‹ Le colonel d'Orsonnens, considérations sur l'organisation militaire de la confédération canadienne observations, critiques [microforme]Chapitre 1 sur 9 · PAR · texte numérisé non relu

PAR

PAUL DE MALJJAY

Des Zouaves Portificaux—-Ancien Officier d'ordonnance de 8, Exec. le Général Kunzler, Ministre des Armes de Sa Sainteté,-—Membre ” de l'Académie Romaine des Arcades, etc.

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CONSIDÉRATIONS SUR L'ORGANISATION MILITAIRE DE LA CONFÉDERATION CANADIENNE.

Observations Critiques.

Ces Considérations Militaires (*)auxqueiles le C'elonel d'Orsonnens vient de donner la publicité de la presse, forment una petite brochure desoixante-dix pages, et leur lecture est pleine d'intérêt. — Intérêt canadien, cela va sans dire, puisqu'elles touchent à une des branches les plus vitales de l’organisation politique de ce pays ; et dans chaque pays, en effet, —c’est une chose avérée, —la question des armes est, sinon unique expression de sa force, du moins, l’un des symptômes majeurs de sa santé sociale. Mais de plus, par l'élévation des points de vue où s’est constammenc placé le Colonel d'Orsonnens, en discutant, dans cet écrit, des besoins spéciaux de sa patrie, auxquels il a consacré s° carrière, il a su attirer à son œuvre un intérêt très-sincère de la part de tout lecteur étranger au pays. «

C’est à ce titre, et à ce titre seul, que nous allons nous permettre de jeter sur le papier quelques Observations critiques sur cette publication toute nationale.

Ce préambule doit suffire, en lui-même, pour indiquer au

(*) Considévations sur l'organisation militaire de la confédération canadienne Par L. G. d'Odet d’Orsonnens, Lieutenant Colonel d’'Etat-Major.—Montréal, typographie Duvernay frères et Dansercau, 212 et 214 Rue Notre-Dame

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lecteur que notre modeste travail écarte d'avance tout jugement, de notre part, sur l’opportunité indigène des mesures réclamées

par le Colonel d’Orsonnens, au sujet de la milice canadienne, sur cette «urgence d'une réorganisation de lu force armée » ; sur ces « réformes que l'expérience a démon:rées d'une absolue nécessité,» dont il est parlé dès le début de la brochure, et sur l'espérance franchement formulée de voir la réalisation de ces souhaits très patriotiques sortir du « changement ministériel qui vient de s'opérer.» (*)

Chacun peut avoir ses opinions légitimes et arrêtées sur toutes ces choses ; et pour un étranger, —pourquoi ne pas le dire, et soit le dit très simplement, —les opinions de cette nature peuvent même acquérir quelque... .adjutorium d'observation dans ces simples données : d’abord, en ce qu’il peut se trouver en mesure de faire des comparaisons raisonnables entre la situaticn d’autres pays et la situation an‘logue du pays dont il est l'hôte ; ensuite, parce aue, dans ce même pays qui sui donne l'hospitalité, il est naturellement dégagé de toute fumée d’ambition personnelle d'être politiquement quelque chose, et qu'il possède, par là, l'inappréciable avantage de ne pas fourrer le bout de son petit doigt entre l'arbre et l’écorcé des Partis ;—Or, ceci est un accident qui réalise en plein, —qu'on nous permette l'expression, —la facon la plus sûre et la plus triste de se jincer l'intelligence, et le véritable moyen de se faire des bleus à l'esprit.

Quoi qu'il en soit, nous sazde:ons tout à fait pour nous-mêmes nos opinions personnelles sur la question de cabinet, en ce qui concerne l'Etude militaire que vient de livrer aux appréciations du public le Colonel d'Etat-Major écrivain ; et nous ne nous arrêterons quelques instants que sur les côtés universels, ou, si l'on veut, publics, que présente très abondamment cette Etude. Cette abondance, —on l’avouera,—est déjà une excellentissime bonne note au crédit de ce petit livre.

(*) Dans le cours de cette brochure, toutes les citations extraites de |

l'ouvrage de M. d’Orsonnens seront imprimées en sfa/iques.

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Et pour justifier ce compliment, qui n'est, en réalité, qu'un simple témoignage, nous allons tout de suite faire défiler, au pas de course, devant la tribune du lecteur, ces côtés universels et publics que nous venons de signaler dans le travail du Colonel. Dans tout travail de la pensée et de la plume, ce sont eux qui forment, très certainement, le vrai fond du mérite et le signe précieux de la bonne-œæuvre accomplie.

Pour plus de précision, ce rassemblement en colonne serrée, nous allons le fractionner en deux sections,

PREMIEREMENT, ce qu'énonce l'Auteur sur les vices actuels de la force armée canadienne.—Ces vices sont-ils réels ; figurentils, comme présents au corps, dans l'effectif moral du pays ? En italien, on aurait toujours la ressource de dire : Z chi lo sa ? : mais nous sommes bien loin de l'Italie : ses ressources ne sont pas du tout les mêmes que celles du Canada, et pour notre pait, nous n'avons, ma foi ! aucune bonne raison de douter de ces vices. En tout cas, ils sont trop nettement matriculés de bonne encre par la plume de M. d'Orsonnens, trop vertement habillés par sa main de soldat , pour pouvoir donner le change aux regards du public. L'on verra bien, d'ailleurs, s'ils sont démentis par n'importe quel vengeur de l'état des choses ; s'ils sont patronnés par un avocat quelconque des procès politiques d’un tout récent passé ; s'ils sont pris au collet par quelque police intéressée à les mettre à l'ombre, onu bien canardés par quelque tirailleur de cette grande Santa Hermandud de tous les pays, qui s'appelle à la fois et À Æsprit de contradiction et | Envie des

| supériorités ; ce qui n’est autre chose que le besoin de mordre ou

de cracher. Nous verrons donc cela, ou plutôt —j'en suis presque sûr,—nous ne le verrons pas. Pour nous, nous ne faisons ici que

passer la parade par une petite inspection textuelle,

——Que vous faut-il de moins ?.....

Cette première section fisurera les Voltigeurs de cette revue

L très sommaire,

SECONDEMENT. viendront les Grenadiers ; et ce seront les fermes et solides éuoncés de principes militaires, sains et virils, généreux et féconds, dont le Colonel d'Orsonnens a comme

encaûré les rangs de sa publication.

Done, en avant les Voltigeurs de la chose.

[10.]--1 On a fait de l'armée en Canada un levier politique, « qui malheureusement, en brisant les engrenages du service, a « aussi brisé la carrière de celui qui s'en servait.»

[20.]—< Les commandements supé: ieurs sont donnés à des « créatures du Gouvernement.»

[30.]—I1 y à «un abus impitoyable des grades. Ils sont t accordés au plus grand nombre, sans distinction de mérite ou « de position.»

[4o.]-—-Le Colonel d'Orsonnens se fait, dans l'aveu de cette manœuvre, qu'il ne craint pas d'appeler une « absurdité,» l'interprète, l'écho ;—disons mieux,—-le vrai camarade de pensée du Colonel Fletcher, secrétaire des commandements militaires de Son Excellence, Lord Dufferin, Gouverneur-Général du Canada, et i} ajoute : « Æn rendant très commun et illusoire l'honneur de «ces grades, la loi a privé un bon nombre d'hommes de position et d'éducation de les rechercher.»--Voilà une loi inte’lisente et patriote |

[50.]—-Le service militaire est essentiellement et légalement «empêché d'être une carrière, malgré les aptitudes militaires «toutes spéciales et reconnues de tous, des Canadiens, particulièrement des Canadiens-Fruncuis,-.[Bon chien chasse de race. |

[60.]-—Dans l'organisation actuelle, « Les Officiers comman- « dunt les divers corps, s'attribuent à eux-mêmes l'instruction de «leurs corps, moyennant rémunération. Îls dépensent le moins « possible de l'allacation qui leur est accordée à cet effet par le « Gouvernement, et ils se signent des certificats de compétence € pour eux-mêmes »—Bravo ! |

[To.1--Dans la même organisation actuelle, « ce sont les soldats «qui choisissent leurs Officiers commandants, quand couæ-ci ne

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