INSCRIPTION
0)1 âme est comme un ciel sans bornes; Elles a des immensités mornes Et d'innombrables soleils clairs ;
Aussi, malgré le mal, ma vie
De tant de diamants ravie
Se mire au ruisseau de mes vers.
Je dirai donc en ces paroles Mes visions qu'on croyait folles.
Ma réponse aux mondes lointains Qui nous adressaient leurs messages.
Eclairs incompris de nos sages Et qui, lassés, se sont éteints.
Dans ma recherche coutumiére Tous les secrets de la lumière Tous les mystères du ceriK'au, J'ai, tout fouillé, j'ai su tout dire, Faire pleurer et faire rire Et montrer h monde nouveau.
J'ai voulu que les tons, la grâce.
Tout ce que reflète une qlace.
L'ivresse dun bal d'opéra.
Les soirs de rubis, l'ombre verte Se fixent sur la plaque inerte.
Je l'ai voulu, cela sera.
Comme les traits dans les camées J'ai voulu que les voix aimées Soient U7i bien, qu'on garde à jamais Et puissent répéter le rêve Musical de l'heure trop brève ; Le temps veut fuir, je le soumets.
Et les hommes, sans ironie.
Diront que j'avais du génie Et, dans les siècles apaisés, Les femmes diront que mes lèvres.
Malgré les luttes et les fièvres.
Savaient les suprêmes baisers.
DÉSERTEUSES
Un temple ambré, le ciel bleu, des cariatides. Des bois mystérieux ; un peu plus loin, la mer... Une cariatide eut un reyard amer Et dit : C'est ennuyeux de vivre en ces temps vides.
La seconde tourna ses grands yeux froids, avides. Vers Lui, le bien-aimé, l'horniae vivant et fier Qui, venu de Paris, peignait d'un pinceau clair Ces pierres, et ce ciel, et ces lointains limpides.
/'»»• la troméme et la quatrième : « Comment
Retirer nos cheveux de cet entablement ?
Allons ! nous avons trop longtemps (jardé nos poses ! »
Et toutes, jmr les prés et les sentiei's fleuris. Elles coururent vers des amants, vers Paris ; Et le temple croula parmi les lauriers roses.