‹ Le colonel, comedievaudeville, en un acte, de mm. Eugene Scribe et G. Delavigne, representee pour la premiere fois sur le Theatre du Gymnase dramatique, le 29 janvier 1821Chapitre 8 sur 23 · SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII

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Les précéders, ÉLISE en uniforme très-élégant.

ADOLPHE est très - près de madame de GON-

DREVILLE. > ■

• EtisB dans le fond.

Il me semble que je fais bien d’arriver.

Madame de gokdbeville l’apercevant.

Eh! venez doncj mon ami. [Le présentant à Adolphe.) C’est mon mari» Monsieur , que je vous présente... et ’ devant qui vous pouvez continuer la conversation.

Adolphe à part, en détournant la télé.

Ah! il y a un mari; diable! (S’avançant pour saluer Elise. ) Monsieur. . . (La regardant. )En croirai-je mes yeux! . -,

Elise de même , bas à Madame de GondrevilU. '

C’est lui , c’est Adolphe 1 . .-.

adolphe avec émotion. *

J’avoue, Monsieur, que votre vue me cause une surprise . . . ( Mettant la main sur son cœur.) Il y a peu de ressemblance aussi frappante.., une demoiselle charmante que j’ai eu le bonheur de rencontrer (deux fois seulement, il est vrai) chez madame de Lussan...

. Madame de gokdrevillb

C’est sans douta mademoiselle EU#a-que vous voulez dire. •’ " * ‘ * • f .

ADOLPHE

Elise ! vous la connaissez?

Madame de cohdreville faisant signe à Elise.

C’est la sœur de mon mari !

euse hésitant.

Oui, Monsieur. . . c’est ma sœur!

iDOlfHt. -

Votre sœur!., il serait vrai!... ah, Madame! ah. Monsieur ! combien j’ai d’excuses à vous faire!.. Vous êtes parons de madame de i.ussan... femme respectable,

qui daignait m’honorer d’une estime particulière la

société la plus aimable, la plus amusante j’y allais presque tous les jours...,., , et jê serais trop heureux de pouvoir m’acqu ittèr envers vous de tout ce que je lui dois-.. Quand .vous êtes arrivé je faisais à Madame des , offres de service.» mais ne puis- je savoir à qui j’ai Thon,néur de parler, et quel est lé nom de votre mari?

Madame de.Gos dseville.

M. de Gondreyille.

Adolphe.

Comment! Userait possible! M. de Gondreyille qui a servi en AHen^agné? . < . - '♦

Madame de cokdkevillb. • AJi y '"

Oui , Monsieur. . > ■

ADq^HE. ..

Qui a eu dernièrement une affaire d’honneur, et qui a été exilé dans ses terres ?

Madame de co«DttE y iLLE. h

Oui, Monsieur.

• ADOLPHE. ' v

Enfin qui vient d’être rappelé â la cour, et nommé colonel? ,

Madame de g o h d a g vu le.

Que dites-vous! mon mari rappelé à la cour, et nommé colonel !

ADOLPHE

Comment! vous ne le saviez pas encore? (Donnant à Elise une poignée de main. ) Colonel , que je sois le premier à vous faire mon compliment. Le courrier qui nous l’a annoncé hier nous avait bien dit que vous étiez loin de vous en douter. . . Aussi nous ne vous attendions que dans deux ou trois jours. Mais vous voilà; nous sommes trop heureux! Je cours répandre cette bonne nouvelle.

ELISE

Comment, Monsieur, que signifie . . .

ADOLPHE

Que votre régiment est ici , le ta* de hussards en garnison à Joigny; un régiment superbe, toutes vieilles moustaches ; car tout le monde n’a pas le même bonheur que vous, colonel ; à peine entré dans la carrière, vous êtes déjà vieux par vos exploits.

• • ÉLISE

Monsieur.

ADOLPHE

On nous disait bien que notre colonel était un jeune homme.

Air de la Robe et les Bottes.

A dix-huit ans forteresse et redoute.

Tout lui cédait , tout recevait ses lois;

Même on disait..... Madame nous écoute ,

Et je tairai d’autres exploits.

Tant de jeunesse et tant de renommée Ont droit pourtant de m’étonner ici.

Madame de cordrevill*.

Oui , j’en conviens , toute l’armée Ne compte pas deux guerriers tels que lui.

ADOLPHE

D’honneur, vous serez content : la ville est excellente , et le régiment y est très-bien vu : tous les soirs notre musique fait danser les dames... je suis sûr que cela ne vous déplaira pas, parce qu’en garnison il faut bien ... vous comprenez.. . Tous les matins de grandes manœuvres de cavalerie, qui font l’admiration de tous les bourgeois de Pont-sur-Yonne, et de Villeneuve-la- Guyard. .. car on vient nous voir de dix lieues à la ronde . . . mais aujourd’hui nous allons nous distinguer , et je cours faire sonner le boute-selle.

élise.

Mais, Monsieur...

ADOLPHE

Je comprends; vous n’avez pas ‘vos chevaux; je scrai»lrop heureux de vous offrir un des miens.... j’ai un alezan superbe.... un peu vif, qui l’autre jour m’a jeté par terre ; mais c’ptait une distraction, et eu vous tenant en selle vous ne risquez rien.

‘ ÉLISE

Monsieur, je vous remercie infiniment.... mais.... j’aurais un mot à dire à ma femme.

adolphe sc retirant.

Comment donc , colonel !

élise bas à Madame de Gondrcvitle.

Je te préviens que je ne veux pas rester plus longtemps colonel, et surtout d’un régiment comme celui-là ; je n’ai pas envie de commander des manœuvres de cavalerie, et je ne puis cependant pas lui déclarer maintenant qui je suis.

Madame de gondkevillb.

Je t’en supplie, conserve encore le commandement ; ce ne s- ra paslong... un quart d'heure tout au plus... je vais m’informer... et à quelque prix que ce soit retenir des chevaux.... je suis d’une joie, d’un ravissement!

Vu

Mon mari colonel! il me tarde d’être pan.., ,

aller lui annoncer les bonnes nouvelles que je viens d’a'pprendre.

( Elle sort. )

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