‹ Le collier comedie en un acte et en proseChapitre 4 sur 24 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

convient pas, baron, il se trouvera bien quelqu’un qui payera pous vous... et pour qui je serai jolie! » — Ah! ah! est-ce éloquent, ça, madame?

LA BARONNE

Tu es folle, Florine!

FLORINE.-'

Bah ! le baron est un affreux avare... et vous une victime trop timide... Moi, à votre place, je inc mettrais à le faire... un peu enrager. Sachez, madame, qu’il n’y a rien de tel, pour faire payer les avares, que de les rendre jaloux !

LA BARONNE

Tu sais bien qu’il est déjà assez jaloux... sans payer !

FLORINE

Oui... il ne peut pas vous pardonner d’avoir été

jadis aimée de ce pauvre petit chevalier de Forsac, qui, la veille de votre mariage, s’est sauvé à Malte pour faire des vœux... des vœux pour le malheur du baron, j’imagine ! Mais le chevalier ne restera pas toujours à Malte...

LA BARONNE, un pou émue.

Que veux-tu dire?

FLORINE

Que penserait madame, si, cette nuit, elle rencontrait le chevalier chez Sa Majesté?

Par pitié, Florine, ne me fais pas cette peur î

FLORINE

Une peur !

LA BARONNE, timidement.

Ce plaisir!... le pauvre chevalier... il m’aimait

bien. 0 Dieu! s’il l’aperçoit, mon mari ne payera jamais les diamants !

FLORINE, vivement.

Au contraire !

la baronne.

Comment, au contraire?

FLORINE, à part.

Quelle idée!.’. (Elle réfléchit.) Si je pouvais faire damner à la fois et l’avare et le jaloux !

LA baronne, revenant à elle et au collier.

Pauvre Léonce ! mais il ne faut pas penser à lui... Florine, viens me coiffer ! (Florine prend des rubans et SC met à ajuster sa maîtresse, qui soupire ; on voit que la soubrette médite quelque chose. La baronne prend la note du marchand et lit.) « Trente mille livres à payer dans huit jours... » En vérité, je ne sais comment je m’y prendrai!

ti

LE COLLIEU.

FLORINE

Voyons, madame, lequel préférez-vous du collier... ou du chevalier?

LA BARONNE

Le collier... est moins dangereux!

FLORINE, avec intention .

Madame la baronne a-t-elle brûlé cette lettre de monsieur le chevalier que j’ai remise à madame?

LA BARONNE

Je n’ai osé ni la brûler... ni la lire! (Elle montre nn coffret.) Elle est là !

FLORINE

Dieu! si le baron la trouvait! Il faut bien vite la lire, madame... et la brûler!

LA BARONNE

Si nous la brûlons avant?

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