TOC S
Son mari ! .
Madame de gondreville.
Élise, ma chère Élise, nous sommes sauvées, c’est mon mari !
* GONDREVILLE
Comment! ce serait Élise de Lussan,donttu me parlais dans toutes tes lettres?...
ADOLPHE
Mademoiselle de Lussan , ah ! malheureux, qu’ai-je fait ? moi qui voulais conquérir son estime , je commence par griser celle que j’aime, par la faire battre... Ah, mademoiselle! je suis indigne de pardou; mais si vous saviez dans qqelle intention !...
condreville à Élise. ( Pendant la tirade précédente Madame de Grondreville a eu l’air d’expliquer à voixbasseù son mari ce qui vient d’arriver.)
Air de la Sentinelle.
Je l’avoûrai , d’un guerrier tel que vous C’est à regret que je prive l’armée :
Pour d’autres soins , pour des succès plus doux ,
Songez-y bien , l’amour tous a formée.
Ce fer qui pèse à votre bras.
Pour vaincre est moins sur que vos charmes.
Quittez l’appareil des combats ;
Qu’ayez-vous besoin de soldats ?
Tout le monde vous rend les armes.
CADET
A propos de cela , j’oubliais la carte... Usé trouveque Mademoiselle redoit...
ADOLPHE
Allons encore 1 Tais-toi donc.
c AD Et.
Je vous dis qu’elle redoit huit louis!
COS DREVIJLLEc
Je me charge de la dette de ces dames-et prie ces Messieurs de vouloir bien accepter, pour ce soir, le dîner que leur offre leur véritable colonel !
AUOLFHE.
Ah ! mon coloDel ! (à madame de Gondrevilte. ) Ah madame! si vous ne parlez pas en ma faveur, je suis un homme perdu ! (à Elise. ) Serai-je aujourd’hui le seul malheureux?
ELISE
Quoi ! Monsieur, vous osez encore, après la conversation que nous avons eueb,.
ADOLPHE
Je m’étais fait mauvais sujet pour vous plaire ( Montrant . M. de Gondrevilte ) Je croyais parler à Monsieur. ( Sereprenant.) Mais la vérité pure..!
Est que vous êtes querelleur , mauvaise tête , que tous aimez le vin , les dames.
ADOLPHE
Ça, ce n’est pas ma faute! c’est celle de l’habit! et vous l’avez bien vu par vous-rnême. Il n’y a pas une demi-heure que vous le portez , et vous avez déjà sur la conscience du champagne, un duel et des dettes!...
EL I SE
Le fait est que j’aurais mauvaise grâce à me montrer trop sévère. ( à Gondrevilte. ) Colonel , j’abdique , ( à Adolphe. ) et si malgré la perte de mon.rang...
ADOLPHE
Vous conserverez toujours sur moi le même empire
Soumis à la discipline conjugale on ne me verra jamais passer sous d’autres drapeaux, et vous serez toujours ma femme, mon guide et mon colonel.
Air nouveau.
4 OO KD REVILLE.
Ne craignez point l’austérité sauvage D'un commandaut qui fuit les doux loisirs ; Mêmes dangers seront notre partage,
Partageons les mêmes plaisirs.
Contre l’État si l’ennemi conspire ,
Les fatigues auront leur tour;
En attendant, aimer, chanter et rire, $
Voilà, Messieurs, l’ordre du jour.
Madame de G o a d rev i l l e.
Lorsqu’un amant qui porte l'épaulette À la beauté sc voit uni,
Telle est la consigne secréte De Madame et de son mari.'
Lui , dans les camps , où l’honneur le réclame. Doit commander ; mais en retour,
Dans son ménage, c’est Madame ’ Qui doit donner l’ordre du jour.
AD O L P ns.
Dans les périls déployer sa vaillance,
Dans le succès sa générosité ;
Dans le malheur conserver sa constance ,
.5 .• Et dans tous les temps sa gaîté :
Fuir l’amour pour aller combattre,
Des combats voler à l’amour.
C’était l’usage au temps de Hcnri-Quatre ,
Et c’est encor l’ordre du jour.
élise au public.
Pour solliciter l’indulgence ,
De nos auteurs je suis le député ,
Ils comptent sur mon éloquence.
Je compte sur votre bonté :
Mais si notre attente est frivole.
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