‹ Le collier de la reine: drame en cinq actes, treize tableauxChapitre 113 sur 187 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

au respect profond que nous professons pour la souveraine de la grande nation que vous représentez si dignement, c'est bien la communication que nous venons faire à votre Excellence.

BOEHMER

J'allais le dire.

LE PORT GAIS , légèrement inquiet.

Une communication ?

BEAU SIRE, bas, à Suint-Landry.

Qu'est-ce que cela veut dire?

SAINT-LANDRY, bas.

Je ne comprends pas.

BOSSANGE, après avoir hésité.

Monseigneur, à notre grand regret, à notre réelle douleur même, des considérations politiques de la plus haute importance nous empêchent de donner suite aux négociations commencées entre nous.

DUCORNEAU, ébahi*.

Que dites-vous?

BEAU SI RE, stupéfait*.

Est-il possible?

SAINT-LANDRY*

Qu'ai-je entendu ?

BEAUSIRE

Voyons, messieurs les joailliers, vous avez trouvé un

* Oes trois répliques simultanées.

enchérisseur... Eh bien! faut-il vous offrir cinquante mille livres de plus?

BOSSANGE

Inutile, monsieur le secrétaire.

Cent mille... cent cinquante mille livres.

BOSSANGE

Non, monsieur le marquis, ne prenez pas la peine de nous tenter. Une volonté plus puissante que la nôtre nous contraint de vendre le collier en ce pays. Nous vous supplions de faire agréer nos très humbles excuses par Sa Majesté Très Fidèle, et de vouloir bien les agréer vousmême.

LE PORTUGAIS, raide.

C'est bien, messieurs. Je ne vous retiens plus.

BOSSANGE, saluant et à part.

Ouf!

BOEHMER, de même.

J'allais le dire.

LE PORTUGAIS

Monsieur Ducorneau... Ramirez, reconduisez messieurs les joailliers.

Ils sortent, reconduits par Ducorneau et Saint-Landry.

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