ACTE DEUXIÈME
Pour mon service?
LA COMTESSE
La reine daignerait-elle accorder un moment d'audience à son joaillier qui vient accomplir auprès d'elle un devoir.
Un devoir?
LA COMTESSE, qui a fait signe à Bo<sange.
Il s'agit de ce beau collier de diamants que Votre Majesté n'a pas voulu accepter.
LA REINE, riant.
Le collier I nous y voilà revenus 1... Ah! le fait est qu'il est beau, monsieur Bossange ! Ce qui me console, c'est qu'il coûtait un million et demi, en sorte que, ce que je n'ai pas pu... ce que je n'ai pas dû acheter, personne ne l'aura.
BOSSANGE
Voilà justement de quelle nature est le devoir que je venais accomplir auprès de Sa Majesté : le collier est vendu.
LA REINE, surprise et quelque peu fâchée.
Vendu!... A qui donc?
BOSSANGE
A Sa Majesté la reine de Portugal.
LA REINE, après une seconde d'hésitation.
Eh bien... tant mieux pour la reine de Portugal, et n'en parlons plus.
Que Votre Majesté daigne, au contraire, me permettre
d'en parler, car le marché ne doit tenir qu'au cas où la reine ne reviendrait pas sur sa décision et j'ai apporté le collier pour qu'elle puisse le revoir une dernière fois.
11 ouvre l'écria.
Non, non. Voyez comtesse. Vous êtes femme, cela vous amusera.
LA COMTESSE
Admirable ! admirable ! Ah ! M. Bossange a raison : il n'y a qu'une seule reine digne de porter ce collier, c'est Votre Majesté.
Rapidement la comtesse a attaché le collier au cou de la reine. LA REINE.
Que faites- vous, comtesse ?
LA COMTESSE, prenant un miroir que lui passe M. Bossange.
Oh ! Votre Majesté est sublime ainsi !
LA REINE, se regarde un instant dans le miroir.
Oui... ce sont de superbes bijoux!... hélas!...
Ce collier a touché Votre Majesté... Il est sacré et ne saurait maintenant être porté par personne... Allez, monsieur Bossange, la reine vous dira demain si oui ou non elle le garde !
Bossange salue et sort.