‹ Le Collier des heuresChapitre 7 sur 57 · MATINS D'AUTOMNE · texte numérisé non relu

MATINS D'AUTOMNE

Aujourd'hui lourde et maussade,

avec découragement,

l'aurore ouvre lentement

des jeux gris d'enfant malade.

Elle tente vainement

de décocher une œillade...

tout est morne . . . l'heure est fade

où le rêve se dément i . . ,

Cependant, encor coquette, elle avance un peu la tête, elle hasarde un reg^ard,

Mais comme la bise souffle, frileuse, elle s'emmitoufle d'une échappe de brouillard !

Sous le froid trop vif qui les tue les feuilles d'or tombent soudain et je plains le sort des statues à l'abandon dans les jardins. . .

En sifflant le vent s'évertue

sur les bras, la nuque et les seins

de la Vérité dévêtue

qui grelotte au bord du bassin.

Aq le collier des heures

Dans la brume qui les transperce les marbres dont l'éclat se ^erce se trouvent trop abandonnés

Et le cher Maître sur son socle, reg-rettant le sol d'Empédocle, sent g-eler le bout de son nez ! . . .

Dans le parc triste et qui s'endeuille on peut encore apercevoir au bout léger d'un rameau noir frissonner la dernière feuille !

Est-ce vous qui venez vers moi?...

Le vieil amour va-t-il renaître?

Mais, hélas! Sans me reconnaître, vous passez, rapide... Pourquoi?

Aa LE COLLIER. DES UliUUES

Il vente, il pleut... on marche vite.

Sans même le voir on évite

le vieux banc où nul ne s'assied,

Et comme une aile qui se brise

la feuille morte sous la bise,

en tournoyant tombe à vos pieds !

Page 1