ACTE DEUXIÈME
toute particulière... nous sommes ensemble comme les deux
doigts de la main... (La regardant avec attention.) Et même...
OLIVA
Qu'avez vous donc à me regarder dans le blanc des yeux?
LA COMTESSE
C'est justement à cause de l'affaire pour laquelle je voulais vous parler. Figurez-vous que Sa Majesté m'a chargée de trouver une personne qui puisse faire quelque chose qu'on lui expliquera en temps utile... Il s'agit d'un tour qu'elle veut jouer à un officier de sa maison... Je serais enchantée, si le cœur vous en dit, de vous faire profiter de l'aubaine, car vous y gagnerez quinze mille livres, sans compter la protection de Sa Majesté.
OLIVA
Oh ! je serais trop heureuse de faire plaisir à la reine pour être guidée par l'intérêt...
Depuis un instant, Cagliostro a para. Il se dissimule derrière le pavillon des gazettes.
CAGLIOSTRO, à part.
Ensemble!... Merci! comtesse, vous m'épargnez la peine de vous rapprocher !
LA COMTESSE
Par exemple il faudrait venir dîner chez moi à Versailles, ce soir, car nous aurons besoin de quelques jours pour tout préparer.
OLIVA
Ce soir... Mais... M. de Cagliostro...
LA COMTESSE
Tant pis pour lui, puisqu'il n'est pas au rendez-vous?
CAGLIOSTRO, caché.
En êtes- vous bien sûre, comtesse?
Mon carrosse est à deux pas! Et vous verrez comme nous nous amuserons! Est-ce dit?
OLIVA, riant.
Oh! ma foi! si on doit s'amuser, j'en suis!
Elles sortent.