‹ Le Colleg̀e du HavreChapitre 40 sur 54 · US& GRADES MILITAIRES · texte numérisé non relu

US& GRADES MILITAIRES

jeu oblige Técolier à secouer un peu sa nonchalance, il déve* loppe et fortifie sa volonté par la continuité des eOorts et la nécessité des décisions soudaines, il lui fait contracter l'habitude de Tobéissance par la soumission forcée à la règle de ce jeu et aux ordres du condisciple qui le dirige, il resserre enfin les liens de la solidarité par Tunité qu'exige Taclion commune et par les rivalités qu'il fait naître.

Actuellement, l'éducation athlétique est à la mode. C'est un véritable engouement. On développe le jeu, le jeu en plein air, en pleine liberté, sans souci des chutes et des horions. En principe, on a raison ; mais pratiquement, ne dépasse-t-on pas les limites fixées aussi bien par la prudence que par l'hygiène ?

Les Promenades. — Les Promenades régulières étaient fixées au Jeudi et au Dimanche de 2 h. à 4 h. en hiver, et de 4 h. à 7 h. en été. Chaque division, formée d'une ou de deux éludes selon le nombre des élèves, suivait un itinéraire particulier, tracé par le Principal. On sortait généralement de la Ville (l'ancien Havre), et on se dirigeait vers la côle d'ingouville. Les jours de composition dos Prix (le Mardi et quelquefois le Vendredi), il y avait promenade de 4 h. à 7 h. Nos collégiens allaient de préférence soit à la ferme Chaussée, près des Phares, soit à Sanvic, chez Mme Bazire.

Les giades militaires. — Après les événements de 1848, les jeunes gens réclamèrent à grands cris, de tous les points de la France, l'autorisation de s'organiser en compagnies militaires. Dès cette même année, le titre de sergent-major fut attribué à un des plus grands élèves du Collège du Havre. On installa par étude — il y en avait alors deux, peut-être trois — un sergent et nn caporal.

En 1849-1850, le nombre des études ayant augmenté, on mit à la tête de chacune d'elles un sergent-major, un sergent, deux caporaux ; il y eut un sergent-fourrier pour deux études, et un simple caporal-fourrier pour la section des petits.

Les gradés étaient de vrais instructeurs militaires, qui appranaient l'exercice à leurs condisciples. Ils menaient militairement leur petit peloton. Le rassemblement et la dispersion des élèves se faisaient au commandement. Les entrées, comme les sorties des classes ou des études, s'opéraient par demi-tours et par mouvements sur le flanc droit ou sur le flanc gauche.

Au début, tes grades furent électifs ; puis ils furent décernés par le Principal. L'ardeur des jeunes collégiens ne tatxla pas à se refroidir. L'éducation militaire devenant un réel embarras, le Principal n'essaya pas de ranimer l'entrain de ses élèves. Les gâtons disparurent, et les exercices militaires cessèrent d'être inscrits au programme du Collège.

Les Régents du Collège (1848-186$). — Sous Tadministration de Dantu et de Sauvion, le sous-préfet et le maire du Havre, l'Inspecteur et le Recteur de l'Académie, furent unanimes à décerner aux régents du Collège les éloges les plus flatteurs pour leu* zèle et leur activité à remplir les devoirs de leur charge. Le Principal Dantu d'ailleurs n'était pas homme à garder sous sa dépendance un fonctionnaire qui n'eût pas été de tous points exemplaire. Très strict pour ses professeurs, il ne leur ménagea pas la besogne ; mais en même temps très juste et tiès bon, il les fit profllcr de son expérience et s'entoura ainsi d'un personnel d'élite qui fut tout dévoué à son œuvre et dont il sut apprécier les ser vices. Ses notes sur les fonctionnaires portent généralement l'em preînte d'une grande bienveillance, qui leur attira souvent des encouragements et même des récompenses de la part de l'Administration supérieure.

L'Université commençant à cette époque à se montrer asse« ejfigeante dans le recrutement de son personnel. Elle voulait des maîtres qui, môme dans leur extérieur, imposassent lé respect à leurs élèves par leur bonne éducation, leurs bonnes manières et leur maintien plein de correction. Ainsi, à partir du 1" Janvier 1849, les professeurs ne purent, sous aucun prétexte, s'affranchir pour téiite leurs classes de Tobligation de porter la robe. Une exception était faite en faveur des professeurs de sciences, à cause des difficultés existant pour eux soit d'écrire au tableau, soit de manipuler en pareil costume.

En 1852, les instructions ministérielles se précisèrent davantage encore. Elles traitèrent de la toilette des régents non plui seulement en classe, mais môme en dehors du Collège. 11 est, disait^on, une tenue grave et sévère que le professeur, comme le magistrat, ne doit jamais oublier. Du moment où l'on fait la classe en robe, l'habit noir aVec la palme n'est point exigé dans le Collège et hors du* Collège, ni pour les professeurs, ni pour les maîtres d'études. Mais dans leur mise les fonctionnaires doivent prendre conseil des convenances qui indiquent à chacun ce qui est d'ac

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cord avec son étéit, sa position modale. Toute' excenkictté doit être évitée avec un soin scrupuleux. Pour un professeur, ce serait plus qu'un ridicule. « Si l'autorité veut èt^ respectée », écrivait le Ministre Portoul le 22 Mars 1852, « il faut qu'elle se respecte ellemême et qu'elle s'avoue eh quelque sorte par des signes extérieurs. La singularité et la fantaisie du costume appellent la critique et la raillerie ; elles déconsidèrent d'avance le maître auprès de seo élèves, qui ne reconnaissent plus leur instituteur sous Tespèc'^ de déguisement que lui fait trop souvent adopter une mode absurde. » Les favoris, ajoutait le Rectedr, n'ont jamais été proscrits. Mais « les moustaches, èoUiers de barbe, pointe au menton, ne semblent pas en harmonie avec la gravité d'un homme dont les fonctions auprès de la jeunesse sont un véritable sacerdoce » (1).

Nous ignorons si toutes ces prescriptions furent observées à la lettre ; en tout cas, la robe fut toujours de rigueur au Collège sous le principalat de Danlu.

Nous allons donner la liste complète des régents, et ajouter ensuite quelques lignes biographiques sur la plupart d'entrfe eux (2).

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