‹ Le Collège sur la collineChapitre 8 sur 19 · ATHLÉTISME — TRÉSOR UNIQUE A TRAVERS LES LIVRES · texte numérisé non relu

ATHLÉTISME — TRÉSOR UNIQUE A TRAVERS LES LIVRES

Mercredi l'r avril

Journée exquise et radieuse et fraîche. Le firmament est d’un azur de riche qualité. Et des flocons neigeux lloltent en grâce dans cet océan de saphir. L'atmosphère est absolument limpide. Comme les grands ormes se profdent droits et nets dans les clartés matinales ! Je ne sais quoi de plus tendre nous tombe du ciel, quelle tiédeur, toute saturée de sève, s’épand. Une vie nouvelle anime les pelouses. Leur verdeur renaît. Toutes les bâtisses de l’Université se détachent en vigueur dans cet air diaphane; leurs lignes, leurs angles, leurs moindres contours se dessinent nettement au milieu d’un « soleil qui poudroie. »

Les étudiants sortent de la chapelle. Chaque matin, à la même heure, ils y vont faire leur prière. Demain, j’espère arriver assez tôt pour assister à cet exercice mystique, qui a bien quelque chose de curieux dans un tel milieu : — vestige de l’esprit primitif qui a présidé à la naissance de cette institution ; — attestation officielle, de la part des autorités, non seulement de l’existence idéale de Dieu, mais de sa providence à l’égard de chacun de nous, du rôle de son esprit dans l’illumination des intelligences ; — reconnaissance solennelle de la religion comme directrice des nobles labeurs de la pensée.

Certes, je déplore les erreurs du protestantisme, et je sais trop que les fondateurs de ce collège n’ont possédé, en fait de vérités religieuses,.

que des notions incomplètes et pauvres. Mais, ne faut-il pas admirer leur foi, même tronquée, les louer de la forte empreinte chrétienne dont ils ont voulu marquer leur oeuvre? Le puritanisme avait de très grands cotes. Et, s il eut, sans doute, mieux valu, pour les puritains, et pour le monde nouveau qu’ils avaient à fabriquer de toutes pièces, qu ils eussent possédé la vérité totale et intégrale, encore est-il permis de se féliciter que cette grande entreprise ait été laissée à des chrétiens solides, dont la croyance, toute mélangée d’erreurs qu’elle était, tenait cependant de ses origines des principes de fécondité et de vie (i).

Ma piemiere visite est pour le « Rockefeller Hall ». Le style de cette bâtisse n’a rien de sévère, ainsi qu’il convenait à sa destination.

C est, en effet, surtout, un lieu de récréation. Ces bons Américains songent à tout. Et M. John D... (le fameux milliardaire n’est jamais autrement désigné, aux Etats-Unis), s’est souvenu que l’esprit des universitaires avait aussi besoin de se détendre, de se délasser. Il a donc voulu leur en donner princièrement l’occasion.

La façade principale, qui regarde le « campus », est ornée de deux inscriptions :

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