‹ Le Collier des heuresChapitre 25 sur 57 · AU CRÉPUSCULE · texte numérisé non relu

AU CRÉPUSCULE

-.e vaste crépuscule endort toute la plaine. . . ombre qui se dévide aux fuseaux des cyprès ^ient s'enrouler au flanc des coteaux empourprés >ù la mort du soleil met sa g-Joire lointaine.

^près le jour brûlant et fier, les arbres las, mmobileSjtout droits, semblent serrer leurs branches )Our faire une ceinture noire aux fermes blanches ;ur qui descend la nuit en robe de lilas.

gÔ LE COLLIBR DES HEURES

Diligente et discrète, elle laisse son voile diaphane, traîner sur les champs endormis, et dans chaque fenêtre entr'ouverte à demi voit la lampe du soir qui répond à l'étoile.

Un parfum pénétrant rôde au creux des sillons, où quelque tas de blé laisse une note claire, et l'on entend la voix nocturne de la terre parmi les chants lég^ers qu'éveillent les grillons.

Oh ! t'avoir près de moi dans quelque nid de roches, nous deviner un peu sans cependant nous voir et tendre vers l'azur nos cœurs comme un miroir où les astres errants nous paraîtraient plus proches.

Oublier un instant tous mes anciens aveux, et les mots fatigués dont notre âme est trop pleine pour te donner ma vie en mêlant mon haleine à l'haleine du soir glissant dans tes cheveux.

AU JARDIN D AMOUR 97

Comme je t'aimerais, fléchissante et pâmée, tes bras frais à mon cou, peureuse de bonheur, que tes yeux seraient beaux aux tremblantes lueurs dont s'irisent le ciel et la terre embaumée !

Le calme de la nuit éclose au firmament,

ferait de nos passés d'inutiles décombres,

et nous serions tous deux sur le seuil de leurs ombres

la première maîtresse et le premier amant.

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