‹ Le Collier des heuresChapitre 43 sur 57 · L^ÉTÉ · texte numérisé non relu

L^ÉTÉ

Il a l'org-ueil d'un Attila et partout où son glaive a lui, où sa chaude haleine souffla, tout se flétrit derrière lui. ..

Quand il se montre, les mortels restent terrés dans leurs prisons; dédaig-neux d'encens et d'autels il règne seul, sur l'horizon. ..

Droit dans son char éblouissant, astre qui jamais ne descend du ciel qu'embrase son effort,

Fauve et fougueux conquistador,

il avance, la lèvre en sang-,

botté de pourpre et casqué d'or ! . .

C'est une fillette au cœur triste qui pour un rien tremble et s'étonne, avec un doux rire où persiste l'écho des larmes monotones...

Elle est pâle, blonde et pensive; dans ses yeux un regret frissonne, elle aime rêver près des rives, elle a peur de l'heure qui sonne. ..

AU JARDIM DE MEMOIUE I77

Puis, un jour de mélancolie, comme la dolente Ophélie, détournant les jeux de Fespace,

Plus pâle, plus frêle et plus blonde, elle va suivre au creux de l'onde l'ombre du nuag-e qui passe...

l'jS LE COLLIER DES HEURES

l'hiver

C'est un tyran ; l'haleine est aigre, les membres secs et rabougris, il tiottine d'un pas allègre dans le noir, le sale et le gris.

Jaloux d'être un artiste insigne, il fait avec férocité arracher leur plumage aux cygnes pour en joncher l'immensité. . .

11 rit d'un rire qui vous glace; puis, quand il doit céder la place, quand le printemps^ ce Roméo,

Lui porte le coup qui l'achève, il frémit, d'une voix de rêve :

Qaalis artifex pereo /. . .

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