‹ Le collier de griffes; derniers vers inédits. Avant-propos de Guy-Charles Cros et préf. de Émile GautierChapitre 15 sur 66 · VALSE · texte numérisé non relu

VALSE

Loin du bal, dans le parc humide Déjà fleurissaient les lilas; Il m'a pressée entre ses bras.

Qu'on est folle à l'dge timide !

Par un soir triomphal Dans le parc, loin du bal.

Il me dit ce blasphème :

« Je vous aime ! »

Puis j'allai chaque soir.

Blanche dans le bois noir.

Pour le revoir Lui, mon espoir, mon espoir Suprême.

Loin du bal dans le parc humide Qu'on est folle à l'dge timide!

Dans la valse ardente il t'emporte Blonde fiancée aux yeux verts; Il mourra du regard pervers, Moi, de son amour je suis morte.

Par un soir triomphal Dans le parc, loin du bal Il me dit ce blasphème :

(( Je vous aime ! »

Ne jamais plus le voir...

A présent tout est noir; Mourir ce soir Est mon espoir, mon espoir Suprême.

Dans la valse ardente il l'emporte.

Moi je suis oubliée et morte.

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