PAYSAGE
Le Gardon paresseux dans son lit de graviers unit son bavardag-e aux cris des lavandières et luit sous les frissons moirés de la lumière qui descend des coteaux arg-entés d'oliviers.
Des enfants jouent, nerveux et bruns dans la poussière, et mêlent leurs appels à ceux des charretiers ; des vieilles, sur le pas usé de l'escalier, tricotent lentement l'heure crépusculaire.
Des mineurs passent^ noirs, et leur lampe à la main, un troupeau de moutons encombre le chemin, et la lune très blanche, ainsi qu'une veilleuse,
Se suspend tout à coup dans la pâleur des cieux derrière une maison d'où sortent des fileuses une chanson aux dents, un rire dans les yeux.