CHAPITRE DEUXIÈME
Nevers, de Lisieux, de Vence, de Tulle, d'Auxerre, de Saint-Papoul, de Cornouailles, de Mirepoix, de Toulon, d'Aleth, de Luçon, de Poitiers, de Dol, de Coutances, d'Aire, de Comminges, de Seez, et de Valence, ce dernier, fort suspect à ses collègues et bientôt après censuré par la Sorbonne dans quelquesuns de ses sermons et de ses écrits. Le reste du clergé députait à rassemblée comme canonistes: le chancelier de l'Université de Paris, le doyen de Sens, le doyen d'Amiens, l'ofûcial de Tours, le doyen de Soissons, l'offlcial de Reims, Tauditeur de Bordeaux, l'oflicial d'Évreux, le chantre de Clermont, l'ofticial d'Uzès et Saugnier, de Toulouse; comme théologiens: Salignac , Bouteiller, Despence , Cotignon , Vigor, Dupré, Coquier, Brochot, Sénéchal, Ciry, de Xaintes et Gibou. Plusieurs de ces noms étaient ceux d'hommes remarquables par leur savoir, et au nombre des plus éclairés comme des plus modérés nous verrons figurer Despence, l'auteur du journal qui nous guide dans ce récit. Plut au ciel que tous se fussent montrés comme lui sincères et disposés à la conciliation î Malheureusement les esprits violents et obstinés formaient la majorité dans l'assemblée de Poissy, et les talents qui auraient pu servir à faciliter le rapprochement des deux partis rehgieux, on les emploja à rendre la séparation plus profonde et jeter la France dans la guerre civile.
Aussitôt que l'assemblée eut choisi son président et réglé l'ordre dans lequel siégeraient ses membres, le roi , en personne , ouvrit solennellement les délibérations. Il vint à Poissy le dernier jour de juillet avec la reine, sa mère, le duc d'Orléans, son frère,
5jme Marguerite, le roi de Navarre, le prince de Condé, M. de Montpensier, le prince de la Roche-sur-Yon, les ducs de Guise et de Nemours, le Connétable et un grand nombre d'autres seigneurs et dames de la cour ; puis quand chacun se fut rangé à la place qui l'attendait, le jeune roi prit la parole pour rappeler à l'assemblée dans quelle intention il l'avait convoquée : « Messieurs, dit-il aux prélats, vous êtes assez » advertis des troubles qui sont en ce royaume sur « le faict de la religion. C'est pourquoi je vous ay » fait assembler en ce lieu à réformer les choses que
* vous verrez y estre à réformer, sans passion quel- » conque ny regard à aucun particulier intérest, mais » seulement de l'honneur de Dieu, de l'acquit de nos » consciences et du repos public ; ce que je désire » tant que j'ay délibéré que vous ne bougiez de ce » lieu jusqu'à ce que vous y ayez donné si bon ordre » que mes subjects puissent désormais vivre en paix » et union les uns avec les autres, comme j'espère » que vous ferez. En ce faisant me donnerez occasion » de vous avoir en la mesme protection qu'ont eu
* les rois mes prédécesseurs. » ' Le chancelier revint sur l'invitation du roi et la développa dans un discours qui témoignait autant du zèle vraiment chrétien que de la sagesse politique de l'orateur ; après quoi la cour ayant quitté la salle, l'assemblée commença ses travaux. Mais les ministres réformés qu'elle devait entendre n'étaient pas encore arrivés ; les prélats curent donc le loisir de s'occuper d'abord, de la subvention que le clergé accorderait au roi.
* Voir Mémoires de Condé, t. II, p. 490 (éd. 1743).