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CHAPITRE VII

Les Collés:ieos célèbres (I804-IM5)

Nous insérons, dans ce dernier chapitre, une note sur les illustres personnages de notre cité qui, au cours du XIX* siècle, se sont assis, pendant un temps plus ou moins considérable, sur les bancs du Collège. S*il se rencontre quelque lacune dans notre liste, elle est tout à tait involontaire. A défaut d'Archives, il a fallu nous contenter des indications insuffisantes, fournies par les journaux de la localité et par la collection fort incomplète des palmarès, et aussi des renseignements puisés, soit auprès des collégiens encore existants, soit auprès des descendants de ceux qui ont disparu.

Certaines familles ont eu au Collège plusieurs de leurs membres. Parmi les plus connues, nous citons les Acher, Aileaume, d'AUens, Amy, Bonaffé, Bossière, Bruneleau, Cahierre, de Coninck, Costé, Delarbre, Denouette, Durand, Farcis, Fischer, Friesz, Giret, Graindorge, Hauguel, Huet, Isabelle, Larue, Laude, Lemale, Lerch, Masurier, Matenas, Mazé, Mazeline, Metgé, Moisy, Monod, Mundler, Nillus, Prudhomme, Roederer, Topsent, Wit torski.

Les courtes notices, qui suivent, renferment des détails inédits.

Alexandre (Ëdouard-Prosper), publiciste, est né à Ingouville, rue de Montivilliers, le 29 Mars 1840. Il commença ses humanités au Collège du Havre, les continua à rinstiiulion ecclésiastique d'Yvetot et les termina avec des professeurs particuliers. Admis en 1859 à l'Ecole impériale vétérinaire d'Alfort, Edouard Alexandre renonça bientôt à la carrière, qui s'ouvrait devant lui, pour entrer dans la presse. Il débuta à vingt-deux ans dans l'Echo du Havre, journal alors conservateur et bi-hebdomadaire, fut ensuite rédacteur en chef du Courrier des Deux Charentes (Charente-Inférieure) en 1868 et 1869, et rédacteur au Courrier du Havre de 1869 à 1873, puis collaborateur fibre de. ce même journal de 1873 à 1895. A partir de 1863 jusqu'à son départ du Havi'e, il a collaboré au Journal de r Arrondissement du Havre^ tri-hebdomadaire. 11 y a environ dix ans, Edouard Alexandre a quitté le Havre pour être journaliste à Paris ; il est maintenant rédacteur à YUnivers.

Notre concitoyen a publié, depuis .quarante ans, une foule de brochures, dont plusieurs notices biographiques sur des personnages havrais. Parmi les vingt-deux brochures d'actualité qu'il imprima au Havre, citons celles qui ont obtenu le meilleur accueil : La biographie de Vabbé Herval, — La légende du sauveteur Durécu. — Le docteur Cousture. — Petite lettre à Gambetta. — Ce qu'ont fait les Frères ignorantins, — L'art de fumer sa pipe SGUS la République, — Un Havrais à Lourdes. — Cinq iours à Rome, etc.j etc.

Anceloi (Jacques-Arsène-Polycarpe-François), naquit au Havre, rue des Drapiers, le 19 Ventôse an II (9 Janvier 1794), de Jean-Baptiste-Prançois Ancelot» officier dans la Garde nationale du Havre et greffier du Tribunal de Commerce, et de Marie-Thérèse Pouyer, qui elle-même était fille d'un capitaine de navire du Havre.

« Né d'un père greffier », comme Boileau, Ancelot eut d'autres traits de ressemblance avec le poète satirique.

Venu en pleine Terreur, Ancelot passa ses premières années au sein de sa famille. Il eut pour premier instituteur son père lui-même, lequel, passionné pour Racine, apprit à lire à l'enfant dans les œuvres de ce poète. A l'ouverture de l'Ecole Secondaire, le jeune Ancelot, qui, comme son père, savait déjà Racine par cœur, fut confié à l'abbé Houlier. En ces temps où les récompenses étaient peu nombreuses dans les maisons d'éducation, notre col*

légien se distingua parmi ses condisciples. En Seconde, par exemple, il obtint (Août 1807) un accessit de thème, un second prix de vers latins et un premier prix de mémoire. La matière de la composition de mémoire, empruntée à la tragédie de Phèdre, était le long et emphatique récit de Théramène (1). Le loyal collégien déclara sur l'heure connaître ce passage, et, à Fappui de son affirmation, il le déclama aussitôt sans broncher. Le sujet fut changé et remplacé par le songe d'Athalie ; mais Ancelot récita, sur lo champ, ce morceau sans la moindre hésitation. Le professeur, contraint d'abandonner Racine,

Maison natale de François .\ncelot

choisit un autre auteur, et le malheureux enfant eut à « s'escrimer contre quelque satire du sieur Boileau-Despréaux » ; ce qui ne Tempécha pas de remporter le prix quand même.

La classe de Rhétorique n'existant pas alors à l'Ecole Secondaire du Havre, Ancelot fit cette classe à Rouen dans une pension tenue par un nommé Bricard. Il n'avait pas encore atteint sa quin-

(1) Acte V, scène tt.

zième année que déjà le jeune rhétoricien composait quelques poésies, insérées par Henri Frère dans sa remarquable étude sur Ancelot, sa vie et ses œuvres.

Ses humanités achevées, Ancelot accompagna son oncle Pouyer à Hambourg, ville d'où il revint pour occuper à Paris le poste d'expéditionnaire au Ministère de la Marine.

Ancelot, dont la verve poétique s'éveillait de plus en plus, écrivit bientôt sa tragédie de Louis IX, laquelle fut représentée sur le Théâtre-Français le 5 Novembre 1819. Celte pièce, d'une poésie tour à tour solennelle ou touchante, et toujours irréprochable, eut un succès si prodigieux que le Roi en accepta la dédicace et assura à son auteur une pension, de 2.000 francs sur sa cassette particulière. A la nouvelle de l'enthousiasme provoqué par Louis /X, le Conseil municipal du Havre proclama, dans sa séance du 17 Novembre, que la Ville était glorieuse 'd'avoir vu naître dans son sein deux hommes déjà célèbres, Casimir Delavigne et Ancelot, qui, malgré leur âge, venaient de se distinguer également par leur talent pour la poésie dramatique, l'un dans les Vêpres siciliennes, l'autre dans Louis IX. Le maire fut prié, séance tenante, d'envoyer une adresse de félicitations à ces jeunes auteurs « anciens élèves du Collège du Havre » (1), qui s'illustraient déjà par des travaux si remarquables et qui auront certainement leur place dans l'histoire littéraire de la France. Le surlendemain, Sery leur écrivit une lettre, conçue en termes identiques, où il rappelait l'hommage rendu en plein Conseil à leur mérite, et qu'il terminait ainsi : Je m'acquitte de cette mission « avec d'autant plus de plaisir. Monsieur, que, dès votre jeunesse, sous nos yeux et pendant le cours de vos études, j'ai eu occasion de reconnaître le germe des talents que vous avez si bien développés depuis, et M. Houlier, votre ancien professeur, ainsi que moi, nous ne pouvons qu'y joindre également nos sincères félicitations » (1). Nous sommes heureux de voir le maire du Havre unir à ses oomplimenls ceux du respectable Principal du Collège ; on ne saurait mieux justifier le bon souvenir qu'on avait gardé au Collège des élèves Casimir Delàvigne et Ancelot.

Le 26 novembre, Ancelot expédia à Séry cet accusé de réception : « Permettez que je vous offre le tribut de ma reconnaissance

(1) Archives municipales.

(8) Ibid, — Copie de Uttres, reg. XXV, n* 29, 19 Novembre 1519.

pour toutes les choses obligeantes exprimées dans la lettre que vous m'avez fait Thonneur de m'écrire. Les félioitations, que vous avez daigné m'adresser au nom de mes concitoyens, sont un prix plus doux de mes travaux que le succès lui-même, et je vous prie, Monsieur le maire, de vouloir bien agréer pour la Ville qui m'a vu naître le faible hommage que je joins ici. Puissé-je, dans le cours de ma carrière littéraire, être assez heureux pour toujours mériter l'estime de mes compatriotes et la vôtre ; voilà ma seule ambition et le but constant de mes efforts (1). »

L'estime de ses concitoyens, dont il se montrait si avide, et à laquelle il attachait tant de prix, il la mérita si bien que, la Ville

François Ancelot

du Havre ayant fait construire en 1823 une salle de spectacle, le maire pria Casimir Delavigne et Ancelot de collaborer à la composition d'une pièce de théâtre qui serait jouée le jour de l'inauguration. « Il sera glorieux pour la Ville du Havre », écrivait à cette occasion le maire à Ancelot, « de voir deux de ses enfants, illustrés par leurs succès sur un théâtre plus digne d'eux, et entre lesquels j'ai dû soigneusement éviter de faire un choix, réunir leurs talents pour donner un haut degré d'intérêt de plus à l'inau-

(1) Archives municipales.

guration d'un monument dont le public attend avec impatience de se voir en possession » (1).

L'ouverture du théâtre eut lieu le 24 Août 1823, mais ce fut Casimir Delavigne seul qui fit le prologue de Tinauguration.

En 1824, Ancelot fut nommé chevalier de la Légion d*honneur et bibliothécaire de Monsieur. Il avait épousé, en 1818, Mlle Virginie Chardon (2). Cette femme-auteur, qui eut à Paris un salon à la mode, se fit un nom dans le théâtre et dans le roman ; elle eut une fille, Louise-Edmée Ancelot, qui devint la femme du célèbre avocat Lachaud.

Travailleur infatigable, Ancelot ne s'endormit pas à Tombre de ses premiers lauriers, et il conserva le rang que Louis IX lui avait fait prendre parmi les poètes tragiques. Amère ou sensible, rieuse ou touchante, simple ou élégante, sa muse prit tous les tons et excella dans tous. Nous n'avons pas à suivre Ancelot dans sa carrière dramatique ou littéraire. Rappelons seulement que, disciple des grands maîtres du XVH* siècle dans la première p)artie de sa vie, il se rapprocha, dans la seconde, des écrivains romantiques, et que la prose lui fut toujours aussi familière que les vers.

De hautes distinctions, des emplois honorables et lucratifs, étaient venus récompenser notre concitoyen. Mais poète de la monarchie bourbonnienne dans Louis IX, Ancelot tomba avec la monarchie. La Révolution de Juillet lui retira tout moyen d'exis tence. C'est lui-même qui l'affirme. « Du vieux trône, les éclats, en tombant, vinrent heurter ma lyre. En trois jours, dépouillé du fruit de mes travaux, il me fallut demander du pain à des travaux sans gloire ». Certes, si oes œuvres ne furent pas transcendantes, elles révélèrent chez leur auteur une rare aisance.

S'étant vainement présenté en deux fois à l'Académie française, il n'y fut élu que le 26 Février 1841 par 18 voix. Dans sa ville natale, seule la Revue du Havre songea à le féliciter de cet honneur. « Il m'est doux. Monsieur », écrivait Ancelot au directeur de cette Revue à la date du 5 Mai^, « de trouver un éeho pour ma joie dans le cœur de mes concitoyens et tout succès s'embellit des honorables sympathies qu'il éveille. »

L'année suivante, notre poète fit paraître des épitres en vers, réunies sous ce titre : Les Familières. L'une, la cinquième, mérite

(1) Archives municipales. — Copie de Lettres, reg. XXVII, fol. 2i, 3 Janvier 1823.

P) Née tk Dijon en 1792 et morte en 1875.

une mention spéciale. Dédiée à Madame Charles Persac (1), sa sœur, elle est intitulée Le Havre, C'est dans cette pièce qu'après trente ans d'absence et de fortunes diverses, Ancelot évoque en vers charmants le souvenir du Collège,

Témoin de mes douleurs, quand, maudissant le grec, De mes larmes d'enfant j'humectais mon pain sec.

Il retrouve la vieille rue qui cache presque cette obscure maison :

Murs par le temps noircis, vous abritez encore Un juvénile essaim, heureux car il ignore I Que j'aime, après trente ans, & revoir celle cour, Ces classes, ces dortoirs, où, dès le point du jour, La cloche sans pitié tourmentait notre oreille ! Enfants, qu'au même lieu le même son réveille, Ainsi que nous bercés par des songes riants, Sans doute, ainsi qije nous, de vœux impatients Vous pressez aujourd'hui le vol de ces années Par d'austères devoirs Tune à l'autre enchaînées ! Et, comme nous aussi, d'un triste et long regard Vous les rappellerez !... mais il sera trop tard !

Il conseille à ses jeunes amis de vivre présentement sans souci de l'avenir ; la souffrance viendra les saisir assez tôt :

Eh bien ! je ne veux point vous ôter un doux rêve :

L'instant vient assez vite où la douleur l'achève I

Bêvez donc la fortune, et la gloire, et Tamour ;

Dans le cercle éternel roulez h votre tour ;

Que les illusions, compagnes de votre ftge.

Vous offrent du bonheur le fugitif mirage I

Ce bonheur (s'il est vrai qu'on l'atteigne ici-bas)

Par combien de tourments ne le paierez-vous pas î

Dieu lui-même, soumis h cette loi sévère.

Pour remonter au Ciel, passa par le Calvaire I

Enfants, pardonnez-moi si j'ose rembrunir

Les couleurs dont l'espoir pare votre avenir !

Fier en sortant du port, plus d'un navire sombre î

Rêvez, enfants, rêvez !... Aux lieux* où je reviens.

Vous êtes plus heureux que moi qui me souviens !

Mieux que personne, en effet, Ancelot a su à quel prix s'achetait le bonheur. Haines politiques, jalousies littéraires, préventions d'école, envies particulières, il a vu, jusqu'au bout, ces mauvaises passions faire arme de tout contre lui. Au Havre même, l'opinion lui fut bien longtemps sévère. Pendant que Casimir Delavigne y jouissait d'une gloire incontestée, Ancelot ne recevait

(1) M. Persac était juge de paix à Rouen.

de ses concitoyens qu'un accueil plutôt froid. Cependant, le talent de l'un n'était peut-être pas sensiblement inférieur à celui de l'autre. « La ville natale des deux poètes », a dit avec raison Th. Muret, « fut elle-même une mère partiale dans ses affections ». Quelques lettres inédites d'Ancelot à Morlent, conservées à la bibliothèque municipale du Havre, témoignent de la peine que lui causait l'indifférence de ses compatriotes. Legouvé a éloquemment décrit cette poignante amertume dans son discours de réception à l'Académie française (1).

La Municipalité du Havre ayant fait reconstruire la salle de spectacle, qui avait été incendiée dan6 la nuit du 28 au 29 Avril 1843, Ancelot fut chargé de porter la parole à l'inauguration solennelle du nouveau théâtre, le 19 Octobre 1844. Son discours en vers, mal lu par un acteur, fut diversement apprécié du public. Les louanges ne manquèrent pas, encore moins les critiques. Un seul journal, la Revue du Havre rédigée par Morlent, vanta les vers d'Ancelot.

On fut pourtant bien aise de recourir au talent de notre poète, quand Casimir Delavigne eut disparu de ce monde. En 1%2, la Ville du Havre érigea une statue à Bernardin de Saint-Pierre et à Casimir Delavigne. A la cérémonie du 9 Août, Ancelot récita un dithyràmbjB qui fut très applaudi. Touché de ces ovations, auxquelles ses concitoyens ne l'avaient point accoutumé, il dit avec émotion k Morlent au moment du départ : « Cette fois, j'emporte du bonheur pour toute ma vie ! » C'est si doux, en effet, d'être choyé par les siens I Mais, hélas ! ce bonheur ne devait durer que deux ans. Longtemps miné par un mal implacable, Ancelot s'éteignit à Paris le 7 Septembre 1854. C'est dans cette ville que se firent ses funérailles, et Patin, à la tête d'unie députation de l'Académie française, lui rendit sur sa tombe un hommage bien mérité.

Le Conseil municipal, dans sa séance du 31 Octobre suivant, décida à l'unanimité que le buste, en marbre, d'Ancelot serait placé dans la grande salle du Musée, que son nom et la date de sa naissance seraient inscrits sur la maison où il était né, et qu'une des rues de la ville porterait son nom.

Déjà un de ses concitoyens, Pingado, avait eu l'excellente idée de donner le nom d'Ancelot à une des rues qu'il ouvrait sur des terrains dont il était propriétaire. Très flatté de cette délicate atten-

(1) Moniteur universel, 6 Mars 1856.

LfiS COLLÉGIENS CÉLÈBRES 875

tion, Ancelot avait chaleureusement remercié Fingado (1). « Dans notre vie littéraire semée de tant d'écueils et de tant de chagrins, un pareil témoignage de sympathie est bien précieux ; que de fâcheuses impressions il efface, que de peines il fait oublier ! Il nous est si doux d'espérer que notre nom éveille un écho dans quelques cœurs amis I Le vôtre a voulu, Monsieur, que cet écho se prolongeât dans l'avendr et qu'il redît encore mon nom aux habitants de ma ville natale, alors que mes œuvres et moi nous aurons à jamais disparu. » Le poète ne se monlre-t-il pas ici bien pessim»isle ? Ses œuvres ne l'ont pas suivi dans la tombe, et certaines pages ont une telle vigueur qu'elles semblent indestructibles par le temps.

Nul n'ignore que c'est sur les terrains libres de la rue Ancelot qu'a été bâti le Lycée, qui a remplacé l'ancien Collège (2).

Appleton. Deux frères de ce nom, natifs de Rennes, furent brillants élèves du Collège. L'aîné s'appelait Jean-Jacques ou Osgood, et le second Charles. Jean-Jacques devint sous-préfet de Mayenne, puis d'Avesnes. A la suite d'une querelle de salon, il eut avec le baron Riller, receveur des finances à Mayenne, un duel où il fut blessé mortellement. Il mourut le 19 Septembre 1872, âgé de 28 ans. Comme collégien, il avait eu les sympathies de tous ses camarades.

Charles Appleton est depuis nombre d'années professeur de droit romain à la Faculté de Droit de Lyon, et, fait rare, son flls Jean professe à la même Faculté le Droit administratif.

Archlnard (Louis), né au Havre le 11 Février 1850, est flls d'un ancien instituteur de notre ville. Il fit ses études au Collège, et les termina avec la mention Bien qu'il obtint en 1866 aux épreuves du baccalauréat es sciences. Entré deux ans après à l'Ecole polytechnique, il en sortit le 10 Août 1870 avec le grade de sous-lieutenant d'artillerie de marine. Pendant la guerre franco-allemande, notre concitoyen resta sous les murs de Paris. Il prit une part active aux travaux de défense et de l'armement du fort de Romainvilie, et assista à plusieurs engagements, notamment à l'attaque du Bourget, le 21 Décembre 1870. Pendant la Commune, il fut

(1) Cf. U Courrier du Havre, tZ Août 1852.

(2) La liste des œuvres d' Ancelot et des travaux publiés sur ce poète se trouve dans la Bio-bibliographie des écrivains de V Arrondis sèment du Havre^ par A. Lechevalier (p. 10-13).

chargé du service des wagons blindés sur la ligne de Versailles à Paris, et établit une nouvelle batterie à Monlretout et une autre au Mont-Valérîen.

Lieutenant en premier le 11 Juin 1873, puis capitaine en second le il Décembre 1875, Archinard s'embarqua le 28 Mai 1876 pour la Cochinchine. Pendant son séjour en ce pays, il remplit une mis sion au Cambodge et visita le royaume de Siam. Revenu en Fance, le 24 Février 1878, avec le grade de capita)ine en premier, il com manda la compagnie d'artificiers à l'Ecole de pyrotechnie maritime de Toulon, et vint à Paris où il fut inspecteur des études à l'Ecole polytechnique (Décembre 1879 — Octobre 1880). Il alla ensuite au Soudan avec la compagnie auxiliaire d'ouvriers d'artillerie de marine. En trois ans et demi, il fit quatre campagnes. Sa belle conduite à Goubanko lui valut la croix de la Légion d'honneur, et entre temps il installa divers postes sur la roule du Sénégal à Bamakou. Il fut nommé chef d'escadron le 15 Mai 1884, au moment même où, l'expédition terminée, il rentrait en France. De 1884 k 1886, Archinard est à la direction de Toulon et à la commission d'expériences d'artillerie de Bourges, et, de 1886 à 1888, il rédige au Ministère de la Marine une publication technique, le Mémorial de Varlillerie de Marine.

Nommé au commandement supérieur du Soudan, il eut le périlleux honneur de diriger les trois campagnes qui durèrent de 1888 à 1891. Pendant ce temps, il créa de nouveaux postes, s'empara de Segou-Sikoro, capitale d'Ahmadou, et de la forteresse de Ouosébongou. C'est à la suite de ce dernier fait d'armes qu'il fu* promu lieutenant-colonel (f Mai 1890). L'année suivante, il battit les troupes d'Ahmadou, sultan de Ségou, et obligea ce prince à "s'enfuir ; il prit Nioro, où il entra le 1" Janvier 1891. Après avoir assuré l'occupation de Nioro^ Archinard se porta vers le Niger qu'il traversa le 18 Février. Il s'attaqua ensuite à Samory, qu'il chassa de sa capitale. En six mois, sa colonne avait parcouru près de 2.000 kilomètres. Rappelé en France, il fut aussitôt inscrit d'office au tableau d'avancement pour le grade de colonel.

Au mois de Septembre 1892, Archinard fut nommé colonel et commandant supérieur du Soudan. Il retourna donc poursuivre Samory, qu'il rejeta vers l'hinterland de la côte d'Ivoire, où ce prince fonda un nouvel empire. En 1893, Archinard fut remplacé par un gouverneur civil. En brisant la puissance du sultan de Ségou, en portant les premiers coups à Samory, et en adminis-

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trant le Soudan avec habileté et intelligence, Archinard a puissamment contribué à développer et à raffermir la domination française dans cette vaste région africaine, dont l'étendue fut presque doublée. Le 23 Mars 1896, il fut nommé général de brigade ; il était alors « directeur du Comité technique » au Ministère des Colonies. Le 5 Août 1897, il fut appelé à servir au Tonkin, et, le 13 Janvier 1898, il prit le commandement de la brigade de Cochinchine. Devenu divisionnaire, le 24 Novembre 1900, le général Archinard fut, à partir du 30 Novembre suivant, inspecteur général permanent des troupes de rarlillerie de marine. Après avoir commandé une division à Perpignan, le général Archinard est actuellement à TEtat-major à Paris, commandant le corps d'armée des troupes coloniales.

La brillanle carrière qu'il a fournie si rapidement fait pressentir la valeur des services que notre concitoyen a rendus à son pays, et ce que Ton peut encore attendre de son patriotisme.

Bailhache (Henri), né au Havre le 5 Mars 1849 et décédé au même lieu le 14 Novembre 1904, fut reçu docteur en droit en 1875. Régisseur de biens en» i876, il devint ensuite arbitre de commerce, syndic de faillites, correspondant de la Société des auteurs dramatiques, président du Syndicat des Propriétaires du Havre et de la banlieue.

En dehors des thèses qu'il soutint pour la licence et le doctorat en droit, Henri Bailhache a publié :

Notice nécrologique sur Rolland Banès, président de la Société havraise d'Etudes diverses, (Recueil de la Société, 1877.)

Larbitrage international. (Mémoire couronné par la Société havraise d'Etudes diverses en 1877.)

Deuxième Notice sur larbitrage international, (Havre, 1881, m-S\)

Carthage^ poésie qui obtint une médaille au Concours ouvert en i877 par l'Académie Clémence Isaure.

Bailhache était, depuis 1877, membre de la Société havraise d'Etudes diverses.

Bailllard (Jules-Amédée), né le 21 Décembre 1835 au Havre, couronna de très brillantes études au Collège par le double baccalauréat es lettres et es sciences, qu'il obtint la même année. Après trois ans passés à l'Ecole de Droit de Paris, il fut reçu licencié

le 25 Novembre 1857 et s'inscrivit aussitôt au barreau du Havre. Un commencement.de surdité Tarrêta à ses débuts dans la belle carrière que lui ouvrait une vaste intelligence unie à un grand amour du travail. Obligé de renoncer à la profession de son choix, il se livra à des œuvres de pure érudition. En 1860 *^f 1861, il t à THôtel de Ville des conférences, qui furent très goûtées, sur le droit naturel, Testhélique et riiisloire de Normandie. Rédacteur au Courrier du Havre de 1859 à 1869, il collabora aussi pendant quelque temps au journal Le Havre, Dans ces journaux, il se spécialisa sur les queslionç sçiçntifiques, artistiques, bibliographi-

Jules Bailliard

ques, etc. Membre de la Société havraise d'études diverses à i>artir de 1859, il fut nommé en 1869 bibliothécaire de la ville du Havre, poste qu'il occupa jusqu'à sa mort. Il fut, en outre, conservateur du Musée archéologique (1872) et. membre de la Commission des Antiquités de la Seine-Inférieure (1887). Il donna avec grand succès, en 1874 et 1875, des conférences à l'Elysée du Havre.

Doux, serviable et bon, Bailliard renseignait les chercheurs avec la meilleure grâce du monde ; il aimait surtout à conseiller les

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