CHAPITRE IV
DirectkMi Ferras et de LacMrte
Mracttoo Ferras. — Le Ministre de rinstniction publique, par arrêté du 31 Juillet 1836, envoya Ferrus remplacer D. Pasquier au Collège du Havre, et régenter, en outre, les classes de Rhétorique et de Seconde.
Aimé Perrus, né le 8 Octobre 1803, était licencié es lettres. Entré de bonne heure au service de TUniversité, il avait été successivement régent de Cinquième et de Sixième au Collège d'Embrun (22 Juin 1821-26 uécembre 1822), maître d'études au Collège Sainte-Barbe (1* Octobre 1828), et Principal du Collège de Perpignan (27 Janvier iœi-17 Janvier 1835).
Ferrus fut installé dans ses nouvelles fonctions le 13 Août 1836. A la rentrée suivante, on constata avec peine une grande diminution dans la population scolaire, et cette diminution portait sur toutes les classes h la fois. Pasquier, en se retirant du Collège, avait annoncé qu'il continuerait à donner au Havre renseignement secondaire dans une pension particulière. n n'eut pas besoin d'autre réclame pour entraîner à sa suite la majorité des Collégiens. Sur cent trente-quatre enfanta présents
au Collège en Juillet, le nouveau Principal, deux mois après, n'en recueillit que vingt-sept. Loin de perdre courage, cependant, Fer* rus se mit & Tœuvre avec d'autant plus d'ardeur et de confiance.
Il passa Tannée scolaire 1836-1837 avec la collaboration des régents Meissonnier, Clémendot, Robert, Spry, Ochard, Boissel. Tissot, Hue, Bttys, et le maître d'écriture Fontaine.
Puissamment secondé par le Bureau d'administration du Collège, Perrus acquit bien vite la conviction qu'il fallait, pour relever la maison, la reconstituer sur des bases mieux adaptées aux besoins de la cité. Dès le 15 Janvier 1837, il fut convenu qu'on dirigerait les ^udes afi GoUègie vers les carrières libérales, et vers le commerce. Pour atteindre ce double but, on chercha non pas à renverser, mais seuleoient à améliorer en profitant des résultats obtenus ailleurs.
Ferrus résuma, dans un remarquable plan d'organisation, toutes les idées et toutes les discussions qlii araient été agitées au sein du Bureau, et il s'attacha à bien traduire le sentiment de tous ses membres. Au reste, pUt^i^ors séances du Bureau avaient été consacrées à l'examen d'une question aussi capitale.
Dans le Mémoire de Ferrus^ une idée domine les autres. Nous habitons, dit-il, une ville essentiellement commerciale ; les études même complètement classiques doivent se joindre aux études spéciales que nécessite la pratique du négoce. Il y a plus •; beaucoup de jeunes gens ne peuvent poursuivre leurs études classiques jusqu'au terme qui leur est ordinairement assigné ; ils doivent quitter les bancs pour le comptoir à un ftge où leur éducation classique n'est pour ainsi dire qu'ébauchée. Il faut donc diriger cette éducation de manière à rendre profitable pour ces jeunes gens le cercle restreint qu'ils sont appelés à parcourir. Il est enfin des parents qui, ne destinant pas leurs enfants « aux professions savantes » et n'ayant pas l'intention de leur faire achever l'étude des langues anciennes, préféreront ne pas la leur faire commencer. Comme l'étude des langues est le principal moyen qu'on emploie pour développer l'intelligence, on substituera au grec et au latin les langues modernes. Ainsi l'élève, qui ne suivra pas les cours de latinité, apprendra la langue allemande, outre l'anglais dont l'étude doit au Havre marcher de front avec l'étude de la langue du pays.
Dans la rédaction de son travail, Ferrus s'était heureusement inspiré des idées de Cousin et de Saint-Marc Girardin sur l'édu-
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catkm,. et il les avait analysées avec talent. Ce plan d-organisation fut soumis au Conseil municipal, qui le renvoya à une Commission chargée de Texaminer. Après un rapport très favorable de Césaire Oursel, le Conseil, dans sa séance du 19 Mai 1837, le sanctionna à Tunanimité. Il reconnut en même temps la néces* site de voter les fonds nécessaires pour. mettre à exécution, dans un bref délai, ce nouveau proiet.
Perrus ne trouva au Collège qu'un maître d'études . Le second avait suivi Pasquler dans rétablissement particulier où il était entré rue Saint-Honoré, n* 1, et le troisième avait été supprimé. Il obtint en Avril 1837 la nomination d'un second mettre d'études. L'ftge et le nombre des élèves ne permettant pas en effet de les soumettre tous au même régime de surveillanœ, il convenait de les loger dans deux salles confiées chacune, comme précédemment, à la garde d'un maître d'études.
A la distribution des prix du 13 Août 1837, Perrus prit la parole après le maire. 11 fit allusion à la petite révolution qui avait signalé le terme de la dernière année scolaire, à la désertion qui en avait été la conséquence, et à la défaveur qu'on avait voulu jeter sur sa prise de possession. 11 n'eut aucune difficulté à démontrer que les avantages offerts par le Collège régénéré commençaient à être compris, et, pour preuve, il cita le chiffre des élèves qui actuellement dépassait soixante-dix. L'Administration municipale s'est montrée aussi grande et aussi généreuse que le comportaient ses ressources disponibles. Jusque-là, l'insuffisance du local avait paralysé le bon vouloir des hommes .capables qui avaient pris successivement la direction du Collège ; mais, dès que les nouveaux bâtiments seront inaugurés, la cause du mal cessant, rien ne s'opposera plus au développement de la maison.
Elever à grands frais un édifice parfaitement approprié à sa destination, c'était bien ; mais il y avait mieux à. faire, il fallait adapter aux études classiques, qu'on voulait maintenir, un système d'études s'harmonisant avec le genre d'instruction que réclament les enfants d'une cité livrée tout entière aux spéculations commerciales. Comprenant bien cette nécessité, Ferrus publia pendant les vacances un prospectus destiné à renseigner les familles sur les nombreuses améliorations apportées au régime du Collège.
Les élèves, annonçait-il, seront partagés en deux grandes sections, suivant leur goût pour les professions libérales ou
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pour le Comm^ce et Tlndustrie. La section classique ou uniMr* sitaire parcourra en sept ou huit ans le cercle des connaiMances exigées des candidats au baccalauréat ou aux éeoles spéciales (militaire, navale ou polytechnique) ; la aeelion commerciale et industrielle consacrera quatre ou cinq ans aux études préparatoires à la pratique du eeimneroe ou de Tindustrie. Le même élève pourra 8*iaeerire à divers cours dans les deux sections dMSique et commerciale. Ce fut d'après ces idées que Perrus élabora son programme d'études pour Tannée 1837-1888.
Dans la section des études classiques, divisées en huit classes, on étudia complètement les langues française, latine et grecque, les littératures comparées, la rhétorique, la philosophie, rhistoire et la géographie universelle, Thistoire naturelle, la physique et la chimie, les mathématiques pures et appliquées préparant à Texamen d'admission à Técole polytechnique. Dans la division en quatre classes des études commerciales et industrielles il y eut un Cours complet des langues française, anglaise et allemande, un Cours abrégé de littérature moderne comparée, d'histoire et de géographie universelle, un Cours spécial d'histoire de France et de géographie commerciale, des éléments d'histoire naturelle et de physique usuelle, un Cours d'arithmétique commerciale et de géométrie pratique, de calcul et de tenue de livres. Dans le programme des cours communs aux élèves des deux sections, on inséra le dessin, l'écriture, la musique vocale et la gymnastique.
Pour appliquer ce programme, il eût fallu, dès le mois d'Octobre, un personnel plus nombreux. Les nominations nouvelles tardant à paraître, chaque professeur dut se charger de deux classes. Plusieurs parents attendirent, pour faire inscrire leurs enfants au Collège, la mise en vigueur de l'organisation promise. D'autres perdant patience prirent l'annonce d'une réorganisation pour un leurre et placèrent ailleurs leurs enfante. Enfin, plusieurs régente furent envoyés au Havre par le Ministre, les élèves arrivèrent aussi, et l'effectif, qui, le 17 Octobre 1837, n'était que de quatre-vingt-quinze collégiens, monta à cent dix en Décembre. Trente-six suivaient les cours de latinité, trente-six composaient une classe française élémentaire, et trente-huit étaient directement préparés au commerce. Parmi ces derniers, quelques-uns, après avoir fait jusqu'en Troisième des études latines, les avaient ensuite abandonnées pour cultiver les langues anglaise et allemande, mais ils continuaient d'assister aux classes de grammaire
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et de littérature française ; renseignement des sciences mathématiques, physiques et naturelles leur était commun avec les élèves latinistes.
Le Aincipal, chargé par le Ministre de rinstruction publique de présenter tes candidats aux chaires vacantes et de donner son appréciation sur leur capacité, rechercha avec soin des sujets capables de réhabiliter le OoUège danB rcpiaion publique, et de a coopérer à la régénéraiion d*un établissement qui pcsvaii deveair une des gloires du Havre (1). »
Mais il était impossible d'augmenter sans nouveaux frais le nombre des fonctionnaires du Collège. Le Bureau d'administration essaya de concilier la nécessité d'une rétribution convenable des professeurs avec Téconomie à réaliser dans les dépenses communales, et en même temps une somma de vingt-cinq mille francs fut portée au budget de la Ville pour couvrir les frais faibs pour la réorganisation des études.
L'année 1837-1838 fut bonne pour le Collège, un personnel enseignant presque complet, et un accroissement rapide et imprévu des élèves — ils atteignirent le chiffre de cent cinquante-huit — contribuèrent à relever rétablissement. Le Principal en profita pour faire parmi ses collégiens <r quelques épurations n qui amenèrent promptement une amélioration sensible de la discipline. Aussi, au jour de la disti^ibution des prix, voulant laisser à ses élèves un mot agréable, le Principal leur annonça pour la rentrée prochaine un adoucissement oonsidérable dans le régime disciplinaire. Le bon esprit des élèves, dit-il aux parents, lui garantissait pour ravenir Tefflcacité des moyens de répression purement moraux.
Une mesure qui produisit d'heureux effets, en particulier au Havre, fut l'ordonnance du 29 Janvier 1839 sur les Collèges communaux. En exécution des art. X-XIII du décret du 15 Novembre 1811, ces Collèges furent divisés en deux classes. L'organisation des Collèges communaux de première classe fut entièrement conforme, quant aux études, à celle des Collèges royaux ; on réserva la dénomination de Collèges de seconde classe aux établissements ne donnant qu'un enseignement secondaire incomplet. Le diplôme de bachelier es lettres fut exigé de tout maître d^études.
A partir de l'année scolaire 1839-1840, aucun régent ne put, dans les Collèges communaux, être chargé de plus d'une classe.
(1) Paroles du sous-préfet Choppin d*AmouvIlle.
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Ce n*e*t pas sans difflcutté qu'on observa- au Havre oet article X de rordonoance. Le Bureau d'admitiisiraiion du Collège s'occupa de cette question dans sa séance du !•' Décembre 1840, mai» sans la résoudre pratiquement Au mois de Juin 1843, un inspecteur général, en tournée au Havre, avait nettement formulé sou opinion sur ce point. 11 est fAoheux, disait-il, qu'on soit obligé de réunir deux classes diflérentes sous le même régent ; « avec ce système de classes doubles il sera toujours impossible de fortifier les études et de les élever au niveau de celles des Collèges royaux ». C'était bien aussi ravis du Principal qui, le naoîs suivant, faisait cette observation : « Je pense, comme tous ceux qui ont ensetgnéi qu'un professeur fera toujours mieux une classe homogène qu'une classe mixte, et que le système des classes doubles donne presque toufours de faibles résultats. »
Rétribution collégiale. — En 1837, le Conseil municipal exprima le vœu que la rétribution collégiale fût augmentée ; mais, comme il était alors question de fonder au Havre une Ecole primaire supérieure, le Bureau du Collège fut d'avis de ne rien modi-» fier avant l'ouverture de cette école. Si l'on rendait en effet le Collège moins accessible aux petites bourses^ les parents lui préféreraient l'Ecole primaire supérieure, laquelle (frirait à leurs enfants une instructimi convenable et è meilleur compte. La rétribution resta donc fixée à 72 francs pour chaque externe. La Ville ne pi'élevalt de redevance que sur les externes ; les pensionnaires et les demi'pensionnaires en étaient dispensés.
La nécessité de diminuer le plus possible les charges de la Ville détermina la Municipalité à accroître le taux de la rétribution payée par les externes, pour la mettre en harmonie avec les avantages que représentait l'instruction secondaire. Cette mesure n'était que légitnone.
Dans la plupart des autres Collèges, l'instruction classique était donnée aux externes moyennant une rétribution d'environ cent francs, et dans ce prix cm ne comprenait, ni les leçons de langues vivantes, ni la oomptabilité commerciale, ni le calcul, ni récriture, ni le dessin, ni le chant, ni rinstruGti<m religieuse ordinairement réservée aux internes, ni la surveillance à l'étude ; toutes connaissances distribuées cependant à nos collégiens havrais. Il était donc de toute justice de porter au Havre la rétribution k un tarif plus élevé et plus proportionné & l'aisance des familles pour lesquelles les Collèges avaient été institués.
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D*un autre cdté, les internes, qui recevaient la même instruction que les externes, ne devaient-ils pas aussi à la Ville un dédommagement pour leurs frais d'étude ? Mais sur qui faire retomber cette nouvelle charge ? Sur les familles I II n'y fallait pas songer, en présence surtout de la concurrence des Collèges royaux si largement dotés par l'Etat, et aussi des établissements privés. C'était donc le Principal qui serait imposé, puisque c'était lui qui gérait le pensionnat à son compte. La Municipalité se montra généreuse en ne demandant au Principal que la moitié de la rétribution exigée des externes. Il est vrai qu'il lui eût été difficile d'agir autrement. L'ancien prix de la pension était de 700 francs : 500 francs à la charge des familles, et 200 france d'indemniti^ alloués par la Ville au Principal pour chaque élève, mais seulement jusqu'à dix. La rétribution des externes était tout entière répartie entre les fonctionnaires du Collège ; le Principal s'en réservait à lui-même la bonne part. En 1837, le prix de la pension avait été fixé à 600 francs sans les accessoires. Si sur cette somme on prélevait 60 francs, les 540 francs restant équivaudraient-ils à l'ancien prix, vu surtout la cherté plus grande des denrées depuis une dizaine d'années et l'introduction au Collège d'une foule d'améliorations, telles que la surveillance des internes distincte de celle des externes, les leçons de gymnastique, la bibliothèque, etc. ?
La question fut tranchée, le 21 Juillet 1841, par le Conseil municipal qui adopta le chiffre de 120 francs par externe et de 60 francs par pensionnaire et demi-pensionnaire (1). Le 6 Avril 1842, le Bureau d'administration sollicita pour les élèves externes piimaires une réduction de 20 francs ^ur le prix de la rétribution collégiale. La classe primaire, disait-on, est une pépinière d'élèves pour le Collège, et la rétribution de 120 francs étant hors de proportion avec l'importance de l'instruction donnée à des enfants de six & huit ans, ces enfants fréquenteront de préférence les écoles ouvertes en ville, et il pourra résulter de leur élolgnement du Collège que plusieurs d'entre eux n'y reviendront pas pour leurs classes de latinité. Ce vœu reposait sur de sages motifs ; mais le Conseil municipal ne l'agréa pas, et les petits continuèrent à payer autant que les grands.
On a reproché, mads à tort, à Ferrus d'avoir sacrifié l'enseigne-'
(t) Arebivet munioipatos. ^ DéllMrtttoiis, Beg. XI, fol. 800^66.
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ment commercial à renseignement universitaire. L'enseignement commercial, a(flrmait-il lui-même en 1843, est « bien conçu », et « mal exécuté n. Aussi la diminution du nombre des élèves, qu'on commençait à lui imputer, n*a-t-eUe lieu que dans la « section commerciale ». Jamais la section universitaire n'a été plus nombreuse qu'aujourd'hui, ni peut-être plus forte. Les élèves, qu'on a retirés du Collège pour les envoyer ailleui^ finir leurs études, s'y sont fait remarquer et leurs succès ont mis le Collège du Havre en bonne réputation à Paris. En 1842, quinze candidats mit subi, le même jour, l'examen du baccalauréat es lettres devant la Commission siégeant & Rouen. Dix ont échoué à l'écrit et quatre à l'oral. Le seul admis fut le jeune Crampon, du Collège du Havre. Charles Leroux, un autre élève, a été reçu depuis bachelier es lettres et bachelier es sciences. Sans doute, avouait Ferrus, le premier de nos efforts est d'étendre et de fortifier les études universitaires, afin d'élever progressivement le Collège du Havre au niveau des Collèges royaux qui le dominent et le « déciment » ; mais cette ambition louable ne nous fera jamais oublier que l'une des sources les plus abondantes de la prospérité matérielle de cet établissement est la bonne direction de l'enseignement « commercial » ; c'est là, disait Ferrus, en Juillet 1843, que nous devons cette année porter toute notre attention, car « il y a péril en la demeure ».
Depuis que le commerce et l'industrie se développaient en France, on sentait, en effet, qu'il y avait lieu de mieux approprier l'enseignement classique à cette situation nouvelle. On avait même ajouté, dans certains Collèges, aux enseignements secondaire et primaire un troisième genre d'enseignement qui embrassait plus spécialement « l'étude des langues vivantes, des pratiques commerciales et des sciences naturelles et mathématiques appliquées ». Le Havre, devenu le centre de graves intérêts commerciaux et industriels, était entré dans cetie voie. S'il convenait d*y maintenir dans toute sa plénitude l'enseignement classique dont le baccalauréat est le couronnement, il fallait toutefois y développer un enseignement qui marchât parallèlement avec lui et qui répondit à toutes les nécessités professionnelles. En conséquence, le Conseil municipal admit que le Collège, réunissant les différentâ enseignements, posséderait une classe primaire, et que de là les enfants entreraient, selon le vœu des familles, soit dans renseignement classique, soit dans l'enseignement professionnel.
La réunion des trois genres d'enseignement dans un même
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établi^ement offrit Tavantage, d'abord de conduire les jeunes élèves des éléments primaires aux connaissances, soit classiques soit professionnelles les plus complètes, puis de confler aux mêmes maîtres certaines branches de ces divers enseignements.
En Octobre 1843, le Conseil municipal demanda si cette organisation était bonne, et si elle justifiait les espérances et les sacrifices de la Ville. Voici en abrégé les réponses qui furent données à ces questions : l** La classe primaire est convenablement dirigée, et bien fréquejitée. L'instituteur fait chaque jour, le Jeudi et le Dimanche exceptés, travailler ses élèves quatre heures le matin, et le soir trois ou quatre heures suivant les saisons ; 2* L'enseignement classique ne devrait durer que sept années, et, eu égard aux cours accessoires, on ne pense pas qu'un élève intelligent et studieux puisse le parcourir avec fruit en un moindre intervalle. Pour un élève « lent et peu appliqué », ce temps sera peut-être trop court, mais il lui sera facile de reprendre haleine en doublant une classe, et cette halte intermédiaire le mènera également au but. Le professeur d'histoire a chaque semaine huit classes de deux heures, le professeur de sciences naturelles sept classes, et celui de mathématiques six classes. Le Bureau d'administration a posé en principe que chaque régent était tenu par semaine à vingt heures de service (dix classes de deux heures) et qu'il n'y avait lieu d'accorder une gratiflcation qu'à celui qui dépassait ce maxi* mum ; 3'' Lp cours professionnel a une grande importance. Le peu de succès qu'il a obtenu jusqu'ici doit être surtout attribué à la faiblesse des classes de français. Aussi le Principal désire pour ces classes un professeur spécial. Le Bureau d'administration a reconnu que, pour donner au Cours professionnel tous les développements qu'il comporte, il serait bon de n'y admettre que des enfants ayant justifié par un examen qu'ils possèdent complèten;ent l'enseignement primaire. Ce point de départ une fois admis, cinq années d'études sont nécessaires pour remplir le programme professionnel arrêté en séance du Bureau.
Malgré les tentatives de toute nature faites en faveur du Col* lège, le Principal Perrus, qui avait compté sous sa direction près de deux cents élèves, en vit le nombre diminuer à partir de 1841. Le Recteur, dans plusieurs inspections, et le Conseil municipal, dans ses délibérations de Juillet 1843 et 1844, déplorèrent cette dépopulation et en témoignèrent leur surprise et même leurs vifs regrets. Ferrus préféra alors se. retirer que de laisser la crise s'accentuer davantage, et il sollicita du Ministre un autre poste dans
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runiversité. Il est juste toutefois de rendre hommage aux éminentes qualités de Perrus ; cet homme, aussi distingué quMnstruit, semblait tout désigné pour assurer au Collège une prospérité durable.
Perrus devint successivement censeur aux Collèges royaux de Mâcon (20 Septembre 1844), de Périgueux (10 Septembre 1846), et de Montpellier (7 Septembre 1847), puis proviseur des Lycées de Périgueux (30 Août 1850), du Puy (20 Août 1853), de Cahors (16 Septembre 1856), d'Avignon (25 Août 1868), et de Périgueux pour la deuxième fois (4 Octobre 1859). Sa santé — vue fatiguée — l'obligea bientôt à prendre sa retraite. Perrus, qui avait un frère inspecteur général des maisons d'ahénés de Prance et membre de l'Académie de médecine, avait épousé en secondes noces la sœur de l'abbé Polioley, chez lequel il mourut, lorsque ce prêtre était proviseur du Lycée de Laval.
nrectton J.-F. de Laoombe. — Comme successeur à Ferrus, on désirait un Principal, non imbu d'idées trop exclusivement classiques et adoptant les différents genres d'études avec la même faveur et avec le désir bien arrêté de les faire l'un et l'autre également fructifier. Il devait obtenir de tous la déférence qui fait la force d'un chef de maison ; mais on lui souhaitait, par dessus tout, l'esprit d'ordre et de direction auquel les plus brillantes qualités ne sauraient suppléer et qui, plus que tout autre talent, attire sur un établissement la confiance publique. Le Bureau d'administration avait le ferme espoir que le Recteur et le Ministre voudraient bien doter le Collège d'un directeur capable de le relever et de lui préparer de grands succès.
Le 20 Septembre 1844 fut signée la nomination de Jean-Ferdinand de Lacombe, né le 11 Septembre 1789, à Saint-Jean-d'Angély (Charente-Inférieure), licencié es lettres, bachelier es sciences et officier de l'Université. Cet homme avait précédemment rempli les fonctions de régent de mathématiques au collège de Tonnerre (20 Janvier 1812), de Principal et régent de mathématiques au Collège de Thionville (24 Octobre 1821), de Principal du Collège d'Angoulême (8 Septembre 1829), de Principal du Collège de Saint-Jean-d'Angély et régent de philosophie (il octobre 1830), et de Principal du Collège de Bar-le-Duc (17 Octobre 1833).
Rétribution uniTêraitaire. — Cette rétribution, qui avait toujours tant mécontenté les familles, fut enfin supprimée à partir
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du i'' Janvier 1845 (1). Le Bureau, sur les rédamatioos du nouveau Principal (15 Octobre 1844), régla que, malgré cette suppression, le chiffre de la pension ne serait pas modifié, parce que le prix des vivres avait augmenté au Havre depuis quelques années, et qu'ensuite, sans rien changer aux charges des familles, le maintien de la pension au taux actuel aurait pour eflet d'atténuer le préjudice causé au Principal par la mesure qui avait étendu aux élèves pensionnaires et demi-pensionnaires le paiement de la r^ibution collégiale.
Deux mois .après son arrivée au Havre, de Lacombe constatait que les études se présentaient jusqu'alors sous un aspect favorable, et que les professeurs concouraient avec zèle à la bonne distribution de l'enseignement.
Pendant la courte durée de son Principalat, il rendit au Collège quelques signalés services. Toutes les classes n'ayant pas de titulaire, cet établissement n'était encore que de second ordre. De Lacombe le fit ériger en Collège de plein exercice à la suite de démarches assez longues et assez compliquées. Les deux chaires inoccupées étaient celles di; Philosophie et de Seconde ; Crevel fut nommé régent de Seconde le 20 Septembre 1845 et, le Principal lui-même, de Lacombe, fut chargé, le 18 Novembre suivant, de la chaire de philosophie.
De Lacombe adopta, sans notables changements, le programme d'études de son prédécesseur. Malheureusement, le nombre des élèves, leurs succès scolaires, la confiance des familles, tout laissa quelque peu à désirer. En conséquence de cette crise, de Lacombe fut admis à faire valoir ses droits à la retraite le 11 Septembre 1848 (2).
On doit à ce Principal quelques publications : un Essai sur Téducaiion domestique. Lettres à M. X... (Paris, Deaobry, 1847, in-8*), des Fables (Paris, Dentu, 1853, in-12), et plusieurs Discours prononcés à la distribution des Prix du Collège du Havre. Le 23 Novembre 1847, il avait adressé à la reine des Français, Marie- Amélie, une curieuse lettre (3), dans laquelle il déclarait que c'était (i sans doute une grande témérité que d'offrir un ouvrage sur l'éducation domestique & l'auguste mère d'une famille digne
(1) Loi du 4 Août 1844, art. XIV.
(2) Archives miinicipales. — Délibérations, Reg. XIII, fol. 220, 19 Septembre 1848.
(3) Communication de M. Alph. Martin.
T « li
tki LE COLLÈGE DU HAVRE
de servir de modèle, non seulement aux autres familles souveraines, mais à toutes les familles de la terre ». il osait cependant se flatter que la reine daignerait recevoir cet hommage avec sa bienveillance accoutumée, a quand elle saura », ajoutait-il, « que c*est à un si bel exemple, donné de si haut, que je dois en grande partie d'avoir entrepris ce traité, et surtout d'y avoir conformé ma conduite dans l'éducation de mes enfants, dont les trois aînés ont déjà rhonneur de servir le Roi de leur épée. » Des fils de de Lacombe, Tun devint capitaine de frégate, un autre capitaine de dragons et offlcier d'ordonnance du maréchal de Castellane à Rouen.
Instruction religieuse. — Le principal Ferrus partageait les idées de Victor Cousin et de Saint-Marc Girardin sur Tinstruction religieuse que doivent recevoir les collégiens. Le culte, disait-il avec Cousin, « le culte seul avec ses cérémonies ne peut suffire à des jeunes gens qui réfléchissent et qui sont déjà imbus de i'esprit du siècle » (1). Un enseignement religieux bien ordonné leur est donc indispensable, « Le christianisme sans enseignement, réduit à un spectacle inintelligible, fatigue et humilie des esprits qu'il aurait élevés et charmés » (2). Pourquoi, ajoutait Ferrus, les pompes de l'Kglise ne seraient-elles pas expliquées ù nos jeunes élèves par Tliistoire si poétique et si intéressante des premiers chrétiens ? Pourquoi n'établirait-on pas, pour les écoliers des classes supérieures, des conférences où sa doctrine serait examinée et discutée ? Il faut donner à la religion une noble part dans l'éducation nationale, non pas en multipliant les offices, mais en constituant sur de larges bases un véritable enseignement religieux confié à un ecclésiastique d'un esprit cultivé, d'un caractère doux et conciliant, chez qui une haute raison ou Texpérienoe du monde garantisse la tolérance. « Il faut que les hommes, qui sortent de nos écoles, soient en étal de rendre compte de leurs croyances, s'ils croient, ou de leur incrédulité, s'ils ont abandonné la foi chrétienne » (3). Il faut aussi que la liberté des cultes y soit scrupuleusement respectée. Un établissement public d'éducation doit être en effet ouvert à toutes les croyances religieuses comme à toutes les opinions politiques : c'est un terrain neutre
(1) Victor Cousin. Mémoire sur Vinstrvclion secondaire en Prusse, 3' parUe, paragraphe II.
(2) Cf. V. Cousin, ibid,
(3) Saint-Marc Girardin.
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et non une arène de controverses. Si l'on veut surtout y attirer de jeunes étrangers, il faut tout préparer pour les recevoir et pour les conserver ; on ne le pourra qu'en offrant aux élèves non catholiques toutes les garanties d'indépendance et d'instruction religieuse qu'ils ont le droit de réclamer. La tolérance consiste à respecter l'opinion d'autrui, à se garder de vouloir prescrire à son voisin aucune observance qui puisse blesser sa conscience, et à laisser chacun libre d'exercer son culte d'une manière convenable.
Jusque-là, les seuls élèves catholiques, qui recevaient une instruction religieuse dogmatique et morale, étaient ceux qui se préparaient à leur première ou à leur seconde Communion ; trois fois par semaine, ils se rendaient au catéchisme général de la paroisse, de onze heures à midi, pendant qu'avaient lieu au Collège les cours d'arithmétique et les leçons de dessin. Ils perdaient par conséquent leur classe de dessin ou d'arithmétique, dont Ferrus avait . inutilement essayé de changer l'heure* Puis, au lieu de rentrer au Collège à une heure pour préparer la classe du soir, ils arrivaient souvent à deux heures sans avmr fini leur tâche, sans avoir appris leurs leçons, et peut-être sans avoir assisté au catéchisme, car il eût Jallu un maître tout exprès pour les conduire à l'église et pour les en ramener. Les maîtres élémentaires, les seuls auxquels on eût pu imposer cette nouvelle t&che, étaient déjà surmenés et le budget actuel du Collège ne permettait pas d'en prendre un de plus pour cette surveillance.
C'est donc dans l'intérêt du Collège que Ferrus réclamait un aumônier spécialement chargé de l'enseignement religieux, et une chapelle consacrée au culte catholique.
Voici le plan que Ferrus avait lui-même tracé pour les courfs d'instruction religieuse : en Septième, catéchisme et exphcation du culte ; en Sixième, l'Ancien Testament ; en Cinquième, le Nouveau Testament ; en Quatrième, le dogme et la morale ; en Troisième et en Seconde, l'Histoire de l'Eglisç (étude de ses doctrines et des principaux schismes, conciles, etc.) ; en Rhétorique, lecture des Pères de TEglise et interprétation des textes sacrés ; en Philosophie, revue critique des systèmes religieux de tous les temps et de tous les pays.
Pendant l'année 1837, le Bureau d'administration du Collège chercha parmi le clergé havrais un prêtre capable d'appUquer ses principes sur l'enseignement de la Religion. Quelques démarches furent tentées par le Président du Bureau, auprès des curés de
Notre-Dame et de Saint^FrançoiSi» dans le but d'obtenir en qualité d'aumônier provisoire Tabbé Cochet, deuxième vicaire à Saint- François et ancien élève du Collège. Bien entendu, Tabbé Cochet devait conserver ses fonctions de vicaire. Le curé de Notre-I>anie, l'abbé Leclerc, adhérant, comme d'ailleurs Tabbé Bénard, curé de S«tint*François, au désir du Bureau, déclara qu'il verrait avec satisfaction Taumônerie du Collège confiée à Tabbé Cochet, mais qu'il ne faudrait pas voir dans cette nomination un privilège réservé au vicariat de Saint-François. Il appuyait son avis sur cette observation fort judicieuse en l'espèce. Le clergé de Notre-Dame suffit à peine aux besoins de la paroisse. Si on choisit l'aumôniep du Collège en dehors du clergé havrais, le traitement de ce prêtre, la fabrique aidant, permettra d'augmenter le clergé de Notre-Dame d'un mentbre, dont les services seront très appréciés. Le Bureau, comprenant qu'il venait de soulever une question délieate et voulant éviter toute difficulté entre les deux curés, ajourna momentanément toute proposition relative à la nomination d'un aumônier.
En 1838, un ecclésiastique, nommé Edouard-Pierre Pain^ qui depuis quelques mois était vicaire à Notre-Dame du Havre (1), résigna son vicariat et fut attaché au Collège comme aumônier provisoire, mais sans nomination ministérielle.
Né à Rouen, le 23 Septembre 1806, l'abbé Pain avait reçu la prêtrise à Noël 1829, puis avait été professeur au Petit Séminaire jusqu'en 1835, aumônier de l'Hôtel-Dieu du 20 Novembre 1835 au 25 Août 1838, vicaire à Saint-Ouen, de Rouen, et enfin vicaire à Notre-Dame du Havre.
Obligé par sa mauvaise santé de s'absenter souvent et de prolonger ses absences, le premier aumônier de notre Collège ne rendit pas tous les services que promettaient sa science et son attachement à la jeunesse. 11 y avait là, pour le Principal, une situation bien gênante, dont il se plaignit plusieurs fois à la Municipalité (2). Ainsi Tabbé Pain n'habita jamais le logement qu'on
(1) L'abbé Lecomte a ignoré ce détail. Nous avons retrouvé aux Archives du secrétariat de l'Arcbevêché de Rouen, à la date du 1*' Juin 1837, la nominatfon de l'abbé Pain, et, sur les registres de catholicité de Notre-Dame, son premier acte comme vicaire est du 17 Juin suivant. Pendant toute l'année 1S38, il remplit les fonctions vicariales, mais cessa, h partir du mo4s de Mars, d'ajouter à sa signature le titre de vicaire. C'est donc h cette époque qu'il fut plus spécialement chargé de l'aumônerie du Collège. Il resta prêtre habitué & Notre- Iteme.
(2) Archives municipales. ~ Délibérations, Rapports, Beg. I fol. 131 ; séance du 10 Août 1819.
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lui avait préparé dans le Collège ; et pourtant les règlements universitaires étaient bien formels. « L'aumônier », disait le statut du 4 Septembre 1821, « est chargé d'instruire les élèves dans la religion, et de leur faire contracter des habitudes religieuses... il loge dans Tintérieur du Collège. » On rappela ces prescriptions à Fabbé Pain, qui, pendant Tannée 1843, se sentant moins faible, revint de Paris, où il se trouvait alors, rejoindre son poste ; mais il démissionna presque aussitôt. C'était très vraisemblablement en Septembre 1843.
En quittant le Havre, Fabbé Pain prit, pendant deux ans au moins, un repos nécessité par son état de santé. Il accepta ensuite le vicariat de Sainte-Madeleine, à Rouen et le conserva pendant seize ans. Nommé en Juin 1865 chapelain de la Compassion, la maladie Tobligèa de se démettre de ses fonctions à la un de Tannée 1872 ; il était chanoine honoraire depuis 1867. L'abbé Pain mourut à Rouen le 13 Avril 1874.
C'était un des prêtres les plus distingués du diocèse de Rouen. Il avait des connaissances étendues et variées en littérature et en histoire. Sa haute compétence en matière théologique Tavait désigné au choix du Cardinal de Bonnechose comme membre de la Commission d'examen des ouvrages doctrinau:it. One mémoire heureuse, un jugement sûr, un goût délicat, mais, par dessus tout, son onction et sa piété, l'avaient placé au premier rang des prédicateurs du diocèse. Sa vie fut toute remplie d'édification, et son caractère tout empreint de douceur. Malgré sa grande humilité, ses vertus ne demeurèrent pas cachées ; la sympathie et la vénération lui vinrent de toutes parts. En résumé, Tabbé Pain aimait et voulait le bien.
Pendant les absences que nous avons signalées, Tabbé Paiti avait au Collège un suppléant sans doute bien zélé, mais qui de l'aveu général ne pouvait opérer le même bien qu'un aumônier consacrant tout son temps aux devoirs de sa charge et résidant dans l'établissement. L'aumônier intérimaire était le pojmlaire abbé HervaL C'était un grand honneur pour nos coll^iens de recevoir des leçons de religion de ce savant et saint prêtre. Disons toutefois qu'ils auraient bien sacrifié l'honneur, qui leur était fait, au bonheur qu'ils trouvaient à user, aussi largement que possible, de l'excessive bonté du « père Herval ».
Louis-Prançois-Noël Herval était né à Rouen le 1*' Janvier 1800. Ordonné prêtre à Evreux le 23 Mai 1823, il avait été précepteur dans une famille,puis aumônier de Bicètre à Rouen. Nommé
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vicaire à Notre-Dame du Havre le 28 Janvier 1826, il garda ces modestes fonctions jusqu'à sa mort arrivée le 17 Août 1872. « Dans toutes les classes de la population, parmi les citoyens de toutes les opinions », disait le journal Le Havre en annonçant son décès, « l'abbé Herval ne comptait que des amis ; il était au Havre le pontife de la religion, de la charité et de la consolation. »
C'était en effet une noble figure que celle du « père Herval », comme on se plaisait à l'appeler même en dehors du Collège, ou du « SainUVincent de Paul du Havre », suivant l'expression plus heureuse d'un de ses concitoyens. Parmi ses panégyristes, il en est un qui a réfeumé d'une façon assez originale la vie de Tabbé Herval en rappelant que c'était « un digne prêtre et un brave homme. »
.L'abbé Herval fut un des membres les plus laborieux de la Société havraise d'Etudes diverses. Plusieurs de ses travaux ont été publiés dans le Recueil de cette Société (i).
La Municipalité du Havre, reconnaissante des services rendus par l'abbé Herval à sa cité d'adoption, a donné son nom à l'une des rues de la Ville.
L'abbé Pain, eut pour successeur au Collège du Havre, l'abbé Hugues-EIisabeth-Marlin-Emmanuel Faoarel, né à Rabastens (Tarn) ie 26 Novembre 1803. Prêtre à Noël 1829, il fut vicaire à Saint-Salvi (diocèse d'Âlbi) en 1830, curé de Saint-Pierre (doyenné de Rabastens) en 1831, missionnaire diocésain en 1834, aumônier à l'établisisement de Sorèze (2) en 1840, et aumônier du Collège du Havre le 13 Novembre 1843, d'après un document universitaire, le 24 Juin 1844 d'après un registre du Secrétariat de l'Archevêché de Rouan.
Perrus, à son arrivée au Havre, ne crut pas qu'il fût opportun de créer au Collège « une chaire et une chapelle évangélique >«. Tant que le nombre des élèves protestants sera fort restreint, il suffira^ disait-il, de faire accompagner au temple, les jours de piière et de prédication, ceux dont les parents n'habitent pas la Ville. Cependant^ dès 1838, le pasteur Poukûn vint faire au GoUège, Chaque lundi, un cours d'instruction religieuse aux élèves pro-
(I) Cl. A. Lechevalier. Bio-bibliographie des écrivains de V arrondissement du Hatfre, p. 93-94.
{2) DepulB 1789, Sorèze était un éiabUssement d'éducation privée, qui fut assez prospère, mais qui eut beaucoup à souffrir sous la Restauration. Ce n'est qu*à paKir de 1854 que cette maison fut dirigée par les Dominicains.