SCÈNE III
LA COMTESSE «mie, puis OLIVA, puis CAGLIOSTRO.
LA COMTESSE
De ce côté tout va bien... Reste le cardinal... Le voici qui ne se contente plus d'avoir un secret mystérieux avec la reine et de voir sa prétendue complice devant toute la cour, de souveraine à grand aumônier. Ah ! monseigneur, il vous faut un tête-à-tête... Eh bien, vous l'aurez!... Et voici justement celle que j'attends !
OLIVA
Madame la comtesse de la Motte-Valois.
Ne m'attendiez-vous pas, ma toute belle?
OLIVA
C'est donc vous qui m'avez écrit ce billet que m'a apporté si mystérieusement le concierge de notre ancien logis?
LA COMTESSE
Précisément !... Mais comme vous avez changé depuis ce temps-là !... Sans indiscrétion, est-ce à M. de Reausire que vous devez ces élégants atours ?
OLIVA
Oh ! non ! J'ai un protecteur ! un seigneur très riche et très puissant!... Mais vous le connaissez, M. le comte de Gagliostro...
LA COMTESSE, surprise.
Vraiment ?
OLIVA
Oh ! je ne peux pas me plaindre de lui. Il est très bon, pour moi. Bijoux, chiffons, toilettes, il me donne tout ce que je veux... Seulement...
LA COMTESSE
Seulement...
OLIVA
Il ne veut pas me laisser mettre le nez dehors et s'il savait que je lui ai désobéi en venant ici, surtout au Palais- Royal, il serait furieux!... Il ne m'a laissé sortir qu'une seule fois depuis quinze jours, pour aller place Vendôme, chez M. Mesmer...
LA COMTESSE
Je ne m'étais pas trompée. (Haut.) Ah ! vous êtes allée chez M. Mesmer ?
OLIVA
Oui... mardi dernier... Mais c'est assez nous occuper de moi. Et vous, madame la comtesse, vous parliez de ma toilette?... Que dirai-je de la vôtre?
LA COMTESSE
C'est qu'à moi aussi, ma position a bien changé. La reine a fait reconnaître mes droits. Elle m'honore d'une affection