‹ Le collier de perles comédie en trois actesChapitre 21 sur 28 · SCENE · texte numérisé non relu

SCENE

RIOIARDSON, DUBLIN.

RICHARDSON

Voyons, M. Dublin, voyons notre petit compte?

Prenez donc ce fauteuil, monsieur 1 {A part.) Avec lai, du secret... il part!...

RICHARDSON

Vous ôtes un hommo d’ordre, M. Dublin.

DUBLIN

C’est mon seul mérite.

RICIMRDSON.

Et de plus, un grand dévouement à M. Dolpierre.

Dublin, tout en faisant semblant de chercher sur le bureau.

A lui, à 5a famille... et jo mo trouve bien heureux lorsque jo pu»s leur en donner des preuves. Eh üiou! où eu- fi donc, mon bordereau.

IUCDAHD50N

Vous no lo trouvez pas ?

DUBLIN

Jo Parais mis sous cet écrin.

RICHARDSON

Quoi écrin ?

DUBLIN

Un écrin que je suis chargé do vendre.— Co maudit borJcrcaul Un collier magnifique!

RICHARDSON

A vendre?

DUBLIN

Oui, monsieur, la voilà I

L’écrin ?

DUBLIN

Non, lo bordereau. — Voyons» monsieur, lisez : Actif, passif.

Richardson, ferrant le papier aoua le regarder.

Bien ! trea-Loeu t

r rw •

LE COLLIER DE rERI.ES.

DUBLIN

Monsieur ne vérifie pas t

RICHARDSON

Vous plaisantez.

miu r*

Il y a un reliquat... do treize cents et quelques francs dont je n'aurai pas l'indiscrétion de charger monsieur, je les lui porte* rsi à son hôtel I

RICHARDSON

Utile grâces, M. Dublin... mais munirez- moi donc votre écrin, votre collier.

7e b ose guère*.

RICHARDSON

Pourquoi donc?

DUBLIN

Parce qu'il y a du danger !

RICHARDSON

Quel danger?

DUBLIN

Celui do succomber h la tentation.

RICHARDSON

Raison do ptus.(/l U prend.) Oh! que c’est joli! c’est délîricoxf DUBLIN.

C’est ce qoo tout lo monde dit en le voyant, mais personnes no l’achète. ^

RICHARDSON

Pai visité tous les bijoutiers de Paris, je leur ai pris tout en qu'ils avaient de mieux, et je n’ai rien trouvé d'aussi beau. — Il est à vendre?

DUBLIN

On voudrait s’en défaire et on avait chargé ma femme do la montrer (fi pari.) Je ne suis pas marié... mais ça donne plus de vraisemblance. ( Haut. ) Mais nous désespérons do rencontrer un amateur...

RICHARDSON

Pourquoi donc ? il est superbe!

R faudrait un véritable amateur.

RICHARDSON

Je le suis.

DUBLIN

(Test bien cher.

B1CIIABD50N.

Le prix ne fait rien. — Je le prends.

DUBLIN

U vous conviendrait?

BICBABDSON.

Il me convient, et plus que vous ne pourriez l'imaginer.

DUBLIN

Je n’espérais pas si bien tomber!

RICJIABOeON,

Ces perles-là sont d'uno finesse admirable.

DUBLIN

El co gros rubis, entouré do diamants!..

RICHABDSUSf.

Je m'occupe moins du rubis que des perles... celle qui les portera on sera toute fière, ce sont ellos qui me décidont.

* DUBLIN

Ainsi vous le prenez?

Je n’ai qu’une parole. — Jo lo prends; il sera bien placé, je vou* en réponds... sur use tôle charmante.

DUBLIN

Au Canada, (fi part) nous sommes sauvés.

RICHARDSON

An Canada ou autre part. Qu'importe? Voyons, M. Dublin, terminons tout de suite... Combien vous dois-je?

DUBLIN

U a coûté cinquante mille éens.

RICHARDSON

Je ne marchande jamais. Je vais vous les donner.

Non, monsieur, non...

RiCBARDSAN.

Comment! non? J'ai là des bons du trésor, ce sera bien vite régie.

DUBLIN

Je ne me fais pas bien comprendre ; je voulais dire quo la valeur do rca sortes d’objets ayant beaucoup diminué, la personne quo je représente no demande que cent mille franc».

RICHARDSON

S’il a coûté cinquante mille écus?

DUBLIN

Il y a fort longtemps! — Je n’ai que cent mille francs à recevoir.

Et vous ôtes persuadé que jo quitte demain la France?

DUBLIN

Jo vous l'ai entendu dire.

RICHARDSON

El je vous offro cent cinquante mille francs. Il vous revient un droit do commission! M. Dublin... Je ne me déiis pas... Je vou* offre cent cinquante mille francs... vous comprenez ?

DUBLIN

Oui, monsieur, jo comprends... mais je ne prendrai que cent raille...

RICHARDSON

Vous êtes on bien parfait honnôto homme.

DUBLIN

Il mo semble quo c’est tout naturel.

RICHARDSON

Tout naturel pour vous! Oui, vous ôtes un parfait hnnn&lc homme! Voilà vos cent milto francs; un bon sur lo trésor do 60,000, un autre de trente, et une traite de dix mille écus payable demain chez le baron de Rotschild.

DUBLIN

Merci, monsieur, merci ; je ne vous cache pas que sans le savoir vous allez rendre la joie et le boohour à touto une famille.

BICBABDSON.

J’cn suis doublement satisfait, car notre marché ne me nuira pas à moi-môme. Ma corbeille n’est plus du quatre cent mille francs! la voilà de cinq cent millel

Votre corbeillo ?

BICBABDSON.

Mn corbeille de mariage t Je me marie prochainement, mon cher monsieur Dublin, très-prochainement, et vous pourrez, vous vanter d’avoir contribué à me faire bien venir de ma futurol... elle va ôtre enchantée ! bientôt vous la connaîtrez, monsieur Dublin.

DUBLIN

Je la connaîtrai !

RICHARDSON

Oni, oui ; un polit écrit est-il nécessaire?

DUBLIN

Avec vous, monsieur Richardson, ce serait parfaitement inutile t

RICHARDSON

Dites avec vous, monsieur Dublin. Je n’ai jomais rencontré un homme aussi pur et avec tant de simplicité. Allons! il y a encore de braves gens. Je perds tous les jours une illusion; mai* cette perte-ci jn© console de beaucoup d'autres.

b ceint xv.

Las Mines, BAPTISTE.

Baptiste, entrant par la droite.

Monsieur vient do rentrer; il attend M. Dublin dans »on cabinet

J’y vais, Baptisto, j’y cours t monsieur, je suis bien voire buro* blo serviteur ! [Il pote récrin tur le èurcau.)

RICHARDSON

Au revoir, monsieur Dublin !

baptists, ouvrant la porte à gauche.

Voici mademoiselle 1 (VJ tort.)

Page 1