DIVISION ÉLÉMENTAIRE
Septième. — Boissel (1849-1862) ; Rouland (20 Mars 1862-15 Novembre 1865).
Huitième. — Grandguillot (1848-1849) ; Berteloot (1849-1852) ; Havard (1852-1858) ; Hamon (1858-Avril 1860) ; Rouland (Avril 1860- Août 1860) ; Leroyer (1860-1861) ; Rouland (Octobre 1861-20 Mars 1862) ; Grould (20 Mars 1862-15 Novembre 1865).
Classe préparatoire. — Lebarbîer, Toulain et Vallin (1848-Octobre 1852) ; E. M«gois (!•' Octobre 1852-Octobre 1866).
Le Principal Dantu rendit toujours hommage au zèle et & Tintelligence que déployaient dans Teixeroice de leurs fonctions les aumôniers catholique et protestant du Collège. La Municipahté partageait bien les mêmes sentiments quand elle déclarait qu'on avait que des éloges à donner à la « sollicitude avec laquelle Tabbé Favarel et le paîsteur Boulain remplissaient la mission si utile qui leur était confiée (1) »
Il serait difflcile d'indiquer quelle qualité ne possède pas Tabbé Favarel, lisons-nous dans les Rapports du Conseil municipal ; « une aménité naturelle, une distinction de manières que
(1) Archives municipales. — Rapporis, reg. II, fol. 311, t Août 18i9.
donne l'usage dii monde, le rendent également cher aux élèves et aux familles (1). »
Veibbé Pavarel était prêtre habitué à Notre-Dame en môme temps qu'aumônier du Collège. L'accroissement du nombre des élèves coïncidant avec les nouveaux programmée d'insbiiction religieuse rédigés côfiforaiément au plan d'études de 1862 et plus étendus que l«s précédente, il devint nécessaire que l'abbé Fava- Pdl se cons^iNH désormaiis tout entier & ses fonctions d'aumônier. On le pria d'entrer dans ces vues, et on augmenta son traitement de 400 francs pour lui permettre de vivre uniquement de Taumônerie du Oollège (2).
En Maii 1856, l'abbé Favarel manifesta l'intention de résigner sa charge. II était pénible au Bureau d'admiaistration de se séparer d'un aumônier, qui apportait dans ses relations avec les collégiens (( cette franchise ouverte de caractère qui platt tant à la jeujiesse ». Gomme prêtre, on va^itait les « trésors de piété et de science » qu'il dépensait au service de l'Université, et on affirmait que sur un plus grand théâtre il eût jeté un certain éclat. Puis, proclamant la parfaite courtoisie, la parfaite convenance, dont l'abbé Favarel donnait tant de témoignages dans « les rapports quelquefois délicals entre les fonctionnaires du Oollège et lui », le Bureau transmit à ce prêtre, par le Principal, toutes ses sympathies et tous ses regrets, et lui exprima combien il serait heureux d'apprendre un changement de résolution dans ses projets. L'abbé Favarel céda à. de si aimables instances, et resta encore trois ans au Collège. En 1850, après un séjour de seize ans au Havre, il alla & Haïti, où il fut vicaire puis curé à Port-au-Prince de 1853 à 1862. Il revint dans le diocèee de Rpuen, et y occupa divers postes. Curé de Saint-Nicolas-d'Aliermont (1862), curé de Cauville (1863), aumônier de Thaspice de Grainville-la-Teinturière (1869), curé de Bierville (1873) et curé de Moulineaux (1875), il mourut dans cette dernière paroisse le 15 janvier 1879.
L'abbé Favarel était* chanoine honoraire de Gahors et d'Arras. Prédicateur éloquent, il avait un accent méridional, qui, dans notre pays, ne nuisit en rien à ses succès oratoires.
Le successeur de Tabbé Favarel au Collège du Havre fut l'abbé Lair (Louis-Ambroise), lequel fut nommé le 18 Mût 1859 (3).
(1) Archives municipales. — Rapports, reg. ÎH, fol. 368, 9 Juin 1S52.
(2) Ibid. — Rapporte, reg. IV, fol. 200, 13 Juillet 1853.
(3) Archives de l'Archevêché de Rouen.
LES AUMÔNIEB3 333
Né la 13 Septembre 1815 à Normanville, el ordonné prêtre le. 21 Décembre 1839, Tabbé Lair fut professeur à ^Institution ecclésiastique (ITvetot en 1840, aumônier au Collège du Havre en 1859, curé-doyen de la Sainte-Trinité de. Fécamp en 1871, curé d,e Saint- Ouen de Rouan en 1878, cbanoine titulaire en 1880, et vicaire général du Cardinal de Bonnecjbiose en 1882.
Les élèves de Tabbé Lair au Collège, puis au Lycée du Havre, ont gardé de leur aumônier le meilleur souvenir, et d'un autre côté nous pouvons afflnner, en connaissance de cause, que Tabbô Lair parla toujours en termes très affectueux du personnel et des élèves du Collège.
Au lendemain de la mort de Tabbé Lair, un administrateur aussi éclairé qu'impartial, Matinée, qui, soit comme sous-Pri;ncipal du Collège, soit comme certseur du Lycée, avait connu cet aumônier du mois de Septembre 1859 au mois de Février 1869, écrivait ces lignes que nous sommes heureux de reproduire ici :
tt Monsieur Lair, que j'ai eu Thonneur de voir à l'œuvre pendant une dizaine d'années au Collège-Lycée du Havre, m'a laissé, comme à tous ceux qui l'ont connu, parants, élèves, professeurs, administration à tous les degrés, le souvenir d'un prêtre qu'on ne saurait assez louer.
» Auprès des élèves, c'était un maître. Il connaissait à. fond l'âme des jeunes gens et son action sur eux était aussi heureuse que vivement sentie. Tous les jours il avait coutume de visiter rinflrmerie, et soit aux reclus, soit aux malades, il racontait des histoires édifiantes et curieuses, et chaque fois il les laissait réconfortés, plus contents de leur 'sort et surtout du zèle de leur excellent aumônier.
» Je n'ai pas rencontré, dans ma carrière, d'homme qui exerçât plus d'influence sur les jeunes gens, et cela sans effort apparent, avec une rare modefetie et une parfaite discrétion, qui doublait le prix des services qu'il rendait. »
Son esprit droit, sa vie sans bruit et sans incidents, et pardessus tout son indulgence, sa justice, sa bonté et sa prudence gagnèrent à l'abbé Lair, malgré un visage aju^tère, une allure lente et grave, un air sévère et froid, Taffection de tous ses élèves sans nuire à soii autoHté qui fut très grande.
Après douze ans passés au Collège-Lycée, l'abbé Lair fut nommé curé-doyen de Féoamp, le 27 Mai 1871. Le Proviseur dit Lycée, informant le Bureau de celte' nomination, résuma en termes émus
â34 LE COLLÈGE DU tlAVRE
et chaleureux lee services rendus au Collège par l'abbé Lair cl affirma qu'ils resteraient « gravés dans les plus chers souvenirs » des fonctionnaires du Lycée, des élèves et des familles.
« Monsieur Lair s'imposait, dit-il, au respect et en même temps à la pluô affectueuse sympathie de tous ceux qui ont eu le bonheur de le connaître, par une piété fervente et éclairée, par la dignité du caractère et par Tautorité de sa science.
» Les élèves, dont sa parole si élevée et si pénétrante fécondait les âmes, le vénéraient avec amour, il exerçait sur eux cette influence salutaire que la vertu avait imprimée sur son front.
» Les parents confiants en lui se plaisaient à déposer entre ses mains cette autorité morale qu'ils tiennent de Dieu et dont il usait avec une intelligence si rare et si profitable pour tous.
» Aussi le départ de ce prêtre éminent a-t-il été salué par lefe plus sympathiques regrets et par les larmes des élèves et des mères. »
Le Bureau s'associa à l'unanimité aux sentiments exprimés par le proviseur et décida qu'une ampliation de sa délibération serait envoyée à l'abbé Lair.
Plus tard, le 6 Juin 1889, l'archevêque de Rouen, Mgr Thomas, prenant la parole dans une circonstance solennelle, salua devant les autels le « digne Monsieur Lair », qu'il appela si heureusement « le patriarche de l'enseignement dans ce beau diocèse. »
Le même jour, dans une réunion amicale, on chansonna chacun des prêtres qui, en 1850, étaient professeurs à Tlnstitution d'Yvetot. Le couplet consacré à l'abbé Lair rappelait qu'il était K la douceur dans la force ».
SaluoniB un grave visage Dont le ton^ l'attitude et l'air Imposaient respect au moins sage.
J'ai nommé le digne abl)ô Lair.
A la règle jamais d'entorse ; C'était l'homme d'autorité, Immuable en sa gravité. Pourtant sous celte rude écorce.
Battait un cœur plein de bonté.
L'abbé Lair est mort à Rouen le 9 Décembre 1893 (1).
(1) On peut lire un très bd article sur l'abbé Lair« écrit par M. Tabbé Julien, supérieur de l'Institution Saint-Joseph du Havre, dans la Semaine Religieuse du diocèse de Rouen, numéro du 23 Décembre 1893.
LBë AUMÔNIÉRd àâ5
Nous devons encore une mention particulière aux deux hommes de talent et de bien que furent lefe pasteurs Poulain et Fontanès (1),
Poulain (Nicolas) naquit aux Mfdsnils, hameau dépendant de la commune de Lammerville (Seine-Inférieure), le 13 Janvier 1807< Il reçut sa première instruction chez Tinstituteur du village, puis alla à Dieppe où le pasteur Réville le prépara aux études universitaires. Il étudia la théologie à la Faculté de Genève (1829-1832)^ Nommé en 1832 pasteur à Nanteuil-les-Meaux (Seine-etrMarne), il ne fit dans cette ville qu'un séjour d*une année. Il fut ensuite pasteur au Havre de 1833 à 1856.
Pendant dix-huit ants, Poulain donna gratuitement les soins de son ministère aux éièvos protestants du Collège, sans réclamer le titre et les privilèges d'un aumônier. L'administration municipale voulut, &a 1860, récompenser son zèle et sa pleine abnégation en lui votant une indemnité annuelle de 200 francs. Poulain n'avait pas, en cette circonstance, à remercier la Municipalité de sa générosité. Une allocation lui était due depuis longtemps en vertu d'une circulaire du 12 Novembre 1835, signée Ouizot. En 1849, par exemple, douze élèves protestants étaient inscrits au cours de religion, et, disait la circulaire Guizot, « toutes les fois que le nom^ bre des élèves confiés aux soins d'un pasteur s'élèvera à dix, une indemnité lui sera allouée. »
Au commencement de Janvier 1856, le Gcmseil presbytéral de l'Eglise protestante du Havre fit savoir qu'un pareil état de choses ne devait pas se prolonger davantage. Le nombre des collégiens protestants était de quatre>-vingts environ ; c'était plus qu'il n'en fallait pour justifier l'institution offlcielle d'un aumônier. Et d'ailleurs le pasteur Poulain venait deux fois par semaine faire des conférences à ces enfants.
La réclamation du Conseil presbytéral était fort juste en principe, et il y avait lieu d'y faire droit ; mais la question ne fut pas encore décidée, le bruit du pnochain départ de Poulain la rendant moins urgente.
Le Bureau d'administration, en enregistrant la démission du pasteur Poulain à la fin de l'année scolaire 1855-1856, lui paya un
(1) Nous retnercions bien affectueusement M. le pas^leur Bur^hard, qui a bien voulu nous aider dans nos recherches sur ses deux illustres prédécesseurs au Collège et au Lycée du Havre.
}uste tribut de regrets^ « tant pour les soins couscienaiaux et désintéressés qu'il domiftit à rinstraotiofi des élèves q^e pour raffabilité et Tesprit de modération qu'il apportait dans Texercice de son ministère. »
Poulain fui pasteur à Lausanne (Suisse), de 1856 à 1862, et à Luneray (commune située à dix kilomètres envirdn de so« village natal], de 1862 & 1866.
En 1866, sa mauvaise santé le ramena en Suisse. A peu près rétabli, il vint à Paris où il fut rédacteur en chef d'un journal religieux intitulé YEspérance ; mais contraint bientftt de recourir à un elimat plus doux, il se retira & Genève ; il mourut dans cette ville le 3 Avril 1868.
Poulain^ qui étAit un érudit, fut un des premiers membres de la Société hevraise d'Etudes diverses. Quand il entra dans cette Société, aile ne comptait pas encore deux années d'existence (1).
Parmi les nombreuses brochures publiées par Poulain, il convient de citer tout particulièrement :
Qu'es^ee qu'un christianisme sans dogme et sans miracles ? ou Etude critique des doctrines d'une tkéoiogie prétendue nouvelle, (Strasbourg, Oraubitz, 1864, inwA2.)
Réponse à trois let^es de M. Albert Réville sur la nam^elle théologie. (Le Havre, impr. Lemale, 18ê4s in-^* de MU p.)
Votwore des missions évamgéliques au point de vue de la divinité du christianisme, (Paris, 1867, in-12;)
£t enfin, Mes adie%u^ à VE^Use protestante du Uavre^ discours prononcé dans le temple protestant du Haj^re le 29 Juin i8qâ. (La Havre, impr. H. Brindeau, 1^56» in-S"" de 24 p.)
FoNTANÈs (Ernest), né k Nîmes le 3i Janvier 1828, était fils du pasteur Ferdinand Fontanès, très estimé parmi les protestants libéraux. Excellent élève au Lycée de sa ville natale, iilraesl Footanés alla, ses humanités terminées, étudier la théologie à Genève et à Strasbourg, puis compléter ses conaaiss^ces théologiques en Allemagne aux Universités de Bonn, de Heidelberg et de Berlin.
11 débuta dans le ministère pastoral à Mpntpellier, où il fut suffragant du pasteur Michel de 1852 à 1856. Après ces quatre années de préparation, il fut nommé directement président du Consistoire du Havre.
(1) Ou consuttera avec Iruit la Nçiice sur la Soeié^ havraUê 4'BtudêM diverses par M. Pb. Barrey. Ce petit livre contient luKiicaliofi dee travaux présealés par Poulain & cette Société.
Le6 aumÀnierô â37
Quelques mois après son arrivée dans notre ville, FVontanès fut désigné par le Conseil presbytéral comme aumônier protestant du Collège en remplacement du pasteur Poulain.
Le Principal Dantu, dans Tespoir d'obtenir plus facilement un titre officiel pour Fontanès qui n'était d'abord qu'aumônier provisoire, commença par élever de 200 à 600 francs l'indemnité que touchait le pasteur attaché au Collège ; puis, en son nom et au nom du Bureau, il proposa Fontanès à l'Administration supérieure laquelle prit le temps de la réflexion ou du moins de la réponse, puisque Fontanès ne reçut qu'en Mai 1858 sa nomination d'aumônier protestant du Collège.
A la suite de difficultés que nous n'avons pu éclaircir, une décision ministérielle, qui ne semblait pas viser directement Fontanès, retira à ce pasteur, le 3 Août 1859, son litre d'aumônier. Cet arrêté produisit naturellement un fâcheux effet en ville. Les hommes influents du parti protestant se plaignirent amèrement d'une mesure conçue en ces termes : « En sa qualité de pasteur de l'église consistoriale du Havre, M. Fontanès est chargé de la direction religieuse des élèves protestants du Collège du Havre ». C'était maintenir la fonction, mais dénier le titre d'aumônier. Fontanès, en homme bien élevé, accueillit sans murmure, et môme avec respect, cette bizarre décision.
Fontanès resta quarante ans au Havre. En 1896, il se retira à Paris pour y soutenir, au sein môme de la capitale, la cause du protestantisme libéral. Il prit sa retraite en 1902 et mourut le / Juillet 1903.
Beaucoup de protestants n'ont pas accepté les idées de Fontanès, mais tous reconnaissent que c'était un noble caractère. Il était la sincérité même, tenant à ses idées sans doute, mais respectant aussi celles des autres. Ce qu'il ne pouvait supporter, et ce qu'il combattit à outrance, c'était la transaction, surtout en matière religieuse. Il n'a jamais su louvoyer. Sa ferme persistance dans ses opinions n'était pas chez lui de l'entêtement ; malgré les épreuves qu'elle lui attira, il est resté inébranlable. Il a eu le courage et la ténacité de ses convictions, et fut jusqu'à la fin profondément attaché à l'Eglise réformée de France.
Fontanès était un orateur de marque. Il avait pour lui les dons si précieux qui sont : la voix, la prononciation, le geste, l'attitude ; puis sa phrase était du plus pur français. Il méditait longuement ses sujets, recueillait quelques notes et montait en chaire
âdâ LE COLLÈGE DU HAVRE
ainsi préparé. Nous retrouvons en lui les qualités comme aussi les imperfections de Vimprovisateur.
Ses œuvres sont principalement défi Sermons et des Conférences. Nous en avons parcouru la liste dans le journal Le Protestant (1), qui contient un article nécrologique écrit par M. Jean Réville, professeur-adjoint à la Faculté de théologie protestante de Paris, et professeur à TEcole des Hautes-Etudes (2). Citons en particulier La Libération de la France (3), conférence patriotique faite au Havre le 21 Février 1872, sur la demande de la Municipalité, à Toccasion d'une grande souscription nationale ; puis Cinquante années de ministère (4), beau sermon d'adieu prêché en 1902 à Paris et au Havre.
Beuron, déjà régent sous Ferrus et de Lacombe, était un excellent professeur de mathématiques, & qui Dantu donna toujours les meilleures notes. Le succès de son enseignement, son exactitude consciencieuse, sa conduite pleine d'honorabilité et son bon esprit lui avaient acquis l'estime de ses chefs, des familles et des autorités de la Ville. De 1857 à 1861, il cumula les fonctions de régent avec celles de sous-bibliothécaire. Mais ayant eu l'honneur, qu'il rêvait, d'être agréé oomme bibliothécaire de la Ville, il abandonna l'enseignement en Octobre 1861, et garda la direction de la Bibliothèque municipale jusqu'en 1868.
Potier (Dominique-Edouard) était né à Caen le 25 Octobre 1827. Il fut d'abord maître élémentaire au Lycée de Caen, du 1" Janvier 1848 au 10 Octobre 1861 ; puis, devenu licencié es sciences mathématiques, on l'envoya (Octobre 1861) au Collège du Havre en qualité de régent de Mathématiques. A l'érection du Lycée, il fut chargé (22 Octobre 1866) du Cours, de Mathématiques élémentaires. C'est dans l'accomplissement de ces fonctions qu'il mourut le 7 Décembre 1890.
Potier était un professeur très estimé et très aimé. U savait, par une exposition simple et claire, se mettre à la portée des esprits les plus rebelles aux mathématiques, et sa patience n'eut d'égale que sa modestie. En un mot, il possédait les qualités les plus sérieuses de l'homme et du professeur. Quand il mourut, il venait,
(l) N- du 25 Juillet 1908.
i§t) Cf. auAsl A. Lechevalier. Bio-bibliographie des écrivains de Varrondisse' ment du Havre^ p. 79.
(3) Le Havre, F. Sanlallier et Cie, 1872, in-8'.
(4) Paris, Fiachbacher, 1902, ln-12.
en raison de ses longs et distingués services, d'être proposé pour la crcHX de la Légion d'honneur.
MiCHAUD, fils d'un notaire et frère d'un colonel de l'Empire, enseigna au Collège jusqu'en 1857. 11 se relira à Honfleur où il habite encore. Membre de la Société havraise d'Etudes diverses, Charles Michaud a communiqué à cette Société plusieurs études, notamment :
Recherche sur les résidxis de caié incendié (i).
Rapport sur le Mémoire du D' Derome^ intitulé : Notice sur la nouvelle moulière de VEure (2).
CouETiL (Paul-Jean), né le 23 Février 1823 à Saint-Martin-des- Champs (Manche), était bachelier es lettres, licencié es sciences mathématiques et es sciences physiques. Il fut successivement maître-adjoint à l'école normale primaire de Caen (23 Novembre 1843), régent de Mathématiques aux Collèges de SaintrLô (28 Septembre 1847) et de Bayeux (3 Avril 1849), professeur-adjoint au Lycée de Mâcon (24 Mars 1854), régent de Mathématiques au Collège d'Evreux (23 Octobre 1854), régent de physique au Collège du Havre (26 Novembre 1857), chargé du cours de physique au Lycée du Havre (22 Octobre 1865-Septembre 1886). Couëtil mourut au Havre, 9, impasse Dagobert, le 24 Mars 1891, n'ayant joui de sa retraite que pendant quatre ans et demi.
Ce professeur s'acquittait avec infiniment de zèle et de succès de ses fonctions, et, sous le rapport de l'enseignement comme sous le rapport de la discipline, Dantu n'eut qu'à se féliciter de ses excellents services.
Couëtil donna aussi des Cours à l'Ecole primaire supérieure et dans diverses institutions. Il enseigna donc, pendant plus de trente années, les sciences à boule la jeunesse havraise. D'une érudition très vaste et très sûre, sa parole c'était fort écoutée dans les différentes Sociétés de Sciences naturelles. Botaniste très distingué, il fonda au Lycée un Jardin botanique, qui n'existe plus, et en qualité de directeur du Bureau météorologique il fut correspondant de l'Observatoire de Paris.
Couétil organisait de temps en temps pour ses élèves d'utiles excursions à travers la campagne voisine du Havre, et, dans ces
(1) Recueil des publications de la Société havraise d Etudes diverses, 1853- 1854, p. 77.
(8) Ibid, p. Tft.
â4Û LE COLLÈGE DU HAVRE
charmantes promenades, le professeur, après avoir guidé ses collégiens dans la rechercha et la classification des plantes, leur ménageait) à Theure opportune, un goûter auquel tous faisaient grand honneur. Sous une écorce un peu rude battait un grand cœur.
Leduc (Charles), né le 30 Janvier 1823 à Bayeux (Calvados), fut d'abord professeur à Châtillon, près Paris, dans une pension (1846- 1847), puis surveillant général au Collège du Havre le l'' Novembre 1847. Reçu licencié es lettres le 22 Juillet 1848, il fut, par arrêté ministériel du 7 Novembre suivant, chargé, pendant Tannée scolaire 1848-1849, d'enseigner la philosophie à la place du Principal Dantu, qui put ainsi s'occuper uniquement de l'administration du Collège. Le maire du Havre, à la date du 20 Août, avait chaudement recommandé Leduc à la bienveillance du Recteur. C'est pour répondre à cette recommandation que le Recteur profita de l'occasion, qui s'offrit bientôt, de retenir ce fonctionnaire au Collège en lui confiant la suppléance de Dantu à la chaire de philosophie.
L'année scolaire terminée, Leduc se mit à la tète de rétablissement privé, tenu par Hapel sur le territoire d'Ingouville. Mais il fut un assez mauvaûs chef d'institution, et, au bout de quatre ans, Hapel n'eut d'autre ressource, pour sauver sa maison, que d'en reprendre provisoirement la direction.
BÉziERS (Alexandre-François), né à Petiville (Calvados) en 1818 et mort à Caen le 16 Mars 1879, avait fait ses études au Collège de Bayeux. Licencié es lettres, il était régent de Huitième à Lisieux quand un arrêté ministériel du 16 Octobre 1849 lui confia le Cours de philosophie au Collège du Havre, en remplacement de Leduc, démissionnaire. N'ayant pas d'élèves en 1856-1857, il fit cette année-là. la classe de Seconde. Il fut titulaire de sa chaire jusqu'en 1865. Les élèves manquant en philosophie pendant l'année 1865-1866, son successeur ne fut désigné qu'ein Septembre 1866.
Béziers est auteur de plusieurs travaux, parmi lesquels nous devons mentionner :
Les lectures de Madame de Sévigné et ses jugements littéraires. (Le Havre, impr. de A. Mignot, 1863, in-8* de 380 p.)
Les poésies de la famille. (Le Havre, impr. Costey frères, 1864, in-8* de 216 p.)
Histoire abrégée de la littératxire suivie d'une Histoire de la littérature française contemporaine. (Le Havre, 1868, in-8*), et une
LES RÉOENTS 841
dizaine d'articles publiés dans le Recueil de la Société havraise d*Etttdes diverses (1).
BoRÉLY était régent d'histoire au Havre depuis quatre ans, lorsque, le 7 Septembre 1848, le Bureau d'administration proposa, pour réduire le budget du Collège, la suppression de la chaire d'histoire. On ne voyait pas dans cette mesure d'inconvénient bien sensible, puisque chaque régent pouvait enseigner lui-même l'histoire à ses écoliers. Cette suppression n'était rien moins cependant que la destitution du régent d'histoire ; en effet, point d'allocation, point de classe, point de professeur.
Dès que Borély eut connaissance de cette délibération, il adressa ses observations à la Municipalité. Confier l'enseignement de l'histoire aux professeurs de grec et de latin, c'est, écrivait-il le 1" Octobre, annihiler cet enseignement, et la raison en est bien simple. Ces professeurs, quelque mérite qu'on leur reconnaisse, ont chacun sa spécialité. Tout le monde sait que, si l'histoire n'est pas enseignée par un professionnel, on n'a plus alors qu'une récitation, un exercice de mémoire tout à fait rebutant et par conséquent sans fruit pour le développement des idées et du jugement.
Borély se remua tant et si bien que sa chaire fut rétablie quelques jours après.
Pendant bien des années, Borély fut secrétaire général de la Société havraise d'Etudes diverses. En 1847, membre d'une commission choisie au sein de cette Société, il s'était occupé activement de signaler les causes de la triste situation où se trouvait alors le Collège et de rechercher les moyens d'y remédier. Il avait rédigé alors et proposé un plan de réorganisation qui avait été universellement approuvé, qu'un journal de la localité avait publié, el qui avait valu à son auteur les félicitations du Recteur, Des Michels.
Quand Dantu fut appelé à la direction du Collège, il s'appliqua aussitôt à réaliser les plans d'études et les programmes que Borély s'était empressé de mettre à sa disposition. C'est de là que sortit, d'après Borély, ce « système mixte de cours universitaires et d'enseignement commercial qui a fait la fortune du Collège. »
Il est certain que Borély était entièrement dévoué au Collège el à son Principal, et que, pour soutenir l'administration, il écrivit
(1) A. Lechevalier, Bio-bibliographie des écrivains de V Arrondissement du Havre, p. 24.
de 1849 à 1860 plus de quarante articles dans les journaux de la Ville. Pendant ces mêmes années, il prolessa gratuitement (quatre heures par semaine) un cours de géographie commerciale qui lui coûta d'immenses recherches ; enseignement tout particulier au Collège du Havre, et le plus propre à ouvrir Tesprit des jeunes gens aux choses du commerce.
Au mois d'Avril 1860, Borély apprit que le Recteur le destinait à la direction du Collège de Dieppe ; mais, malgré de bienveillantes promesses, aucune décision ne fut prise pour Tinstanl. Un an après (Septembre 1861), Borély était nommé Principal du Collège de Lannion. En 1862, il alla créer le Collège de Morlaix. Il fut
Bjrély
ensuite Principal des Collèges de Haguenau (20 Septembre 1865-
9 Septembre 1867), de Verdun (Septembre 1867-22 Décembre 1868), et de Dieppe (10 Juillet 1869-1872). Nommé Principal honoraire le
10 Juin 1872, il vint jouir de sa retraite au Havre. Il remplaça, en 1877, J.-B. Dorey comme conservateur des Archives de la Ville, et mourut le 2 Février 1887.
Borély a beaucoup écrit. Le Recueil de la Société havraise d'Etudes diverses renferme de nombreux et intéressants articles dûs à sa plume (1). Mais son plus important travail est une Histoire
(1) Cf. Notice sur la Société havraise dC Etudes diverses, par Ph. Barrey ; puis la Bibliographie méthodique et la Bio-bibliographie, de A. Lechevalier.
de la Ville du Havre et de son ancien gouvernement, en trois volumes in-8^ (1), qui reçut de ses concitoyens le meilleur accueil. Encouragé à continuer son» œuvre, il publia deux nouveaux volumes sous ce titre : Histoire de la Ville du Havre de 1789 à 1815, suivie d'un mémorial des principaux incidents qui se sorU produits au sein de la cité depuis iSiô iusqu'à nos jours (2).
Ces cinq volumes, écrits dans un style facile, agréable et parfais entraînant, sont un petit monument historique élevé à la gloire du Havre. Malheureusement, Tauteur n'indique pas les sources où il a puisé ses renBeigne:ments. Borély a eu le grand tort d'essayer, à Taide de ses souvenirs, de combler les lacunes des Archives. Il a ainsi introduit dans son ouvrage quelques erreurs et aussi des appréciations trop personnelles, qui ne concordent pas toujours avec la vérité historique.
Au physique, Borély était petit de taille, large d'épaules et florissant de santé avec sa lèvre rase. Il portait des lunettes, « lunettes en or ». Ses cheveux bouclés tombaient de belle façon sur le col de son pardessus. Il avait la voix sonore, chantante, et « Taccent », Taccent méridional.
Vallin (Etienne-Michel-Charles), né au Havre le 12 Novembre 1829, n'avait pas en<y)re huit ans quand ses parents le présentèrent au Principal Perrus, le 2 Octobre 1837. Le jeune Charles Vallin ne quitta le Collège du Havre, en Mars 1843, que pour bénéficier de la bourse qu'il venait d'obtenir au Concours et que la Ville du Havre entretenait au Collège royal de Rouen en faveur de ses enfants les plus studieux et les mieux doués pour l'étude. Il était donc encore des nôtres pendant les six années qu'il passa à Rouen et où il se distingua par son intelligence, son travail, sa conduite et ses succès. Ses études achevées, Charles Vallin revint au Havre et prit rang immédiatement parmi les fonctionnaires du Collège.
Maître d'études (Octobre 1849), chargé de la classe primaire (Janvier 1850), surveillant général (Octobre 1852), régent des cours spéciaux (Octobre 1855), régent de Sixième (23 Octobre 1857), régent d'histoire (4 Octobre 1861), chargé du cours d'histoire au Lycée (22 Octobre 1886), reçu en 1866 avec le numéro 2 à l'agrégation d'hisloire, M. Vallin fut titulaire de sa chaire au Lycée, du 11 Septembre 1866 au mois d'Août 1894.
(1) Le Havre, Lenellelier, 1880-1881, 3 vol. gr. in-8*.
(2) Ibid., 1884-1885, 2 vol. gr. in-8\
De sa tendre enfance jusqu'au jour où il prit sa retraite, c'està-dire pendant cinquante-sept ans, Charles Vallin a vécu de la vie de notre établissement secondaire. On conçoit donc que la croix de la Légion d'honneur soit venue récompenser ses longs ei excellents services (1).
L'enseignement de M. Vallin était aussi soigné que vaste et varié. Ses élèves admiraient l'incomparable mémoire du maître, et l'étendue de ses connaissances en histoire tant générale que particulière et locale. Mais n'oublions pas que M. Vallin est bien vivant, et qu'il ne nous autorisera que dans bon nombre d'années à faire son oraison funèbre.
Dbquen, déjà attaché au Oollège sous la précédente administration, était un excellent fonctionnaire. Au rapport de Dantu, il professait la rhétorique avec beaucoup de distinction, et, par l'amour du travail qu'il sut inspirer à ses élèves et par les succès dont ils lui furent redevables, il rendit de très grands services au Collège du Havre. En 1855-1856, faute d'élèves en Rhétorique, il fit la Seconde pendant la maladie de Crevel, régent de celle classe. Le 26 Septembre 1864, il obtint un congé d'inactivité pour raison de santé. En 1876, ne se faisant aucune illusion sur la gravité du mal dont il souffrait depuis plusieurs années, il voulut revoir sa vieille mère et sa ville natale. Il partit pour Amiens et c'est là qu il mourut le 13 Décembre 1876.
Le Renard (Félix-Henri), né le 5 Septembre 1833 à Langonnel (Morbihan), fut successivement aspirant répétiteur au Lycée d'Angers (23 Novembre 1853), élève de l'Ecole normale (1* Novembre 1854), chargé de la classe de Troisième d'abord à Napoléonville (2) (3 Octobre 1857), puis au Lycée d'Angers (22 Décembre 1858), chargé de la classe de Quatrième aux Lycées d'Orléans (5 Octobre 1859) et de Brest (11 Novembre 1861). Agrégé des lettres en 1862, il fut professeur de Seconde au Lycée de Saint-Brieuc (20 Octobre 1862), de Rhétorique au Collège du Havre( 26 Septembre 1864) et au Lycée du Havre (22 Octobre 1865). Il quitta l'enseignement le 20 Août 1868 pour entrer dans l'administration des Lycées avec le titre de censeur à Rennes, puis à Tours (26 Septembre 1871). Il fut proviseur des Lycées de La Rochelle (12 Décembre 1874), de Mon-
(1) On peut lire, dans le Rapport présenté, le 9 Novembre 1S94, à TAssembléc générale de TAssociation des Anciens Elèves du Collège et du Lycée, un élogieux résumé de la carrière 6i bien remplie du professeur Qi. Vallin.
(2) Aujourd'hui Pontivy.
LES RfoENTS S4S
tauban (i« Août 1878), de Lorient (13 Septembre 1879) et de Rennes (18 Avril 1884). Chevalier de la Légion d'honneur en 1800, Le Renard prit sa retraite le 17 Octobre 1891.
Crevel, déjà chargé de la Seconde sous le Principal de Lacombe, continua ses services sous l'adminisiration de Dantu ; mais sa santé très mauvaise Tempêcha bien souvent de remplir, comme il l'eût désiré, ses fonctions au Collège. En 1854-1865 et 1855-1856, les élèves manquant en Seconde, il flt une classe de français au Cours commercial. En 1855-1856 et 1866-1S57, il fut suppléé par Dequen et Béziers. Crevel se retira en Août 1856, quoique n'ayant que cinquante-trois ans d'ftge et vingt-deux années de services avec nomination ministérielle.
Boucheron fut régent de Troisième de 1848 à Octobre 1857, et de Seconde jusqu'en Septembre 1863. Il dirigea ensuite le Collège de Mortain et celui de Bernay (24 Septembre 1866), où il dut se charger en môme temps des classes de Rhétorique et de Seconde (14 Décembre 1867). Nommé Principal du Collège d'Avranches le
23 Mars 1872, il fut admis à la retraite le 8 Avril de l'année suivante.
Remy (Marie-Charles-Victor), né le 19 Mai 1836 à Schlestadt (Bas-Rhin), fut élève de l'Ecole normale (1855), chargé de la Quati-ième aux Lycées de Vendôme (4 Octobre ig58), de Saint-Omer (6 Octobre 1859), de MouHns (26 Février 1860). Agrégé de grammaire (1860) et des lettres (1862), il fut professeur de Seconde au Lycée de Rennes (5 Octobre 1862), au Collège du Havre (30 Septembre 1863), et au Lycée du Havre (22 Octobre 1865). Après un long tt glorieux professorat de trente-deux ans dans notre ville, il fut admis à la retraite le 1*' Octobre 1897. Il est mort à Ronfleur le
24 Février 1903.
Remy est le premier agrégé qui fut pourvu d'une chaire au Collège du Havre. Aussi fit-on alors remarquer avec soin que, eu nommant un professeur agrégé avant la complète «organisation du Lycée, le Ministre donnait à l'établissement une preuve de sa sollicitude. Il avait l'intention d'envoyer désormais au Havre des fonctionnaires remplissant les conditions imposées aux professeurs des Lycées, afin d'éviter de nouveaux changements à l'époque de la transformation définitive du Collège.
Remy fut un des professeurs les plus sympathiques et les plus distingués qui passèrent par le Collège du Havre. Sa modestie
340 LE GOLLtoS OU HAVRE
l'empêcha d'occuper les hautes situations qui lui semblaient réservées. L^étendue de son savoir, la dignité de sa tenue et son amour du deyoîT lui assurèrent toujours le respect, Tattention et Taflection de ses élèves. Retiré à Honfleur, il écrivait, trois mois à peine avant sa mort, au secrétaire de TAssociation des anciens élèves ou Collège et du Lycée : « Que ne suis-je encore au Havre ! J'aurais pu vous dire de vive voix combien je suis attaché à notre vieux Lycée ! »
BiLLOTiu (Jean-Nicolas), né le 8 Avril 1815 à Montesson (Seineet-Oise) était bachelier es lettres. Ses études terminées, il débuta dans renseignement libre à Versailles, puis devint précepteur à Saint-Oermain-en-Laye des deux neveux de Villemain, alors Ministre de rinstruction publique. En 1845, Billotte fut nommé régent de Sixième au Collège de Valognes, puis régent de la même classe au Collège de Bayeux. Il fut appelé le 25 Septembre 1849 à la chaire de Quatrième au Collège du Havre. C'était, au témoignage de Danlu, un professeur de Quatrième plutôt médiocre ; ce qui ne 1 empêcha pas d'être régent de Troisième du 24 Octobre 1857 au 30 Septembre 1864. A cette date on lui confia la Cinquième ; puis, le 6 Décembre 1865, une nouvelle nomination le chargea de la Cinquième au Lycée, classe qu'il conserva jusqu'à l'époque de sa retraite (Sept. 1877). Billotte est mort au Havre le 12 Juillet 1^93.
Laurent (Pierre-Félix), né à Paris le 4 Juin 1842, est agrégé de grammaire. Elève de TEcole normale (i" Novembre 1861), il fut chargé de la Troisième au Collège du Havre le 27 Septembre 186%, puis nommé titulaire de la même classe au Lycée du Havre le iZ Octobre 1865. En Octobre 1877, il demanda un congé. Il devint alors précepteur du duc d'Orléans à Eu pendant six ans environ, puis professeur de Quatrième au Collège Stanislas, à Paris. Aujourd'hui, M. Laurent est sous-directeur de ce Collège.
LouvEL (Eugène), né à Granville, fut maître d'études au Lycée de Rouen, régent de Cinquième au Collège de Dieppe, puis, de 1858 à 1863, régent de la même classe au Collège du Havre. Louvel devint Principal des Collèges de Séez, de Treignac (8 Octobre 1869) et de Bernay (23 Mars 1872). Il prit sa retraite le 27 juillet 1877 et se retira à Rouen, où il mourut vers 1890. 11 était frère de l'abbé Louvel, qui fut successivement aumônier du Collège royal de Rouen et Principal des Collèges de Dieppe et de Bernay, et gendre de Dainez, ancien proviseur du Lycée de Rouen et recteur de l'Ârdècbe.
LES RiOENTS S47
Vastigar (Adolphe-Pierre), né à Cambrai le 18 Janvier 1831, fut régent au Collège de Douai, puis au Collège du Havre régent de Quatrième pendant Tannée scolaire 1863-1864, à la fin de laquelle il fut reçu premier à ragrégatioîi de grammaire. Il fut alors nommé professeur de Cinquième à Douai (26 Septembre 1864), censeur aux Lycées de Laval (22 Avril 1868) et de Douai (29 Janvier 1870), principal du Collège de Valenciennes (13 Septembre 1873), proviseur des Lycées de Cahors (11 Septembre 1878) et de Rodez (12 Août 1881), professeur de Cinquième (sur sa demande) au Lycée Condorcet (24 Septembre 1884). Vasticar, qui est chevalier de la Légion d'honneur, est aujourd'hui retraité.
Ploucaud (Jean-Jacques-Numa), naquit à Tulle le 8 Juin 1815. 11 fut successivement régent au Collège de Tulle, maître élémentaire au Collège communal, puis royal, d'Alençon (2 Octobre 1840), en disponibilité (13 Juin 1853), commis de Tinspection académique à Alençon (25 Septembre 1854), agrégé de grammaire en 1869, professeur de Cinquième et de Quatrième au Lycée d' Alençon (5 Octobre 1859), professeur de Quatrième au Collège du Havre (26 Septembre 1864), censeur aux Lycées de Rennes (31 Août 1866), dEvreux (20 Août 1868) et de Nantes (15 Septembi-e 1873). Floucaud prit sa retraite le 2 Août 1876.
Verdier (Urbain), bachelier es lettres, était le filleul de M. de Parieu, président du Conseil d'Etat, qui fut Ministre de Tlnstruction publique d'Octobre 1849 à Janvier 1851. Pendant quelques mois de Tannée 1851, Verdier fut régent de Sixième au Collège du Havre ; mais le 30 Septembre de cette même année, il remplaça Rousselle en Cinquième. Il quitta le Havre en Septembre 1857. Quand il mourut, Verdier professait la Quatrième au Collège Stanislas, à Paris.
Blanchard (Joseph), né le 16 Juillet 1819 à Rennes-en-Grenouilles (Mayenne), se maria à Saint-LÔ le 13 Mai 1846. Il était régent de Septième au Collège de cette ville, quand, le 30 Septembre 1851, il fut appelé au Havre comme régent de Sixième en remplacement de Verdier. Il resta attaché au Collège du Havre comme régent de Sixième, puis de Cinquième, de 1851 à 1864. Le 30 Septembre 1864, il demanda un congé d'inactivité jusqu'à la fin de l'année scolaire 1864-1866, et quitta ensuite l'Université. Blanchard, qui avait un flls lieutenant de vaisseau, est mort le 17 Septembre 1903 au Havre, 25, rue Mare.
346 LE COUiSGE DU HAVRE
Hue était régent de Sixième quand il fut mis en congé le 8 Octobre 1850. Son successeur fut installé dès le 15 Octobre.
Lancelevée (Plorentin-Donat) naquit à Charleval (Eure) le 10 Février 1827. Maître d'études au Collège de Dieppe (Octobre 1853), maître répétiteur au Lycée de Caen (Octobre 1854), maître élémentaire au Mans (Octobre 1858), régent de Sixième au Collège du Havre (Octobre 1861), régent de troisième au Collège de Compiègne (Octobre 1863), chargé de la Sixième au Lycée d'Alençoa (26 Octobre 1864), il fut agrégé de grammaire en 1874. A ce titre, il fut nommé professeur de Sixième aux Lycées d'Amiens (Octobre 1875) et du Havre (28 Septembre 1880). Il professa la Cinquième en notre Lycée, du 21 Mars 1882 au mois d'Août 1888. Lancelevée s'est retiré à Charleval, où il habite encore.
Delboulle (Achille), né le 16 Juin 1834 à Grandcourt (Seine- Inférieure), est licencié es lettres. Après avoir été maître d'études au Collège du Havre (20 Mai 1856), au Lycée d'Amiens (15 Mars 1858), au Lycée Napoléon (l*' Avril 1860), maître répétiteur chargé de la Quatrième au Lycée de Reims (8 Octobre 1860), chargé de la Sixième au Lycée de Rouen (9 Octobre 1861), régent de Sixième au Collège du Havre (19 Octobre 1863), chargé de la Sixième (22 Octobre 1865), puis de la Troisième au Lycée du Havre (3 Novembre 1877), M. Delboulle se retira dans son pays natal le 8 Septembre 1890.
M. Delboulle est un travailleur, qui s'est surtout spécialisé sur la vieille langue française. Il a collaboré à la Revue critique d'histoire et de littérature, à la Romania, à la Revue d'histoire littéraire de la France, et, de 1881 à 1895, au Dictionnaire de rancienne langue française, par F. Godefroy. Il a, en outre, publié plusieurs travaux importants :
Glossaire de la vallée d'Y ères pour servir à Vintelligence du dialecte haut normand et à rhistoire de la vieille langue française. — Supplément au Glossaire. (Le Havre, J. Brenier et Cie, 1876- 1877, in-8'' de 344 p. et 49 p. — Mention de l'Académie française).
Matériaux pour servir à V histoire du français. (Paris, 1880. in-8* de 314 p.)
JoinvUle. Histoire de Saint-Louis. Edition classique. (Paris, 1883, in-12 de 286 p.)
Anacréon et les poèmes anacréontiques^ texte grec avec les ti*aduclions et imitations des poètes du XVP siècle. (Le Havre^ A. Lemale, 1891, in-12 de 182 p.)
LES RÉGENtS 340
Livre de VlnstihUion de la femme chresiienne tant en son enfance que mariage et viduité^ aussi de Foffice du mary ; nague* res composez en latin par Jehan Loys Vives et nouvellement traduici en langue françoyse par Pierre de Changy, avec préface et glossaire. (Le Havre, A. Lemale, 1889, in-12 de 392 p.)
Les fables de La Fontaine, additions à Vhistorique des fables^ comparaisons^ rapprochements. (Paris, 1893, in-18 de 174 p.)
Spry tenta Tagrégation d'anglais et fut déclaré admissible ; mais, peu de temps après, cette agrégation fut supprimée (1). Spry fut chargé du cours d'anglais au Lycée le 7 Novembre 1865, et cessa ses fonctions le 31 Octobre 1871, après trente-six ans d'enseignement dans le même établissement. Il prit sa retraite et mourut, le 7 Juillet 1893, rue Saint-Thibault, 29. Ce professeur faisait sa classe très consciencieusement et très sérieusement ; par malheur, ses élèves, ne sachant pas apprécier de la même façon les beautés littéraires de la langue anglaise, y appcMrtaient moins de soin et moins d'application. Spry cependant, « dévoué, bon, attaché k ses élèves, oubliait & l'instant leur légèreté, s'il les* voyait prêter une oreille un peu attentive aux leçons qu'il s'ingéniait à rendre intéressantes. »
HoRST enseignait depuis dix ans la langue allemande au Collège, lorsque Dantu y arriva comme Principal. On le conserva, quoiqu'il fût bien au-dessous de sa tâche. Â soixante-quatorze ans, il voulait encore enseigner ; mais vraiment il en était bien incapable. La santé et l'autorité lui manquaient.
N'ayant pas reçu de nomination ministérielle comme professeur au Collège, il n'avait aucun droit à une pension de l'Etat. Une retenue sans doute avait été exercée par la Ville sur son traitement pendant plusieurs années ; mais la caisse des retraites, créée pour les employés de la Municipalité, n'existait plus depuis le 31 Janvier 1849. Cependant, dans plusieurs circonstances analogues, la Ville étant venue en aide à ses fonctionnaires, le Conseil municipal voulut bien, encore une fois, délibérer le 2 Mai 1860 qu'un secours annuel de 400 francs serait alloué à Horst, à partir du 1*' Janvier 1861.
(1) L'agrégation des langues vivantos fut instituée en 1S48 (arrêté du 11 Octobre) et réglementée en 1849 (arrêté du 10 Février). Supprimée par Tariicle 7 du d^rrel du 10 Avril 1851?, elle ne fut rétablie qu'en 186i (décret du 27 Novembre) et réglementée par les arrêtés des 5 Décembre 1864 et 27 Février 1869,
â50 LE COLLÈGE DU HAVRE
Horst cessa ses fonctions au Collège le i*' Juin 1860, et alla habiter Graville où il mourut.
Eberling (Charles-Michel), né en 1810, à Costenbach (Allemagne), fut, sur la proposition du Recteur, chargé du Cours d'allemand au Collège du Havre par arrêté ministériel du 24 Mai 1860. 11 entra en fonctions dès le 1" Juin. Au mois de Juin 1865, ce professeur demanda à faire partie du personnel du nouveau Lycée. Le maire, appuyé d'ailleurs par le RecWir, afflrma au Ministre de rinstniction publique que le maintien de Eberling serait vu par tous avec une véritable satisfaction. Mais le Ministre Duniy répondit que les rapports ofAciels avaient jusqu'ici représenté Eberling comme un maître peu expérim^iité en matière de discipline, et n'obtenant par suite, malgré son zèle et son instruction, que des résultats insuffisants. S'il veut être maintenu, il aura à prendre plus d'autorité sur ses élèves, et à montrer qu'il est en état de diriger une classe, m Je désire, ajoutait le Ministre, que les nouveaux rapporta dont il sera l'objet, signalent, à ce point de vue, une amélioration qui me permette de seconder vos vues bienveillantes à son égard. » Mais sans attendre ces « nouveaux rapports », le Ministre nomma, le 7 Novembre 1865, Schaum professeur d'allemand au Lycée du Havre.
Au 13 Juin et en Août 1866, le maire, sans se rebuter, recommanda encore au Ministre Eberling, qui « a laissé les meilleurs souvenirs ». Dans son poste, « il a su mériter l'estime de ses supérieurs et celle des familles ». Son diplôme de bachelier a été reconnu équivalent à un diplôme français. Pour le cas où remploi de professeur de langue allemande au Lycée impénal du Havre deviendrait vacant, il réclamait ce poste pour son protégé. Mais ce fut peine inutile ; Eberling ne fut jamais attaché, à aucun litre, au Lycée.
Eberling mourut au Havre, le 26 Mai 1884, en son domicile, 118, rue d'Etretat.
ToRRACHiNi. En Septembre 1848, le Bureau d'administration jugea qu'on pouvait, sans inconvénient, supprimer le Cours d'italien au Collège ; mais il attendit encore pour décider cette suppression. Son hésitation disparut quand, l'année suivante, on vit seulement deux élèves suivre le cours de Torrachini. Néanmoins, en considération de la position presque nécessiteuse de ce professeur, on lui alloua un secours de 300 francs. Torrachini resta encore un an au Collège.
t£S HÉGENTâ 351
Lazaro (Joseph-Pierre), né le 31 Janvier 1812 à Merquita de Cosoos, province d'Aragon (Espace), était au Havre chancelier du consulat mexicain. Il donna des leçons de langue espagnole au Collège depuis 1851 jusqu'en 1868. Il était « propriétaire », quand il mourut, le 18 Novembre 1868, rue des Ormeaux, 4, au Havre.
OcHARD enseigna le dessin au Collège, de 1829 à 1870. Nous n'avons que peu de détails à ajouter à la petite note que, dans un précédent chapitre, nous avons consacrée à ce professeur (1). Ochard ayant donné ses leçons non seulement au Collège, mais encore dans les principales institutions de la Ville, une grande notoriété s'était attachée à son nom. Son grand cœur, sa loyauté, l'aménité de son caractère, le charme de ses rapports, avaient grandi encore sa popularité. Ses nomibreux élèves vénérèrent toujours en lui le maître, aussi habile que patient, qui sut éveiller chez la plupart d'entre eux le sentiment artistique.
Ochard mourut au Havre le 16 Septembre 1870 en son domicile, 1, rue de La Mailleraye. Il était « grand, chauve, rose, avec une belle barbe blanche en éventail ».
Philippe (Eléonore), né à Evreux le 25 Avril 1798, était instituteur breveté du degré supérieur. Il entra au Collège du Havre, en 1832, comme maître d'écriture et y demeura jusqu'à sa mort, le 15 Juillet 1877.
Troussel (Léon) naquit au Havre le 16 Novembre 1829. 11 fut envoyé à Londres, jeûna encore, comme élève chancelier d'ambassade.
Hamon (Yves), licencié es lettres, fut professeur aux Cours spéciaux du Collège du Havre de 1851 à 1858, puis régent de Huitième pendant près de deux années. En Avril 1860, il fut nommé au Collège de Dieppe, malgré les démarches que fit Dantu pour le conserver. HanK>n eut un frère qui fut préfet de Rennes en 1848. Il est mort au Lycée de Tarbes en qualité de surveillant général chargé des fonctions de censeur.
Lucas (Paul), né à Valognes, fit ses études au Lycée de Rouen. En 1848, on le chargea de la classe préparatoire du Collège du Havre, pute il fut maître d'études délégué à l'enseignement commercial. Licencié es lettres,, il fut régent aux Collèges de Blois et de Guéret, chargé de cours au Lycée d'Evreux. Agrégé, il professa
\l) Voir T)lus haut, chap. Il, p. 804-206.
la Quatrième au Lycée de Rouen. C'est dans cette ville qu'il est mort. Il eut un frère, Hippolyle Lucas, qui fut général de division. Une rue du Havre porte le nom de Paul Lucas.
Havard, né à Villedieu (Manche), fut maître d'études et régent de Huitième au Collège du Havre de 1852 à 1858. Licencié es lettres, il devint chargé de Cours au Collège Sainte-Barbe, à Paris.
Bertheloot (Adolphe) était de Saint-Omer. Tl fnf successivement au Collège du Havre maître d'études, régent de Huitième (1850-1852) et surveillant général. Il devint « lecteur » dans une famille. 11 entra ensuite dans les Chemins de fer, et mourut chef de division au Chemin de fer de l'Est.
RouLAND (Constant-René-Julien), né le 25 Décembre 1830, à BeaunK)nt (Sarthe), était bachelier es lettres. 11 fit toute sa carrière au Collège et au Lycée du Havre. Rouland, dit Roland, fut maître d'études en 1850, régent des cours spéciaux (2 Mars 1858), régent de Huitième (Octobre 1861), délégué en Septième le 20 Mars 1862, chargé de la Septième au Lycée le 15 Novembre 1865, et prit ra retraite le 18 Décembre 1880. Il mourut au Havre quelques mois après, le 3 Mars 1881.
PiGHARD (Aldric), né à Beslon (Manche) était bachelier es lettres. Il fut au Collège du Havre malti^ d'études et en même temps régent des Cours commerciaux. Reçu inspecteur primaire, il fut envoyé à Sartène (Corse). Il devint secrétaire, puis chef de bureau au Ministère de l'Instruction publique. Il est mort secrétaire de la Faculté de droit de Paris.
GESfET (Victor), né à Montebourg (Manche) en Octobre 1835, mourut au Havre le 6 Février 1891. Il quitta l'enseignement pour le oommerce. Son ûls Léon, qui fit toutes ses études en notice Lycée et y remplit actuellement les fonctions de répétiteur, a remporté en 1893 le Prix d'Honneur de Rhétorique.
Destouches (Auguste-Joseph-Marie) naquît le 2 Février 1835 à Vannes (Morbihan). Elevé au Havre, il y commença et y acheva ses études au Collège avec les plus grands succès. Entre temps, il fut absent du Havre environ trois ans, ce qui exp^lique pourquoi son nom ne figure pas au Palmarès dans cet intervalle.
Après de brillants examens, Destouclies entra au Collège du Havre, en Octobre 1854, en qualité de maître d'études. Il fut ensuite maître élémentaire à Rennes^ et secrétaire particulier du préfet
d'Ule-et-Vilaine. En Décenibre 1860, il revint au Havre^ où il donna, à la place de Matinée, renseignement littéraire aux élèves de la Troisième année des Cours spéciaux. Reçu agrégé de renseigne* méat spécial (n"" 2) en Septembre 1867, il garda sa chaire au Lycée et mourui dans l'exercice de ses fonctions le 1"" Janvier 1874.
Havrais par le cœur et par Téducatâon, Destouches s'était voué avec enthousiasme à cette instruction qui lui avait fourni ses premiers succès. Lauréat de plusieurs concours littéraires, il eut aussi la joie de voir ses élèves lui faire honneur, él Fun d'eux, Eugène Ramelot, très connu au Havre par son affabilité et sa haute compétence en affaires commerciales, remporta en « Histoire et Morale » le deuxième prix au Concours général de 1873 entre les Lycées et Collèges de France.
Leroyer (Ferdinand), né le 5 Août 1835 à Sainte-Cécile (Manche), instituteur primaire et bachelier es lettres, fut maître adjoint dans l'enseignement primaire (1855), maître d'études au Collège du Havre (Octobre 1859), régent des cours d'enseignement spécial (Août 1862), et démissionna le 8 Avril 1866.
Miusois (Jules), né le 22 Mars 1829 à Clastres (Aisne), fut élevé au Havre chez son oncle M. Herpin, 12, rue de la Comédie. 11 fit de brillantes études en notre Collège, où il entra en Sixième au mois d'Octobre 1842. 11 devint ensuite maître d'études, et fut attaché, de 1851 à 1858, aux cours spéciaux du Collège du Havre, soit comme régent de français, soit comme régent d'histoire et de géographie commerciales. Jules Magois est mort professeur de Seconde au Collège de Falaise.
BuYS, chargé de divers cours au Collège du Havre de 1836 à 1851, fut nommé régent de Mathématiques le 2 Février 1861. Buys est mort au Havre le 10 mai 1867.
DuMAx (Pierre-Alfred), né à Vitry-le-François (Marne) le 30 Mai 1835, fut maître d'études au Collège du Havre. 11 devint Principal du Collège de Condé-sur-Noireau, et vit aujourd'hui retiré à Honfleur.
BoissEL professa la classe de Septième jusqu'en 1862. 11 demeura encoi*e attaché au Collège, mais sans ftonctions bien déterminées. Le % Septembre 1864, un congé d'inactivité lui fut accordé jusqu'à la fin de l'année 1864-1865. Il prit ensuite sa retraite, et mourut le 26 Mars 1868, au Havre, 12, rue des Remparts.
T« il
Orandguillot (Alcide), né à Blosseville-Bonsecours près Rouen vers 1828, fut un élève distingué du Collège royal de Rouen. Au Collège du Havre, il fut régent de Huitième en 1849 et surveillant général. En quittant le Havre, il fut précepteur de Mme de Momy en Russie. Rentré en France, il devint conseiller d'Etat et administrateur-séquestre des Journaux de Mirés. Il est mort Agé de cinquante ans à peine.
Grould (Achille), né le 19 Août 1838 à SaintrMartin d*Aubigny (Manche), était bachelier es lettres. 11 fut répétiteur à Brest (Décembre 1858-28 Février 1862), et ensuite chargé de la Huitième au Collège et au Lycée du Havre (20 Mars 1862-Avril 1882). 11 fut rédacteur au Ministère de Tlnstruction publique, après avoir été adjoint au maire du Havre, M. Jules Siegfried.
Magois (Emile), né le 13 Février 1828 à Clastres (Aisne) et frère de Jules Magois, était instituteur breveté du degré supérieur. D'abord instituteur-adjoint dans les pensionnats de Noyon, Chauny et Saint-Quentin, de Décembre 1846 à 1852, il fut ensuite, pendant trente-neuf ans, régent de la classe primaire au Collège du Havre (i- Octobre 18B2— !•' Octobre 1891). Il prit sa retraite au Havre et devint adjoint au maire. Emile Magois est mort à Paris au mois de Mai 1902.
AuxiLioN (François-Louis), maître d*armes, naquit à Saint- Jean de Caen le 23 Février 1788. Marié à Dunkerque (Nord) eu 1819, il vint au Havre presque aussitôt. Vers 1820, Auxilion ouvrit dans notre Ville sa première salle d'armes. Il fit de bons élèves et donna des assauts qui étaient très suivis.
En 1830, il fut adjudant de la Garde nationale. Très populaire, ce maître d'armes n'était désigné par ses concitoyens que sous le nom de a père Auxilion ».
BouguBTOT (Clément-lsid(M*e) naquit^ le 28 Février 1830, à Notre-Dame de Bliquetuit (Seine-Inférieure). Ancien soldat au 43* de ligne, Bouquetot entra dans le oorps des pompiers de Paris en 1852 et dans celui du Havre en 1856. Il se signala, dans divers incendies, par plusieurs actes de dévouement.
En 1858, Bouquetot créa rue Piedfort une école de gymna*^tique, qu'il transporta, dix ans plus tard, rue Sery. Il ne fut pas dans notre ville le premier professeur de gymnastique ; mais il y créa une Société qui fut peulrôtre la première établie en France pour enfants. Il fonda plusieurs Sociétés de gymnastique au
Havre, et coopéra à l'organisation de celles de Montivilliers, de Harfleur, de Pécamp, de Honfleur et de PonlrAudemer.
Capitaine de la Garde nationale en 1870, puis, en 1880, inspecteur de gymnastique dans les écoles communales du Havre, toute Id population rappelait familièrement « le père Bouquetot ». Traits accentués, voix rude, mais cœur excellent, son plus grand bonheur étaii de se dévouer pour les siens et pour ses amis.
Bouquetot
Quand il mourut, le 13 Mars 1894, son cercueil fut porté à bras, du domicile mortuaire à Téglise, par les gymnastes de la Société VAvenir. Les paroles, qui furent alors prononcées sur sa tombe, rappelèrent éloquemment Tœuvre que « le père Bouquetot » avait accomplie pendant trente-huit ans passés au Havre.
Ce n'est pas avec sa vareuse de flanelle bleue, si connue de tous les Havrais, c'est avec son habit du dimanche que nous reproduisons ci-contre le père Bouquetot.
Etablissements libres d'enseignemekii secondaire. — En 1848, Désiré Pasquier avait cédé son pensionnat de la rue Saint-Honorô à Alexandre Thébaui, Celui-ci le transféra, Tannée suivante, rue de la Halle, 14. Alexandre Thébaut, né à Rennes le 16 Septembre
1815, mourut au Havre le 29 Avril 1850. Quelques jours après, le 3 Mai, le Recteur de TAcadémie autorisa so» frère René-Marie- Oclave Thébaut à exercer provisoirement les fonctions de maître de pension au Havre. Cette pension figure dans Talmanach du Havre jusqu'en 1865.
Hapel passa en 1849 schi établissement à Leduc, régent de philosophie au Collège ; mais, au bout de quatre ans environ, il dut reprendre la direction de sa pension, située alors rue de Montivilliers et rue Saint-Thibault. Il s'assura aussitôt la collaboration de l'abbé Lebret ; mais ce prêtre semble ne s'être occupé d'enseignement que pendant un an (i). Hapel avait conquis l'estime et la considération publiques, et il les méritait à beaucoup d'égards ; les qualités d'un excellent éducateur, il les possédait à un haut degré, et sous tous les rapports il était digne de la sympathie que lui témoignaient les familles.
Ce fut Coty qui, en 1855, succéda déûnitivement à Hapel. Coty atné était instituteur communal à Bolbec, quand il vint au Havre, Id 1*' Octobre 1849, s'associer au maître de pension Marie^ rue de l'Hôpital, 27. Un an après, la maison étaiit à son compte. Le 26 Septembre 1850, Coty manifesta l'intention de joindre à l'école qu'il dirigeait un pensionnat primaire, et, pour se conformer aux Règlements (2), il remit au Recteur le programme de son enseignement et le plan du local. Se proposant de faire de son établissement une école spéciale pour le commerce, il ne songeait pour le moment qu'à suivre le programme tracé par la loi de 1883 pour rinstniction primaire supérieure. Le Recteur observa (fin d'Octobre 1850) qu'il n'y avait pas de cour dans la maison "Coty et que les enfants avaient l'unique et insuffisante ressource de passer sous l'allée le temps des récréations ; ce qui était encore moins salubre qu'une cour couverte. Le Recteur forma donc oppo^ltion à l'ouverture d'un pensionnat primaire. Coty changea de local et se transporta rue Casimir-Périer, pavillon Lucas (c'était alors le n* 5). Sur l'avis favorable du maire, le plan de la maison fut approuvé du Recteur en Avril 1851.
A la fin de Décembre 1855, Hapel remit son pensionnai entre les mains de Coty, que depuis plusieurs mois il avait intéressé à
(1) L'abbé Lebret, né à Rouen le 23 Juillet 1820, fut aumônier de la Miséricorde au Havre de 1846 à 1861. Ce prêtre instruit et zélé vient de mourir à Bois- (iiiiliaume, près Rouen, le 17 Avril 1905 (Cf. Bulletin religieux de TArchidiocèse de Rouen, n*" des 22 Avril et 6 Mai 1905).
(i) Loi du 15 Mars 1850, art. 53.
son œuvre. Coty entreprit les démarches nécessaires pour faire passer la maison à son nom. Les certificats qu'il adressa au Conseil départemental étaient excellents : il jouissait au Havre d'une très bonne réputation et il avait su se concilier la confiance des familles. L'autorisation fut accordée, et le nom de Coty remplaça celui de Hapei au commencement de 1856.
Les bons rapports entre deux établissements distincts par leur but et par leurs programmes, le Collège et la Pension Coty, ne durèrent que jusqu'au 6 Janvier 1859. Ce jour-là, le journal Y Arrondissement publia un article annonçant que le pensionnat Coty allait s'intituler « Collège Saint-Michel du Havre ». Aussitôt le Principal Dantu de protester contre une prétention qui, si elle venait à se réaliser, compromettrait, à l'aide d'une substitution de nom, l'existence du Collège. En entretenant à grands frais un Collège de première classe, muni d'un personnel dont tous les membres étaient nommés par le Ministre et géré sous le contrôle de l'Administration municipale comme sous celui des Inspecteurs de l'Université, la Ville du Havre, disait Dantu, né peut tolérer, sans un grand préjudice pour elle et pour les familles étrangères, un état de choses, qui, par une dénomination ambitieuse, attribuerait faussement à une simple pension toutes les garanties qu'offrent pour l'éducation de la jeunesse les établissements comme le Collège communal.
A la fin de Janvier, Coty fit imprimer un prospectus qui informa les familles que l'établissement secondaire placé sous sa direction venait de recevoir le nom de « Collège Saint-Michel ». Ce titre indiquait suffisamment que le niveau des études était et serait maintenu à la hauteur de celui des Collèges subventionnés par l'Etat ou par les Municipalités. Le maire pria aussitôt le souspréfet d'intervenir de la manière la plus pressante auprès de rautorité supérieure, à l'effet d'obtenir que de promptes mesures fussent prises contre Coty, qui ne saurait être fondé à usurper pour son pensionnat un titre qui n'était accordé qu'aux établissements soutenus par les Communes.
Mais les autorités havraises avaient beau s'émouvoir et même s'irriter, la loi organique n'avait rien prévu relativement au titre de Collège appliqué aux étal)lissements libres. Aussi, depuis 1850^ un grand nombre de ces établissements, de l'initiative même des Directeurs, avaient-ils pris ce titre en y ajoutant un vocable. Cette question avait été débattue dans divers Conseils académiques
avant 1854, et avait reçu des interprétations diverses, mais, pour la très grande majorité, favorables aux prétentions des Directeurs. La meilleure preuve à fournir de rinceriilude que la nouvelle législation avait laissé planer sur cette question beaucoup plus importante qu'elle ne Tavait paru d'abord, surtout dans les villes qui possédaient un Collège communal, c'est que le Ministre avait jugé à propos de consulter à cet égard le Conseil impérial dans sa session de Janvier 1859.
Le débat prit fin Tannée suivante lorsque le décret du 25 Février 1860 eût réglé (art. I, II et III) que les établissements d'instruction secondaire, fondés et entretenus par les Communes sous la surveillance et la direction de TEtat, porteraient seuls le nom de Collèges^ et eût interdit aux chefs des élablissements libres d'instruction secondaire de donner aux institutions, pensionnats ou écoles qu'ils dirigeaient, les dénominations de Lyc^e ou de Collège.
Bureau d'adminlstrailon du Collège. — Le Décret de 1809, dont nous avons parlé ailleurs, sur les Bureaux d'administration des Collèges est le seul règlement fondamental auquel on puisse se référer ; l'arrêté du 15 Novembre 1811 et l'ordonnance du 17 Février 1815 ne firent que consacrer le précédent décret. Mais, dans la pratique et par analogie, les dispositions concernant les Lycées (1) furent appliquées aux Collèges communaux. Au reste, la composition des Bureaux d'administration des Collèges communaux n'a eu aucune uniformité, et le nombre des membres a varié selon l'importance des élablissements.
Au Havre, nous constatons à toute époque que le Bureau surveille et contrôle l'administration du Collège, et qu'il vérifie, par de fréquentes visites, si Tordre et la régularité régnent dans tous les services, si la maison est convenablement tenue, et si le bienêtre des élèves est assuré. Chaque année, nous le voyons examiner le projet du budget du Collège, présenté par le Principal, et y mentionner ses propositions ; exprimer son avis sur l'opportunité et la nécessité de toutes les demandes de crédits supplémentaires et extraordinaires formés par le Principal ; reviser le compte d'administration de ce fonctionnaire et formuler son opinion sur le résultat de sa gestion.
ÎT) Loi du 14 Juin, décret du 22 Août et circulaire du 24 Novembre 1854. — Arrêté du 30 Mars 1863.
Voici la liste complète des membres du Bureau d'administration du Collège depuis sa réorganisation, en 1808-1804, jusqu'à sa transformation en Lycée, en 1865. Nous omettons dans cette nomenclature les maires et les sous-préfets du Havre, qui, en raison même de leurs fonctions, furent toujours membres-nés de ce Bureau.
Ch, Lethuillier fils, bibliothécaire de la Ville du Havre (26 Décembre 1803-lln 1804).
Le Barrois dVrgeval, conseiller municipal, négociant (26 Décembre 1803-1827).
S. Longer, conseiller municipal (1804-1806).
Gentais, juge de paix (à partir de 1805).
Le Sage, procureur impérial près le Tribunal d'arrondissement (de 1806 à la chute de FEmpire).
Labbé'Desfontaines, Malandrin, Boucly, Lizot, procureurs du Roi sous la Restauration (1815-1830).
L'abbé Paris, curé de Notre-Dame (26 Janvier 1811-1826).
L'abbé Robin, curé de Notre-Dame (1826-1830).