DEL PIERRE
Tauvro Richardson!... Faites entrer
LOUISE
Vous êtes si bon pour votre chère Louise! pourquoi faut-il qu’il y ait deux limnini’S en vous, le père et le Banquier? At«c moi, vous êtes tendre, aftcciuoux, parfait! prenez sur vous, qiuvJ je ne suis pas là... fanes quelques efforts, et... ne redevenez pu trop banquier !... (Elle sort à gauche.)
sc:ne xxx.
DELPIERRE, DE MONTGEHON.
DK MOSToEROX, du fond.
Monsieur, n’ayaut pas l'honneur d’être connu de vous, je m'excuse tout d'abord... Arriver ainsi, sans m'être nomme, sans jamais avoir eu la faveur de voua être présenté.
DELFIERRE.
Vousêiesd’avance tout excusé, monsieur. « qui ai-je l'honneur de recevoir chez moi? Veuillez donc vous asseoir, nous raid seuls, monsieur; jo vous écoute.
DE UOMCEROS.
Monsieur...
DELPIEBM.
S’agit-il de capitaux à placer? vous savez sans douto que h Bavière m’a charge de ton emprunt ? C'est uno bonne operation ; un excellent placement, lt-s sou^cripours auront tout a la fois l'avantage de réaliser do larges bcnctfces, et celui do nie voir nommer commandeur do l’ordre du mérite civil, dit de La Courouuc... Le roi ui’bonoro d’une bienveillance toute spociolo.
Dit UO.NTUM.0X.
Non, monsieur, non, je n’ai pas do capitaux à placer... bien au contraire.
DELFIERRE.
Au contraire!... quo pouvez-vous donc avoir à mo dira?
de aoxrcKaox.
Je vous suis tout à fan iucoiiuj, monsieur... jeune houtooo ignoré cl bien obscur, $ino i pu uu famille, eu moins par uioîmême... simple Uekro.daiiv à la Cour de» comptes...
D&LPItnRE.
Les finances, monsieur, ton pour la jcuuc&îo uno superbe carrière; cYst sans contre Sii la plus belle, après le commerce o* la banque, mats je no comprend» pas...
OU UUNrUKKOX.
Vous allez me comprendre : un seul mot, mon nom, monsieur, vous expliquer.!, mieux quo jo uo saurais le faire, quel est l’objet de ma visite. Aussi bien, jo mo son s telle ment trouvé, e» me trouvant a l'improvisle ici, chez vous, monteur De [pierre, vous que jo n’ai jamais osé aborder... «non emouon est si vivo, quo jo chi-rcho vaiuoiueot... Jo suis monsieur... j® suis le vicomte de ilontgcron.
DEIFIERAS.
Le vicomte do Montgeron!...
DR MO.NTGEItOX.
Lo fils du comte do AJoutgorcm, qui par vos ordres
DELFIERRE.
Monsieur le vicomte!....
DS MONTGEROX.
Vous m'écoulerez, monsieur, il est impossible que tous refusiez de tu’en tendre!...
MLMEMK.
Si vous apportez des fonds, M. lo vicomte.
. DS MO.NTtlEnOX.
Hier encore, monsieur, je no connaissais pas la situation et»* barravséo de mo» porc, il nous a tenu# à col égard, dans la P‘“* compléta ignorance, et, cvtie nuit raèiue, cet lu nuit je dansais à la tubas vide d'Autriche, où., jo crois... vous avoir aperçu..
DËLFICJIRS*
L’ Ambassadrice a en effet pour nous une affection vériUb!**
de hoxtgrrox. .
Dans le* enivrements do ce bal, la vie, hélas! me semblait heureuse et facile!. • tout souriait à mes vaux, je révais l'avenir, quo jo voyais h, près de moi... Je rêvais, co mue U arrive souvent, au milieu des plaisirs, du bruit du monde, et crédule, tn- ! sensé que ('étais, je me laissais bercer par les plus douce* e«pé- I rances!.. Ah! monsieur, quel réveil!.. Co matin, (‘apprends que j mon pèro vient, en sortant, d'être arrêté et condui ... C'est af- ; freux!.», jo vais sans perdro un moment, chez son agent do change où j'acquiers la preuve que, depuis plus do six moi9, bps renies onteié vendues et jeté**», inconsidérément, dans je ne sais quelle eiploiiatiim industrielle; on me donne d'abord des indices assez vagues, mais bientôt, jo reconnais, h nVn pas douter, quo des Litres do change proies lées h IVchêanco...
DELFIERRE.
Protestées! oui, monsieur lo vicomte, protcatées, on ne tous a pas trompé.
DE HOXIGEEOX.
Cent mille francs!
DELFIERRE.
Cent mille francs... il y a jugement, le dossier est en règle, mon agréé serait incapable... C’est la délicatesse en personne.
Il se ferait plutôt couper la main que do signer cinq minutes trop tôt.
DI KONTCIROX.
Cent mille francs 1 où les trouver? Je viens do m’adrenror aux amis de ma famille, aux roieos... Des amis! les malheureux n'en ont pas.
DELFIERRE.
Us ont dû s’empresser do vous donner.
DE MOXTCEIlOX.
Des conseils, monsieur, des conseils...
DXm&BRB.
Cest bien peu...
DB MONTGEROX. •
FnOn, je les ai vus tous rester sourds h mes larmes, h mes prières!... et je viens vous demander, monsieur... ma démarche est p ut être indiscrète, irréfléchie, vous voudrez bien rue la pardonner... vous demander s’il n’y aurait pas moyeu do suspendre...
DELFIERRI.
Sans aucun doute, monsieur le vicomte, il y a moyen, si tous mu donnez une caution solvable et sûre...
DR ■0XT6ER09I.
lue caution] mais laque-lé? et le scandale do celle arrestation dé* quelle aéra connue! CVst à cela qu’il faut parer sans retard, monsieur... j’ai laisse ma min en pleurs, mes vccur? désolées... c'est vu leur nom quo jo vous prie, quo jo vous supplie de re dre un père h sa famille, à sa famille, quo vous allez perdre h jamais.
DiirrcRM.
Monsieur lo vienmte, votre douleurmo peine vivement; j’admire votre piété liliale; elle m'inspire pour vous une «lime profonde; mais les allures no se traitent pas ainsi; vous me jailez de votre famille ; chacun a la sienne 1 j’en ai uno aussi, moi, uuo faoiillo ! ... jo suis pèro, j'ai une fille...
DE UONTCIROX.
Je le sois, monsieur l... jo l'ai entendu dira.
DELFIERRE.
Mon premier devoir est de veiller h son avooir, h sa fortune; quelque riche, quelquo opulente quo soit une maison do Lauquo, ccnl mille francs, c'est une somme.
DE BÛRTGEROX.
Sans doute.
DELFIBIlRB.
S’il n’y avait que moi de menacé par ce déficit, peut-être serais-je personnellement en situation de lo supporter; mais jo ne suis pas seul... j'ai des commanditaires!
DE MOMCgnON.
Je ne demande pas que vous perdiez ce qui vous est dû. Dieu m’en garde ! Co n’est que la liber té do mon père que j’imploro ,
«a liberté pour quelques jours ! Vous avez avantage à lo lui rendre... comment voudriez- vous qu’il vous rembourrât, ri vous le privez d*s moyens de regagner son crédit, un moment ébranlé? L’état de scs affaires, j’aimoh le croire, n’est pas si mauvais, si désespéré, qu’il ne soit plus possible do lo rétablir...
punnii
Je croyais vous avoir fait comprendre, monsieur lo vicomte...
DI MÛNTGRBOX.
Nous avons, en Anjou, d’assez belles propriétés.. .
DELFIERRE.
Sont-elles pures do toulo hypothèque?
DE KOMTCBROX.
Quelques jours, monsieur, quelques jours jo vous en conjure!
DCLFIEABE.
Il m’est pénible, monsieur lo vicomte...
DS MOXICETIOS.
Vous me refusez ?
DELFIERRE.
J’cn ai du regret... j’on couvions...
DR HO.VTC.KROX.
Vous en convenez t... c'est fort heureux.
DILP1EHEE.
Oui, monsieur le vioomtc, j’en ai du regret, jo veux bien co avoir du regret.
DE SJONTGEJION.
11 faudra donc que ce soit moi qui vous remercie?
DELFIERRE.
Puisque vous vous obstinez h no pas vouloir vous rendre complu de ma position...
DE HOXIGEtlOX.
Voire position 3 et la mienne, monsieur, la mienne ! celle do mou pèrol
DELFIEnnS.
Vous m’obligez h vous rappeler, monsieur lo vicomte, que jo n'ai pas l'honneur do voue cuunutira.
DE llüXlCEROX.
Et vous êtes père, dites- voua ?.. et jo vous ai prié, supplié... jo mo serais jeté à vos pieds!... j’eu suis houleux, car vuus n'avez pas do cœur !
DILP1EERE.
Jeune homme l
scÈim iv.
Lis M£tits DUBLIN.
d i.:d lin accourant, de» papiers à la main,
Qu’y a-t-il, monsieur ?
DELFIERRE.
Co n'est rien, Dublin, ce n'est rien! U. lo vicomto da Montgeron n’oubliera pas qu’il est chez moi.