Le Collier des heures
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LES HEURES
Pour charmer notre attente ou pour la décevoir, pesantes de désir, de tendresse, d'envie, une aube après une aube, un soir après un soir, coulent entre nos mains les heures de la vie...
Elles vont un instant Jouer dans la clarté ; elles sont tour à tour blanches, grises ou roses, mais épuisent bientôt leur frêle éternité et sur elles le temps met des cendres moroses.
Elles tombent alors au fond morne du cœur, s'y posent lentement, à jamais dédaignées ; Voabli nous a versé sa brûlante liqueur, nous ne savons plus rien des heures éloignées..
Elles restent en nous... Mais un Jour cependant lorsqu' énervés de rêve y un peu lassés d attente y et suivant L'avenir d'un désir moins ardent, nous sentons tout à coup que le passé nous tente,
Nous allons nous pencher sur le goujj-re béant autour de qui la vie orageuse déferle et nous plongeons en lui, comme dans V océan, audacieux et nu, plonge un pêcheur de perles.
Et chaque heure surgit de son passé lointain, celles quon oublia, celles où la mémoire croyait pouvoir fxer un arrêt du destin, l'une avec sa défaite et l'autre sa victoire ;
LES HEURES
Les heures d'autrefois^ aux heures d'aujourd'hui, couleur d'aube, couleur de soir, couleur de lune, unissent leur beauté, leur douceur^ leur ennui, et nous les choisissons avec soin, une à une,
Pour que notre âme, infante en robe d'apparat^ en passant au jardin des désirs et des leurres puisse sentir un Jour sur son cou délicat frissonner doucement le lourd collier des heures...