SOUS LA LAMPE
Gomme lasse de vivre une rose s'incline sous la langueur du crépuscule,
je sens fléchir ce soir au creux de ma poitrine le rêve qui me brûle.
Est-ce toi, mon désir, qui n'es plus assez vaste
pour étreindre le monde et pour ressusciter les orgueils et les fastes
dont tu nourris la joie féconde ?
Ai; JARDIN D AMOUR I IQ
Est-ce toi qui te perds ainsi parmi les ombres,
ô ma douloureuse pensée, et qui mets à mon front courbé tes ailes sombres
d'hirondelle blessée ?
Est-ce le glas d'une espérance qui m'attriste
et la lente ag"onie de quelque amour ancien dont le parfum persiste
au bord de la brume infinie !
Tous les passés meurtris par ce soir monotone lèvent vers moi leurs mains lointaines
et heurtent à mon front leur vol qui tourbillonne comme un vol de phalènes.
Toi dont les mains d'amour sont douces à mes tempes
ô ma sœur de tristesse, pourquoi ne viens-tu pas écarter de ma lampe
les lourds fantômes qui m'oppressent ?
LE COLLIER DES HftURES
Je sens peser sur moi l'angoisse des minutes
et mes pensées exténuées sont, lorsque je suis seul, des Pégases qui butent
sur le flanc des nuées.
Je dois, pour retrouver le divin équilibre,
au creux de tes prunelles chercher et voir l'azur profond d'un ciel plus libre
où peuvent s'éployer des ailes.
Car tu traces en moi des gestes de lumière
et près de ton âme asservie je vois frémir sous la fraîcheur de tes paupières
la source de ma vie.
AU JARDIN D AMOUK