‹ Le collier de griffes; derniers vers inédits. Avant-propos de Guy-Charles Cros et préf. de Émile GautierChapitre 16 sur 66 · ÉPOQUE PERPÉTUELLE · texte numérisé non relu

ÉPOQUE PERPÉTUELLE

Inscriptions cunéiformes.

Vous conteniez la vérité ; On se promenait sous des ormes.

En riant aux parfums d'été;

Sardanapale avait d'énormes Richesses, un peuple dompté.

Des femmes aux plus belles formes.

Et son empile est emporté!

Emporté par le vent vuh/aire Qu'amenaient pourvoyeurs, marchands.

Pour trouver de l'or à la guerre.

La gloire en or ne dure guère;

Le poète sème des chants.

Qui renaîtront toujours sur terre.

SONNET

La robe de lame a des tons d'ivoire Encadrant le buste, et puis, les guipures Ornent le teint clair et les lignes pures. Le rire à qui tout sceptique doit croire.

Oh ! je ne veux pas fouiller dans l'histoire Pour trouver les criminelles obscures Ou les délicieuses créatures Comme vous, plus tard, couvertes de gloire :

26 LE COLLIER DE CiRIFFES

Cléopâtrc, Hélène et Laure. Ça prouve

Que, perpétuel, un ora(je couve

SouH votive aspect clair, fatal, plein de charmes.

Vous riez pour vous moquer de mes rimes ; Vous croyez que j'ai commis tous les crimes ! Je suis votre esclave et vous rends les armes.

SONNET

A ULYSSE uocQ, pcintrc.

Vent d'été, tu fais les femmes j)lus belles En corsage clair, que les seins rebelles Gonflent. Vent d'été, vent des fleurs, doux rêve Caresse un tissu qu'un beau sein soulève.

Dans les bois, les champs, corolles, ombelles Entourent la femme; en haut, les querelles Des oiseaux, dont la romance est trop brève. Tombent dans l'air chaud. Un moment de trêve.

Et l'épine rose a des odeurs vagues,

La 7'ose de mai tombe de sa tige.

Tout frémit dans l'air, chant d'un doux vertige.

Quittez cotre robe et mettez de& bagues ; Et montrez vos seins, éternel prodige.

Baisons-nous, avant que mon sang se fige.

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