ACTE TROISIÈME
LE ROI, soupirant.
Et moi donc.
LE COMTE, cauteleux.
^ *i, voici tout pour le mieux, au moins quant à cette allouée de Mesmer.
LE ROI
Eh mais... Est-ce qu'il y aurait encore une autre affaire?... expliquez- vous... Je vous en prie.
LE COMTE
Là ! là! ne vous fâchez pas... De l'aventure du fiacre, parbleu !... Mais c'est de l'histoire ancienne... Puisque cela date de cet hiver. Il est vrai que le mystère ne s'est éclairci que depuis peu. C'est Laurent, le jardinier-concierge de la petite grille qui prétend qu'un soir ou plutôt une nuit de la fin de mars, la reine qui était sortie vers onze heures avec Weber et une de ses femmes qu'il n'a pu reconnaître n'est rentrée qu'après minuit, en fiacre, escortée d'un jeune officier de fort bonne mine, à qui Laurent a entendu qu'elle se donnait ainsi que sa compagne, pour deux des lingères du Palais, en permission nocturne.
LE ROI
Et connaît-il cet officier?
LE COMTE
C'est-à-dire qu'il ne le connaissait pas à l'époque où s'est passée l'histoire ; mais depuis, il a été tout surpris de le revoir et de le revoir fréquemment, puisque cet officier est devenu soudain un des aides de camp de Votre Majesté et un des familiers les plus assidus de la reine.
Son nom ?... son nom ? vous dis-je !
LE COMTE
M. le comte de Charny.
LE ROI
Le comte de Charny... vraiment! L'invention est par trop grossière. C'est moi-même qui ai présenté à la reine, il y a huit jours à peine, à Trianon, M. de Charny qui arrivait de l'Inde.
LE COMTE
Sire. . . ce n'est pas moi qu'il faut accuser, mais ce bélître de Laurent.
LE ROI
On m'aurait trompé à ce point, c'est impossible !
LE COMTE
Et tenez, justement le voici qui vient de faire sa ronde quotidienne et fermer les eaux comme tous les soirs. S'il plaît à Votre Majesté de l'interroger.
LE ROI 1
Non!
i. Cette scène peut se supprimer à la représentation.