‹ Le Collier des heuresChapitre 30 sur 57 · SOUS LA LAMPE · texte numérisé non relu

SOUS LA LAMPE

Gomme lasse de vivre une rose s'incline sous la langueur du crépuscule,

je sens fléchir ce soir au creux de ma poitrine le rêve qui me brûle.

Est-ce toi, mon désir, qui n'es plus assez vaste

pour étreindre le monde et pour ressusciter les orgueils et les fastes

dont tu nourris la joie féconde ?

Ai; JARDIN D AMOUR I IQ

Est-ce toi qui te perds ainsi parmi les ombres,

ô ma douloureuse pensée, et qui mets à mon front courbé tes ailes sombres

d'hirondelle blessée ?

Est-ce le glas d'une espérance qui m'attriste

et la lente ag"onie de quelque amour ancien dont le parfum persiste

au bord de la brume infinie !

Tous les passés meurtris par ce soir monotone lèvent vers moi leurs mains lointaines

et heurtent à mon front leur vol qui tourbillonne comme un vol de phalènes.

Toi dont les mains d'amour sont douces à mes tempes

ô ma sœur de tristesse, pourquoi ne viens-tu pas écarter de ma lampe

les lourds fantômes qui m'oppressent ?

LE COLLIER DES HftURES

Je sens peser sur moi l'angoisse des minutes

et mes pensées exténuées sont, lorsque je suis seul, des Pégases qui butent

sur le flanc des nuées.

Je dois, pour retrouver le divin équilibre,

au creux de tes prunelles chercher et voir l'azur profond d'un ciel plus libre

où peuvent s'éployer des ailes.

Car tu traces en moi des gestes de lumière

et près de ton âme asservie je vois frémir sous la fraîcheur de tes paupières

la source de ma vie.

AU JARDIN D AMOUK

Page 1