Le colloque de Poissy
La France mise en demeure de se prononcer définitivement pour le Catholicisme ou la Réforme, son gouvernement placé en face de la gutirre civile et impuissant contre la crise terrible où se débattait notre pays, tels sont les tragiques souvenirs que réveille dans tout esprit le Colloque de Poissy, et il suffit de les rappeler pour reconnaître à la fameuse conférence de 1561 son importance capitale parmi les épisodes de l'histoire de la Réforme française au seizième siècle. Chose singulière pourtant, le Colloque de Poissy, quoique bien des auteurs en aient parlé, n'a pas encore eu, à vrai dire, son historien. De Thou, dans sa vaste com-
Vî AVANT-PROPOS.
position , ne pouvait longuement insister sur l'année 1561 sans nuire à l'économie générale de son ouvrage; aussi n'a-t-il guère donné qu'un résumé substantiel de la discussion des prélats français avec les ministres protestants, ne touchant ainsi qu'à l'une des trois questions agitées à Poissy. Quant aux écrivains des temps postérieurs, ils ont suivi pas à pas le récit de de Thou. Si, complétant ce dernier sur un point, le continuateur de Fleury traita de la réforme du clergé français sur lui-même, décrétée plutôt que sérieusement tentée par l'assemblée de Poissy, il le fit d'une manière incomplète et sans montrer la valeur réelle d'une pareille démonstration. Enfin la question, si importante en 1561 , des finances et de la subvention du clergé au roi se trouve à peine effleurée dans la plupart de nos histoires.
Reprendre et réunir les trois questions qui occupèrent l'assemblée de Poissy, en indiquer la liaison et la vraie portée, replacer cette assemblée au milieu des circonstances qui ont appelé sa convocation ou qui l'ont suivie, afin de la juger avec une entière équité, restituer aux événements leur caractère souvent faussé