‹ Le colonel d'Orsonnens, considérations sur l'organisation militaire de la confédération canadienne observations, critiques [microforme]Chapitre 2 sur 9 · PAR, ER · texte numérisé non relu

PAR, ER

«sollicitent pas,—[ce qui est presque toujours le cas, ]--les hom-

nt les «mes à joindre leurs compagnies.»—Bravissimo ! !! virils, [80.]—Spécialement pour l’Etat-Major, dont le Colonel d'Or- :0mme sonnens dit, avec la plus grande justesse : « Moins les troupes

« d'un pays sont disciplinées, plus it lui faudrait un Etat-Major « capable et instruit,» il se trouve que « d'intervention contiauelle itique, «de la politique a empêché les Officiers de cette arme de prendre vice, a « dans la société le haut rang auquel ils ont droit par leurs fonc-

« tions.»

à des à [90.]--Mais de plus, par la contradiction la plus flagrante et yéritablement la plus anti-sociale, les Officiers supérieurs de ls sont ï l'Etat-Major Canadien sont entièrement «assimilés, d'un côté à rite ou « des employés civils, tandis qn'en même temps, lu carrière poli- «tique leur est radicalement interdite par la toi.»—VParole d'hon e cette “ neur ! ceci est un chef-d'œuvre des rouages, ou plutôt des roueries, l'inter- * du Parlementar'sme ; c’est le chef-d'œuvre de la confection à bon sée du marché des Créatures, un de ces mots qui, dans le domaine de la ires de politique, mériterait vraiment, d'être toujours prononcé de ce ‘anada, petit ton plein d’un souverain mépris, dont l’accompagne la neur de langue des salons en France, dans une acception toute spéciale, e posi- qui ne confine pas directement à la politique. inte’li- Puis, pour compléter la série, le Colonel signale encore deux vraies absences fort pernicieuses dans l'armée canadienne, telle alement qu’elle est :

litaires : [100.]—C'est d'abord, « La non rémunération immédiate du par ticu- «service milituire, lu solde n'étant payée que longtemps après asse de | «les inspections ; et plusieurs espèces de retenue injuste d'argent « de la part d'officiers,» étant à l’ordre du jour. omman- [100.]—Ensuite, « l'absence d'une loi qui protége les jeunes ction de «employés prenant du service ; qui oblige les patrons à les réinle moins « tégrer dans leur position, après un camp où une campagne t par le «enfin, qui fixe une échelle de pension on de demi-paie pour les npétence 1 « blessés et les veuves des militaires.»

Qu'il me soit permis de noter, en passant, au sujet de cette lacune civile signalée par le Colonel d'Orsonnens.—(C’est pour

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moi un devoir des aiguillettes d'Etat-Major que j'ai ou l'honneur de porter, en même temps qu’un hommage rendu à l'hospitalité que j'ai rencontrée en ce pays:)--qu'il me soit permis de noter ici que, lorsque la jeunesse catholique du Canada a si vaillamment écouté l'impulsion de sa foi et la voix de ce Pierre-l'Hermite du Nouveau-monde, Monseigneur Ignace Bourget, en allant s'enrôler sous le drapeau pontifical, plusieurs patrons et industriels du pays, non moins catholiquos que ces jeunes hommes, leur ont garanti et conservé, pour leur retour au foyer domestique, la position qu'ils occupaient dans leurs bureaux ou dans leurs ateliers. —Æt il ne s'agissait pas d’un camp de queiques jours ou d'une expédition de quelques semaines. Honneur à ces généreux et intelligents citoyens, tout prêts, —nous le savons, —à redonner encore, si l'occasion s'en présente, cette véritable réserve de leur dévouement au Souverain Pontife ! Iis ont montré, une fois de plus, dans cet acte, que l'amour de l'Eglise fait, en somme, les meilleurs patriotes et les plus sages légistateurs.

[120.] Devant la situation qui vient d'être dévoilée, et qu'il n'est guères besoin de qualifier, la conclusion sommaire et martiale, qu'en tire le Colonel n'est-elle pas juste ; à savoir : que «l'esprit national ne pouvait longtemps se ficer» dans cette conception militaire hybride, « née duns un moment d'efervescence t politique ; »et que c'a été véritablement « une défuite morale»?

[130.] Enfin, pour cloturer le tout, n’a-t-il pas raison d’appeler tout cela une plaie ? « En mettant le doigt sur lu plaie,» dit-il au dernier feuillet de sa courageuse brochure, et avec cette confiance calme, toujours pleine d'espoir, qui ne doit jamais abandonuer le véritable homme de guerre, «je me suis peut-être eæposé à la « fuire saigner, muis je suis certuin qu'ellese cicatrisera bientôt, « plus rose et plus fraîche que jamais.»

Colonel vous avez raison.

ToraL :— Treize corps d'observations —C':st un mauvais nmbre.—Tant pis. ’

Et maintenant au tour des Grenadier.:— Nous entendons par

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à dans cette revue critique—avons-nous dit,—les principes solides.—Arnes...bras !

[10.] « L'organisation militaire d'un pays est une question « de si haute politique qu'elle entraîne ou précipite souvent les it jeunes nations.

[20.] Dans l'état actuel du Canada, avec les perspectives qui lui sont faites, avec les horizons de son avenir qui sont vastes, mais, par cela même, chargés de vapeurs pouvant amener sur son existence nationale les plus terribles orages, « il faut créer en « petit tous les éléments d'une grande nation.»

[30.1] Il faut essentiellement aux forces militaires canadiennes, —[Et ceci s'applique d’ailleurs aussi bien à l’armée qu'à toute institution politique du pays.] « Z{ faut, comme point de rallie- « ment, une tradition, qui bien dirigée, donnerait à notre armée Qune discipline et l'amour de l'honneur qui, hélas ! faiblit tous « les jours.»

[40.1] Or, «la discipline militaire demande une application « tndistincte de tout parti politique.»

[50.] Cette théorie gouvernementale, cet esprit des partis, dont l'esprit de parti, est la pierre d'achoppement inévitable, «engendrent l'oubli du deroir, ce qui tue net l'esprit militaire et « chevaleresque de la nation.»

[60.] L'armée canadienne, «qui est bien loin de vouloir « jamais être une force agressive, doit être le noyau d'une insti- « Éution.»

[To.] Les efforts de la science guerrière du pays duivent tendre à « créer dans le rang l'ambition, mais en la dâsant sur le « mérite et l'honneur national.»

[8o.] Et, pour la hierarchie des grades, l'objectii doit, en ître de «maintenir les ambitions anticipées des rangs inférieurs.»

[90.] Pour une particularité que présente le pays,—[Et tant d'autres, aussi du reste], celle des salaires de plus en plus élevés que reclament—et qu'obtiennent—les classes laborieures ; voici ce que nous dit ie Colonel d’Orsonnens, pour répondre à l'objection posée à ce prupos, quand on réclame ure augmenta-

tion de la solde du soldat au niveau de la paic de l’ouvrier ; « Faites du service militaire un devoir, et non une transaction « commerciale. . Remplacez l'argent pur le dévouement et l'affec- «tion du devoir. Ælevez les sentiments du j;euple, il vous servira emiuz,; eile pays, qui aura de chacun de ses habitants sa « part de dévouement, sera un pays invincible.n

Cette série de textes est, ce nous semble, une assez jolie démonstration qu'on peut être tout ensemble, soldat et ‘philosophe, Colonel d'Etat-Major et moraliste, porteur d’un bon sabre et penseur de fortes pensées.

Cloturons la série par une citation, quai joint au-mérite de toutes celles qui précèdent, celui d’être expérimentale et qui dénote, en outre, implicitement chez son auteur des études routes particulières et très variées sur le sujet qu’il traite avec la chaleur, la conviction et l'amour du métier, dont on vient 4e voir es traces brillantes :

[10o.] « L'idée de copier une armée est insoutenable, car « chaque pays a ses mœurs, son caractère national et son ten.pé « rament.»

A cette grande et salutaire vérité, le Colonel ajoute, dans tout le cours de son livré, les indications les plus judicieuses sur les bons exemples et les salutaires leçons que peuvent fournir à l'éducation militaire du Canada les défauts et les qualités, les vertus et les vices, les satisfactions et les lacunes, les revers et. les gloires, les bonnes impulsions et ses tristes essais du rég. 1e militaire de bien d’autres nations du globe, la France, l’Angilcterre, l’Allemagre, la Suisse et les Etats-Unis. TI a le mérite, en cela, de discerner avec sagesse ce qui est plagnat le ce qui est emprunt et de se tenir bien campé. cheval, dans ses patriotiques appeis à ces concitoyens, entre l'étroitesse de l'exclusivisme de clocher, ct lirréflexion des engouements pour tout ce quin’est pas le At Home national. (Cette saine équitation n’est pas précisément très répandue, mais c’est toujours la grande et bonne méthode du vieux Tacite dans ses études: « Znter abruptam contumaciam et deforme obsequium liceat pergere iter periculis vacuum,”

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Pour cette section done, le rorAL est de Dix Corps de doctrine militaire —A dix, on fait une croix.

Il nous incomberait maintenant, ce nous semble, de donuer ici un tableau sommaire du plan d'organisation nrmée, proposé par le Colonel d'Orsonnens, et dont le développzment clair, méthodique et techniquement élaboré, forme le fond de sa publication.

Mais, avant e présenter cette analyse ravide du substantiel travail, sur lecuel s'exercent nos très-humbles Observations, il ÿ a, dans cette brochure, un autre point qui mérite une attention toute spéciale et une critique un peu appesantie,—U'est du dernier naturel ; l'Auteur de 12 brochure appelant lui-même ce point un principe.—\ Il jaut, » dit-il, en effet, —« quand on veut cons- « tituer une force armée, l'établir sur un principe.—Ce principe, «je l'appellerai la Conscription. »

Le voilà donc lâché ce mot capital de Prineipe ; et ce mot appliqué à la chose archi-capitale qui s'appelle la Conscription,— (Son étymologie morale en fait foi:—Conseription :—/nscription juridique et par tête au rôle de la force armée.)—Ce mot, dis-je. présente, si je ne m’abuse, je ne sais quel cûté..…...effrayant.— Ce n’est peut-être qu’ure impression, mais toujours est-il qu'il faut un peu discuter l'affaire ; car tout effroi, grand ou petit, se dissipe quand la discussion l’empoigne.

« Admirable matière à » ne pas « mettre en vers latins ln

Et tout d’abord, l'induction raisonnée qui a amené le Colonel d'Orsonnens à affirmer si nettement le principe qu'il énonce, consiste dans le fait expérimenta/ qu'il formule en ces termes pré:

cis.

« Il est bien certain qu'un gouvernement ne peut songer à mirin- « tenir une armée, ou même, à en créer une, avec l'enrôlement « volontaire seul. »

« L'enrôtement volontaire, même dans les circonstances les plus « favorables, ne suffit pas longtemps aux besoins permanents des: « armées, »

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Enfiu, prévoyant une partie des objections qu'on pourrait soulever contre ces avancés,—la partie métropolitaine, —le Colonel ajoute : « Je sais que beaucoup de mes compatriotes, d'ori- « gine anglaise, considèreront la Conscription, si elle vient en « force, comme un attentat à leur liberté individuelle. — Cepen- « dant, j'ai entendu des officiers supérieurs anglais dire qu'ils ne « savaient pas comment l'Angleterre, avec son système actuel de recrutement, pourrait faire face à une querre de quelque durée, {« Sans ce MOYEN. »

Voilà donc le procès fait sans rémission, soit à l'enrôlement volontaire, soit au système d'embauchage, lequel a la prétention d'être un recrutement volontaire, et qui ne l’est en réalité que dans un sens, à savoir : que c’est la volonté, ou plutôt l'arbitraire, des recruteurs qui en constitue l'essence.

Comme conclusion logique de ce procès, qui, nous le répétons, est une affaire toute exnérimentale, la Colonel « invoque donc la « Conscription comme principe de recrutement, » et il nous présente, comme morale de son invocation, cette grande vérité cosmopolite et sociale : « Le mode de recrutement des armées exerce «une grande influence sur la constitution militaire d'un pays. »

Ici, qu'on nous permette un léger point d'orgue ; il ne saurait auire, croyons-rous, à l’ensemble de l'argumentation.

Les Souverains Pontifes, dans l'exercice de leur Puissance Temporelle et de leurs Droits Royaux, n’ont jamais admis d’autre mode de la constitution de leurs milices que ?’Enrôlement volontaire, et ont toujours repoussé, ayec une grande énergie dans leurs lois intérieures, l’idée de la Conscription,—Et cela, so.t à l'époque où ils jouissaient d'une sécurité territoriale garantie par les traités et par l'intelligence internationale de l'Europe, soit lorsque, cette intelligence s'étant évanouie au contact des vapeurs révolutionnaires, les Domaines nationaux de l'Eglise se sont trouvés affriander, de la façon qu’on sait, le gros appétit

des Galants-voleur: du voisinage.

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Faut-il conclure de ce fait que l'Eglise réprouve et considére comme une erreur ou une faute l’/dée dela Conscription, surtout dans le sens où cette idée va être éclairée, dans quelques instants, à la lueur toute morale et toute technique de la brochure que nous étudions ?—Nous ne le pensons pas ;—Ceci soit dit, bien entendu, avec toutes les réserves que toute appréciation personuelle doit apporter aux lumières que l'Eglise a le droit aussi bien que la science de projeter sur ces matières.—En effet, la. Royauté terrestre des Pontifes Romains, la situation de leur gouvernement civil, comme Etat indépendant, sur la carte de la géographie du monde entier, présente cet amirable modèle d'exception —- (L'Idéal de l'Exception est bien de pouvoir s'affirmer comme uu Modèle, aux regards et aux tendances des autres.—C'est là un axiome philosophique incontestable.)—Dans l'état de paix, d'équilibre international, fe solidarité de peuples entre eux, je Gouvernement intérieur du peuple romain se propose, doit se proposer et s’est toujours proposé, de réduire autant que possible les impôts des populations vraiment privilégiées qu'il régit. L’histoire est là, d’ailleurs, pour démontrer, à l'évidence, combien cette belle et bienfaisante donnée gouvernementale a été la fidèle compagne de la Tiare Romaine.

Or, la Conscription étant reconnue de tous et de chacun, comme un impôt, un impôt presque indiscutable, puisqu'il a pour nom l'Zupôt du sang.—Ce qui est du Sung ne se discute guères,—les Papes en ont libéré leurs sujets ; et c'est bien en cela que consiste ponr leur Gouvernement temporel la vraie verta de pouvoir servir de modèle à tous les autres gouvernements du monde ; un modèle, dans son acception la plus élevée, c'est-à-dire, le type dont il est de l'intérêt de tous de se rapprocher le plus possible. Tout spécialement pour la question militaire qui nous occupe ici, tirons-en, sans plus tarder, cette conclusic: générale, mais que nous pouvons aussi appeler générique, c'est que, lorsque les besoins ou les avantages majeurs etnationaux d’un pays appellent sous les armes les enfants de ce pays, le principal objectif de ceux qui auront la mission d’asseroir cet impôt doit être de le rendre

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