‹ Le collier de la reine: drame en cinq actes, treize tableauxChapitre 55 sur 187 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

BOSSANGE

Tel qu'il est cependant, ce collier est la plus belle réunion de brillants qu'il y ait en Europe!...

LE PORTUGAIS

Vous avez raison, monsieur Grossange... et il me convient! Le prix?

Seize cent mille livres, monseigneur.

LE PORTUGAIS, d'un ton décidé.

Cent mille livres trop cher !

BOSSANGE

Monseigneur, il a fallu, pour composer une parure de ce mérite, des recherchas et des voyages qui eûrairaient, si on les connaissait!...

LE PORTUGAIS, appuyant.

Cent mille livres trop cher !

BEAUSIRE

Et il faut que ce soit une conviction bien arrêtée chez Son Excellence, car elle ne marchande jamais !

LE PORTUGAIS

Jamais!

SAINT-LANDRY

Jamais !

BOSSANGE

Eh bien, monseigneur, si malgré l'absence de mon associé, je prenais sur moi d'arriver à une diminution de cette im-

portance, m'est-il permis de demander à Son Excellence quel mode de paiement elle fixerait?...

LE PORTUGAIS

Cent mille livres comptant.

BOSSANGE

Et le reste?

LE PORTUGAIS

En trois paiements échelonnés de mois en mois... à Lisbonne... Mon premier valet de chambre ou M. le secrétaire vous accompagneront... (D'an ton significatif.) L'un vaut l'autre!

BOSSANGE

Eh bien, monseigneur, c'est marché conclu... Ah! sauf pourtant une légère réserve, et l'honneur portugais est trop délicat pour que Son Excellence ne l'approuve pas !

LE PORTUGAIS

Au fait!

BOSSANGE

Notre reine a refusé ce collier, c'est vrai, mais il a été fait pour elle et nous ne pouvons le laisser surtir à tout jamais de France sans demander à Sa Majesté si elle ne se ravise pas.

LE PORTUGAIS

C'est juste!... Et je voudrais, messieurs, qu'un marchand portugais tînt le même langage que M. Bossange.

Monseigneur me fait honneur... Avant huit jours, j'aurai l'avantage d'aller lui porter une réponse définitive à son hôtel.

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