 72 francs de tous les externes, réalisa un plus grand bénéfice, qui tantôt demeura au profit du pensionnat, et tantôt fut partagé entre les régents. , .-
Pendant longtemps, les. professeur^. se partagèrent également la rétribution collégiale, mais le Bureau d'administration, dans sa séance du 20 Février 1833, exprima le vœu que la répartition de ce petit revenu fût faite suivant le mérite et le zèle de cbaque régent, et non par portions égales.
Distribution des prix. — De 1825 à 1836, la distribution des prix aux élèves du Collège eut toujours lieu dans la salle de la Bourse, avec le cérémonial accoutumé. En 1828, les deux élèves les plus applaudis furent Auguste Renault et Médéric Le Normand. De 1830 à 1883, quelques-uns des- lauréats portaient des noms
(i) Voir plus haut, p. 179,
19G Lfi COLLÈGE DU HAVRB
bien connus ; citons entre autres, les Gaffney, les ReydeHet, les Graindorge, Armand Malais, Bréard, Farcy, Paul Cahierre, Alfred Lemore, etc.
Le comité d'administration, ayant remarqué à la distribution de 1832 une certaine profusion de récompenses, préféra répartir désormais les prix dans chaque classe d'après le nombre des élèves, et régla qu'on ne donncHtiit qu'un seul prix dans les classes comptant moins de cinq écoliers. La muRiplicité des prix, disait-ron sagement, « peut satisfaire quelques parents, mais, aux yeux de beaucoup d'autres, elle diminue le mérite des lauréats. » D'ailleurs, à partir de cette année 1882, le Principal fut prié de communiquer au Bureau la liste des élèves concourant pour les prix, et de soumettre à son choix les ouvrages à offrir aux heureux vainqueurs.
«ri
Ëi^preiDte dorée figurant sur les Prix
En 1835, le prix unique de Rhétorique fut décerné à Louis Leroux. Dans les autres classes, nous trouvons Emile et Gustave Levieux, Anthime Bossière, Armand de la Faverie, lienri CUrfiindorge,, etc. Celte aunée-là, chaque élève remportant un prix eut une tt couronne en lierre » préparée à l'hospice.
I^as Régents de 1825 à 1836. -r- Laxiqlçkx^ fut régent de Troisième et de Quatrième depuis le 1" Janvier 1826. Tout en conservant ses fonctions au Collège, il accepta, en Juillet 1828,
UC6 RÉOBNTS (1826-1886) 197
la charge d'inspecteur gratuit des écoles primaires de garçons, au Harré et h Ingouviile (1):
Au commencement de Tannée 1831, Langlois fut Soupçonné d'incivisme et aussi de négligence dans Taccomplissenient de ses devoirs de régent au profit de ses répétitions particulières. Des renseignements confidentiels furent demandés à la mairie par la sous-préfecture, mais il fut répondu que Langlois faisait très exactement sa classe au Collège, et qu'on ne pouvait savait* avec certitude s'il avait « manifesté des opinions autres que celles embrassées par l'immense majorité des Français. >i Quelles suites eut ceUe affaire ? les idées politiques de Langlois déplurent-elles à ses supérieurs ? Nous l'ignorons. En tout cas, il fut, à partir du 6 Novembre 1831, mis en congé « à cause de son âge ji, disait la délibération municipale (2). Le 29 Décembre suivant, Langlois sollicita de la Municipalité bavraise d'abord une pension de retraite en considération des dix-neuf années passées au service de l'instruction au Havre, puis une indemnité pour le temffê où il avait remplacé le premier régent. Ce temps s'évaluait ainsi : !• durée de la maladie de l'abbé Houlier ; 2' intervalle compris entre la mort de l'abbé Houlier et l'arrivée de son successeur ; S"" suppéance de l'abbé Chauchard, qui ignorait le grec et était peu familier avec le latin des hautes classes.
Le Conseil municipal crut n'avoir pas à intervenir dans la question de la pension de retraite, question qui, pensait-il, intéressait uniquement l'Université. Ensuite, il rejeta comme tardive la demande d'indemnité faite par Langlois pour son surcroît de travail (3). Mais, se ressaisissant bientôt, le Conseil décida, le 5 Avril 1832, qu'en vertu du décret du 4 Juillet 1806, il y avait lieu d'accorder à Langlois une pension de retraite, qui fut fixée à 570 francs (4). Langlois, ayant présenté, d'après les règlements, un certificat d'un docteur en médecine, déclarant qu'il était atteint d'infirmités, qui le mettaient hors d'état de continuer ses fonctions, le Ministre délivra l'ordonnance sanctionnant le vote du Conseil municipal, et la pension fut dès lors servie à Langlois,
(n Archives municipales. — Copie de Lettres, Beg. XXXII, fol 150. iZ) Délibérations municipales. R^g. VIII, 5 avril 1832.
(3) Délibérations municipales, Reg. VIII, 11 Janvier 1832. — Copie de Lettres, Reg. XXXV, fol. 23.
(4) Pour dix ans, le sixième du traitement (qui pendant les trois dernières années avait été de l,8i00 francs), c'est-ft-dire 300 francs. En outre, les neuf soixantièmes pour les neuf autres années, c'est^-à-dire 270 francs.
qui alla en jouir à Saint-Arnould, canton de Gaudebeo-en-Caux. Il mourut dans cette commune, le 27 Novembre 1851, à TAge de liuair^ving^an ans (1).
Le successeur de Langlois dans les chaires de Troisième et de» Quatrième fut Camille Meissonnier, né le 28 Mars 1795 à Villeneuve-les-Avignon et bachelier es lettres. Sa nomination portait la date du 19 Octobre 1831.
HouKer fut chargé en janvier 1826 des clauses de Cinquième et de Sixième. C'était un bon professeur, qui, pendant longtemps, mit à profit les conseils et les exemples de son oncle, l*abbé Houlier. Il utilisa ses loisirs à composer un petit travail de quatre cent quatorze vers octosyllabiques, sur certaines particularités de la langue française, et notamment sur « le genre des noms ». Mais vraiment, cette brochure est bien peu attrayante. La seule lecture de la préface montre que la suffisance de Tauleur n'a peut-être d'égale que Tinsuffisance de ses procédés grammaticaux. Au reste, en voici quelques extraits : « Ce livre flxcrd les règles des genres des noms dans notre langue, chaos jusqu'alors inextricable et où personne avant moi n'avait osé pénétrer. » Jugeant lui-même son œuvre, Houlier se décerne modestement cet éloge que « c'est ce que Ton peut faire de mieux sur ce sujet », et la preuve c'est que, « à son apparition, on vit lefe noirs soucis, qui ridaient les visages de tous les membres de la société, briller d'une beauté nouvelle Le juge dans ses ouvrages, l'avocat dans ses défenses, en apprécièrent la valeur. L'acteur au théâtre ne cessa d'en faire sentir tout le prix, et la belle actrice, en déployant les doux sons de sa voix, oublia quelquefois les accords de la musique, en songeant qu'elle jouissait d^in avantage dont tant d'autres avant elle avaient été privés. »
Qu'avait donc fait de si merveilleux le régent Houlier ?... Il avait tout simplement essayé de démontrer que la règle générale sur le genre dans les noms (masculin ou féminin) est renfermée dans la terminaison.
tJous ne connaissons qu'un exemplaire de celte publica tion (2) ; il est sans date.
Nous souhaitorions pour l'autour que ce travail fôt postérieur à 18?8, parce qu'alors l'emphase de la préface aurait son expli-
(f) Archives de rElaUïivil de la commune de Saiul-Arnould. (2) Biblioibèque du Havre, n* 5,599.
LES RÉGSNTS. (1825-1836) 199
oation toute naturelle. Vers 1828*, en effet, on constata chez Houlier des koubles cérébraux qui pronroquèrent des inconséquences dans sa conduite. On le contraignit à prendre un repos réparateur. Le souvenir de Toncle était encore trop vivant dans les esprits pour qu'on songeât à user de rigueur envers le n^sveu. Les fâcheux symptômes disparurent bientôt, et Houlier put rentrer au Collège. Mais déjà la confiance des familles était ébranlée, et son autorité auprès des enfanta. amoindrie. Par malheur^ au printemps de 1830, le mal revint avec une telle intensité quUl ne fut plus possible de laisser à Houlier le libre exercice de renseignement. Les parents adressaient de cqntinuelles plaintes contre ce régent, soit au maire, soit au Principal, les uns menaçant de retirer leurs enfants du Collège, les autres • informant .que c'était chose faite. Le mécontentement étant général, Vintervention de Tautorité devint nécessaire. A la suite de justes réclamations, produites par le Principal et par les parents^ le maire prit lui-même l'initiative d'une suspension provisoire, qu'il s^gnifif à Houlier le 14 Juin. 1830, avec défense de paraître au Collège jusqu'à ce que le Recteur de l'Académie eût statué sur son cas. Le lendemain, 15 Juin, Houlier, répondant. à un conseil affectueux, alla trouver le maire, lui avoua ses torts et deman^ l'autorisation de se retirer à la campagne pour y refaire sa santé. La suspension prononcée contre lui était une .mesure bien sévère, puisqu'elle lui enlevait tous droits à une pension de retraite, et le privait ainsi du fruit des retenues qWil ayai|, depuie .longtemps subies sur son traitement, tant au profit de la caisse universitaire que de la caisse des retraites des» employés- de la ViHç. Le.maire> dans son extrême indulgence, consentit à transformer la . suspension provisoire en un. congé valable du. 16 Juii^ au l^OCstpbre.
Au mois de Septembre, son. état s'étant amélioré, Houlier songea à reprendre son service au Collège. Il eût été téméraire d'accéder à ce désir, car il était évident pour tout le monde que oe professeur avait perdu toute influence sur ses élèves. et toute confiance de la part des parents. La demande de Houlier, on le devine, ne fut pas agréée. Ce que le maire aurait voulu lui obtenir, c'était une pension viagère, la destitution étant une peine infamante qu'on voulait éviter à tout prix (1). Sa recomn^undation
(!) D'après la teneur du décret du 4 Juillet* 1806, la révocation entraînait la suppression de toute retraite.
SOO us COLLÈGE DU HAVRB
fut inutile. Sur un rapport très mauvais de Tlnspecteur généra), le Ministre se montra inflexible, et il révoqua Houlier purement et simplement*
Le successeur de Houlier fut Etienne-Anloine-Charles Lehèvre, bachelier es lettres, régent au Collège de Tain, près de Valence (Drôme). Ce régent ne flt guère qu'apparaître et disparaître. Nommé le 23 Novembre 1830, il quitta le Collège à la fin de Mars 1831: Lelièvre fut remplacé, le 2 Avril, par Justin Tissoî, né à Bourg, le 5 Janvier 1794, bachelier es lettres. Tissot fut un excellent régent de Cinquième et de Sixième, très dévoué à ses élèves et surtout professeur de français absolument remarquable. Plusieurs copies de ses écoliers, que nous avons parcourues, en font foi. Au commencement d'Octobre 1833, Tissot fut autorisé k ouvrir au Havre une école primaire. On lui donna alors un successeur, qui fut Joseph-Alexandre Clémendoî, né à Noyers (Yonne), le 89 Décembre 1801, bachelier es lettres.
Nommé régent de Sixième à Limoux (Aude), le 6 Mai 1820, régent de Troisième et de Quatrième à Joigny (Yonne), le 10 Octobre 1822, puis successivement à Dreux (Eure-et-Loir) régent de Cinquième lé 1*' Octobre 1823, régent de Troisième et de Quatrième le 28 Février 1826, et inspecteur des écoles primaires le !•' Septembre 1833, Clémendot fut envoyé au Havre pour régenter la Cinquième, le 21 Octobre 1833.
Régettt de mathémattqUes. — D'après un vœu exprimé par le Bureau d'administration du Collège, le Conseil municipal décida, le 8 Janvier 1827, qu'on attacherait au Collège un régent de mathématiques. On choisit, pour occuper cette place, le proflisseur royal d'hydrographie au Havre, Charles-Robert Robert.
Fils de Charles Robert et de Marie-Anne Duparc, il était né le 80 Janvier 1T70 à Theuville-aux-Maillots (1) (aujourd'hui canton de Valmont). Ayant embraésé, jeune encore, la carrière de l'enseignement, il fut maître d'école à Saint-Mariin^aux-Buneaux (aujourd'hui canton de Cany), vint de là au Havre, où ses aptitudes pour les sciences exactes se développant de jour en jour, il prépara quelques jeunes gens aux grades de la marine, tout en s'y préparant lui-même. Reçu capitaine au long cours, il put solliciter du Gouvernement une place de professeur d'hydrogra-
(1) C'esi le pays indiqué par Robert kU-mtoe, quaod il fit à rEiat-civil la déclaration de ses enfants nouveau-nés.
phîe dans Tun 46 -ses ports.. C'est en cette < qualité lyu'ea 1813 il fut envoyé à Boulogne-sur-Mer, d'où, après un séjour de six arts, il eut la bonne fortune d'être appelé au Havre pour y diriger récole d'hydrographie.
En 1825, il fonda un Cours public et gratuit de Géométrie appliquée.
Pendant cinq ans, Robert n'eut journellement qu'une heure d'occupation au Collège ; c'était faire une part vraiment trop petite à l'enseignement scientifique. A partir de 1832, il doubla la longueur de sa classe, et on lui réserva deux heures par jour, de 4 heures à 6 heures du soir. Il enseigna l'arithmétique pendant la première heure, et la géométrie pendant la seconde.
En 1834, sur les observations, plutôt défavorables, du Principal et de quelques pères de famille, le Bureau d'administration du Collège eut le regret de constater que l'âge de Robert et les soins qu'il donnait à son Cours d'hydrographie ne lui permettaient plus de professer les mathématiques au Collège avec la même exactitude et le même zèle. On lui proposa donc de démissionner en faveur de son flls, et on régla en même temps que les collégiens seraient désormais partagés en trois sections pour les leçons de mathématiques ; la première division aurait chaque jour une classe de une heure, et les deux autres n'auraient qu'une heure tous les deux jours. La tenue des livres fut dès lors, inscrite au programme scientifiquje du Collège.
Robert père avait cependant l'amour du devoir et l'amour dju travail ; mais, ne pouvant suffire à ses multiples occupations, il ne donnait vraiment tous ses soins qu'à l'enseigpement de l'hydrographie. Jusqu'à, l'&ge de soixante-quinze ans, il continua à former pour la Marine des. sujets aussi brillants que solides. Le Gouvernement récopipensa ses longs et importants services en le nommant chevalier de SainlrLouis et ^t^hevalier de. la Légion d'honneur. Pendant longtemps, il demeura rue dn Graod-Crpissaut. Vers 1838, il alla habiter à Ingouville un pavillon qu'il avait fait cwistruire me Saint-Thibault. C'est dans cette maison qu'il mourut le 20 Avril 1848 (1). Les principaux capitaines au long cours, ses anciens élèves, voulurent porter à bras son cercueil. Le nom de Robert a été donné à une « allée » qui va de la rue Joinville (17-19) à la rue des Pénitents, 32.
(1) Archives de TEItat-civil d'lDgouvi)le,
ptctnakmmA ou commerdaL — Le plan d'études des Ck>Uèges ne pouvait oonvenir qu'aux jeunes gens se destinant aux professions libérales ; il n'était poinidu tout approprié aux nécessités des professions commerciales et industrielles. C'était un grave défaut auquel rUniversité chercha à remédier.
L'enseignement professionnel, institué par le décret du 15 Sep> tembre 1793 et organisé dans les Ecoles centrales par celui du 7 Ventôse an III, avait été restreint par la loi du 11 Floréal an X et détruit par le décret du 17 Mars 1808 qui avait supprimé les Ecoles Centrales. Mais en 1821 (1), on avait repris le projet de rétablir cet enseignement, et la « bifurcation » avait commencé. On avait alors décidé que les élèves pourraient, au sortir de la Troisième, entrer dans un cours spécial.
Le 1" Mars 1824, un recueil ayant pour titre les Tablettes universelles avait mis au concours le sujet suivant : « N'y a-t-il pas dans notre système d'instruction publique, entre les écoles primaires et les Collèges consacrés aux études classiques, une lacune qu'il serait utile de remplir par des établissements d'une nature spéciale ? Quels seraient les avantages de ces établissements ? Quelle organisation et quel plan d'études y devraient être adoptés 7 » Le problème était nettement posé ; restait à en trouver la bonne solution.
L'enseignement spécial fut bientôt reconnu si utile que tout chef d'institution ou maître de pension eut le privilège de l'orga niser, à son gré, dans sa maison même. « Les élèves, qui suivront les cours spécialement destinés aux professions industrielles et manufacturières, seront dispensés de suivre les classes dés Collèges, soit royaux, soit communaux (2). »
Quelques mesures partielles furent adoptées en 1829. Un certain nombre de Collèges furent autorisés à a créer des sections particulières d'élèves qui devaient étudier d'une manière spéciale les sciences et leur application à l'industrie, les langues modernes, la théorie du commerce (3). » Rouen (4) et Gaen (5) bénéficièrent de cette création:.
Après 1830, le Gouvernement royal continua à appliquer le principe posé par la décision de 1829.
•(1) statut du 4 Sëpteftibre.
(2) Ordonnance du 26 Mars 1S29, Art. XIX.
(3) Rapport de H. de Vatimesnil au Roi, 26 Mars 1829.
(4) Arrêté du 6 Janvier 1829.
(5) Arrêté du 12 Septembre 1829.
« Un cri s*élëve d'un bout de la France à Fautve, » disait Victor Cousin, « et réclame pour les trois quarts de la population française de& établissements intermédiaires entre les simples écoles élémeotaires et nos r4ollèges. C'est une affaire d'Etat (1); »
Le Havre, ville essentiellement livrée au négoce, avait besoin, plus <}u'aucune aubre, de renseignement commercial. C'est la gloire du Principal Pasquier d'avoir fait, dans son progaramme d'études, une plus large part que ses prédécesseurs aux «langues vivantes, à la théorie du commerce, aux seienees et à leur appUcatïon à Tinduslrie. Pendant Tannée scolaire 1835-1836, ce fut Jules Past|uier, son frère, qui professa au GoUège le coors «oAmercial. .
Régents d'anglais. — La chaire de langue anglaise fut créée au Oollège le mémo jour que la chaire de mathématiques, 8 Janvier 1827 (2), et un traitement de i.OOO francs fut attribué à chacun des deux régents. Le premier maître d'anglais fut O'Sullivan, prêtre originaire d'Irlande, qui garda sa chaire jusqu'en Aoôt 1830, et démissionna après trois années seulement d'enseignement. Le 6 Septembre, le maire lui dcmna pour successeur Mtte Pharlan, maître es arts et professeur de grec à l'ancienne Université de Gaen. Mais cet ecclésiastique, déjà âgé et fatigué^ était incapable de maintenir l'ordre dans sa classe. Les nombreuses plaintes, qu'amena l'indiscipline de ses élèves, obligèrent le maire à lui retirer l'enseignement de Tanglafe. Mais voulant tirer profit de son diplôme de maître es arts, Mac Pharlan demanda la chairede philosophie. Les élèves de cette classe éta.nt moins nombreux et probablement plus raisonnables, on pouvait espérer plus d'autorité che^ le régent de philosophie que chez le maître d'anglais. D'ailleurs, Mac Pharlan professait par occasion le cours de philosophie depuis déjà huit mois ; il fut donc réglé, le 17 Juin 1831, qu^il ferait la philosophie et suppléerait le Principal dans les classes supérieures moyennant un traitement de 700 francs.
Le 24' Maï 1831, te maire désigna, comme régent d'anglais, Georges King, gradué de Trinity-Collège à Dublin et de Christ- Church à Oxford. Mate le mauvais état de sa santé le força de résigner ses fonctions au commencement de Février 1832. Il fut
(1) Rapport sur Tétat de Tinstruction publique en Prusse, 1831.
(2) Délibérations municipales, Reg. VI. .
remplacé par Murphy-Byme (1), bachelier es lettres de TUniversité de Pranee, lequel céda la place, en Octobre 1835, à Spry, mtttre d'anglais attaché depuis phi&ieurs années à ri&stitution Poirot de Valcourt.
On se conforma, le plus possible, au Collège du Havre à Tarfêté ministériel du 15 Septembre 1829, qui prescrivait de donner, chaque semaine, à renseignement des langues vivantes une classe de deux heures aux élèves de Cinquième, deux classes d*une heure en Quatrième et une classe d'une heure en Troisième.
\ de dental. — ^ I>ans sa séance du 2 Décembre 1824,
le Conseil municipal vota le rétablissement à ses frais d'une école gratuite de dessin (2) ; mais, pendant trois ans, on se soucia fort peu de rexéctttion de ce décret Au bout de oe tempe, on remit la question à Tordre du jour, et on fixa à 1,200 francs Tallocation annuelle du chef de cette école. Ce hiattre devait avoir pour élèves les CoUégiens et les jeunes gens de la ville, désireux d'apprendre le dessin. Le maire (9), dans TintérAt général, avait pensé installer recèle de dessin dans Tenceinte même du Collège, et il avait préparé à cet effet un appartement commode au re2-de^<ïhaussée. Il en avait en même temps confié la directfon à un nommé Dubois «r homme d*une très bonne conduite et qui jouissait de réputation ». Cet artiste donnait au Havre depuis plusieurs années des leçons de dessin chez quelques particuliers. Ses appointements lui furent payés à partir du 22 Juin 1827 ; il est donc présumable qu'il eut à sa disposition un petit local provisoire, car l'école n'ouvrit au Collège qu'à la rentrée d^Octobre. On reconnut bien vite deux graves défaute à cette installation : d'abord l'insuffisance du local, puis l'introduction dans le Collège de personnes qui lui étatent étrangères. Le maire n'eut alors qu'un parti k prendre, celui de chercher un autre emplacement phis propice ; mais, au 27 Février 1828 (4), on n'avait encore rien trouvé. Il fut convenu que, quand Dubois aurait transféré ailleurs son école, on lui accorderait 500 francs pour les leçons qu*il viendrait spécialement don-
(1) On doit à Murpliy-Byme un ouvrage intitulé : The Seine^ an historical tour Irom Havre io Houen, along the ptcturesque banks of that river, accurately describing public establishments , etc. (Le Havre, S. Faure, 1836, in-12 de 198 p. avec carie).
(t) Délibérations municipales, Heg. VI.
(3) Copie de Lettres, Heg. XXX, fol. 83, 18 Avril 1827.
(4) Copie de Lettres, Reg. XXXI, fol 195.