‹ Le collier de perles comédie en trois actesChapitre 22 sur 28 · LOUISE, RICHARDSON · texte numérisé non relu

LOUISE, RICHARDSON

LOUISE

Vous ave? paru, monsieur, attacher quelque prix à celle visite?

IICUIDMII,

Un grand prix, mademoiselle!

LOUISE

Je me suis fait un plaisir do no point tous la refuser, la veille de Totro départi

tlCHARMON.

Oh ! mon départ!... Monsieur voire père vous aurait.il donc laissé ignorer, mademoiselle, que maintenant tuon plus vif d»*«ir est do ne point mo rembarquer, de rester h Paris... près do lui?

LOUISE

Il m'en a dit quelques mots...

RICHARDSON

Jo le lui ai formellement déclaré: jo ne songe plus qu’à m’y fixer... m*y établir 1

LOUISE

C’est une résolution grave et un peu subito.

RICIIARDMI.V.

Ainsi Ton! nos projets 1 le hasard vient, d’un souffle inattendu, renverser le frôle édifice de nos combinaison» 1 il suffit d’uiio tirconsianco imprévue, d’un regard... de deux beaux yeux!

Loi: tse.

Des yeuxàpeine connus auraient eu tant depouvoirîsi vile... on huit jours:.,.

RICHARDSON

En fallait-il davantage pour apprécier la beauté, la grâce l’esprit de colle que j’aiinc r

xontsi.

Que vous aimez?

RICHARDCON.

Ahî si j’étais assez favorisé, mademoiselle, pour qu’elle daignât d’un sourire encourager mes vœux et (pourquoi ne le dirais-je pus) mes espérances, jo voudrais en la voyant près de mot, pensive, irrésolue, préoccupée. . dans un pareil moment, c’est bien naturel, hélas ï bien excusable... jo voudrais dérouler devant elle l’image, trop affaiblie peut-être, de toutes les joies, de tous les bonheurs dont je saurai sans relâche entourer l’existence indépendante et facile que j’ai l'ambition do lui créer! uoin.

Vous parlez d’indépendance I mais, monsieur, chacun se fait la sienne selon ms goûts, sa volonté... l'indépendance, en un mol, est dans le caractère et non dans la fortune!

KKBàaMM.

C’est parfaitement juste, mademoiselle: l'indépendance esldans le caractère ; mais l’opulence, une grande opulence donne seule les moyens d'en jouir l Les gens qui n’ont qu'un roveun tnedio cre son t, je vous le jure, do bien pauvres indépendants.

, LOCISK.

Ainsi, monsieur, ces trésors, «os dix millions que vous offrez d’ailleurs avec une courtoisie toute gracieuse dont on doit vous savoir gré, vous ôtes persuadé qu’ils sont iogoge d'un bonheur certain ?

RICHARDSON

Ils en sont la garantie, mademoiselle, la moilteure do toutes les garantit»!...

LOUISE

Vous y mettez une franchito qui désarme!

RICHARDSON

Il saut d’abord s’aimer, te convenir... c’est Io point capital, jo ne dis pas non, et malheureusement sur cocha pi tro-là.je ne sais

r as encore h quoi m'en tenir. . mais dès qu’on estd’orrordel ïûrs un do l’autre... on serait bien fous d'aller re réfugier dans une chaumière pour y répéter ensemble le plus bâte de touslcs dirions prétendus populaires! Croyez- moi, mademoiselle, je m’y connais... le luxe, l'éclat, 1a magnificence... on peut no pas y tenir et n’en prendre que coque l’on veut... soit! mais ressentie], c’est do les avoir, de les sentir là sous la main... ça mol à son aise t j’entends donc que celle quo j'aimt* ait do toutes lej poumons la plus élevée, la plus brillante, In plus enviée I LO OUI.

Je vous laisse dire!

RJCHARSSON.

Jo lo crois bien l ce n'est jamais désagréable à entendre, n'estil pas vrai? Votre vie de citât eau en France est mesquine et ruai entendue... je ferai celle de ma femme grande, suzeraine, territoriale... enfin à ma mauicrc, je m’en charge 1... vous verrez I... LOCisK, à part «

U est amusant.

aicuardson.

Soit dans sa terro, soit dans son élégant hôlel de Paris, elle

verra à tout instant vingl esclaves à ses pieds, empressés à la servir!...

LOUISE

Des oâclaTes... en Amérique... mais citez nous....

RICHARDSON

Des valût*, le nom n’y fait rien!... valets attentifs, valrtt obéissants et dévoues, non pas a cause de leur peau noire on blanche, mais parce que j« les paierai avec larges*© ; c’cit U toulo la theorio do l'esclavage! sos chevaux, Ma voiture», s« attelages , c’est moi, moi ebuI qui en serai l’ordonnateur! tal* fêtes, concerts, voyages... elle n’aura qu’à désirer I... sa parure... pour briller... elle n’en a pas besoin sans doute, mais il en faut toujours un peu, n’est-co pas, ne serait-co quo pour donuerte bon eiemplo et faire enrager les autres !... Aussi, jo lui destina uno corbeille.

LO L'ISS.

Quoi!... monsieur...

RICHARDSON

Une corbeille!...

LOUISE

Vous auriez déjà...

RICHARDSON

Je prétends que tout co qui est beau, rare et distingué soit pour elle !... que rien n'échappe à s<« vœux ou plutôt aux miens, ur mon devoir, 1« mission quo jn me suis donnée, c’est de voler aa devant de ses moindres fantaisies ; tenez... toute à l’heure... je nu sais qu’elle occasion s'est présentée, on a mis sous mes yeux ua bijou délicieux, du goût lo plus exquis... dos perle» admirables a montées! un chef d’œuvre! Du moment quo je l’avais vu, il im pouvait être que pour elle !.. . je l’ai donc acheté. .. et si roui • permutiez que je vous le montre...

LOUIS!

Mo le montrer?

RICHARDSON

Pourquoi pas ?... ça n’engage à rien I Louise, d part.

Voilà qui est un peu hardi, un peu américain I

RICHARDSON

Voyez, mademoiselle! vous ne mo refuserez pas de donner votre avis. [Jl lui présente Véerin ouvert.)

LOUISE

Grand Dieul

RICHARDSON

Eh bien ?

LOUISE

Quoi! monsieur... ce collier, il est à vous?

RICHARDSON

A moi ; oui, mademoiselle !

LOUISE

Vous l’avez acheté ?

Oui, mademoiselle.

Louise.

Tout à l’heure?

RICHARDSON

Tout à l’heure... et pour rien ; une bagatelle I Louise, à part.

Ah ! Dublin ! excellent Dublin ! (Asanf.) Ha I ha ! ha ! Et c’ei lui : il est sauvé.

RICUARlftON.

Vous rioz, mademoiselle !... Vous en convenez... il est macniflquo. *

LOUISC.

Comment no pas on convenir! haï ha! En vérité, monsieur Richardson, vous ôtes un homme charmant!

RICHARDSON

Charmant, non... mais homme de goût peut-ôtrol [A part ) La voilà toute rayonnante! eht mon Dieu 1 c’est un aimant! pas une n'y résisté ! un peu plus tût, un peu plus tard, .. lies Unissent toutes par y ôiro prises!

LOUISE

Je vous félicite, monsieur Richardson, sur cette jolie acquisition... * *

RICHARDSON

Mon vœu le plus cher serait de la voir rester entre vos mains 1

C'est une plaisanterie ! reprenez votre collier, monsieur Richardson, et, bien qu’il ne ma soit pa» permis d’enrourager es quo vous avez appelé un peu légèrement vos espérances, j'avouerai que jo vous trouve aimable, gracieux, tpiriiuol * mais j ajouterai... votre franchise a d’avonce justifié la mienne... quo vos malheureux dix imitions vous font un peu de toit..

RICHARDSON

Comment , du tort ! voilà b première fois qu’on rao (ait un compliment de cette espèce !

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