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en fait de nuisance et de perversité, pour insister davantage sur son compte.
Enfin, parmi les classes plus élevées, cet égoïsme atteint des proportions d’envahissement et de malignité, en raison directe de la propre élévation de ces classes et des individualités qui les composent. Ceci est encore de la simple et vulgaire logique s0ciale ; mais c’est toujours le même principe rongeur, épuisant et contagieux : le désapprenu're à penser, i désanprendre à juger ; et, comme coéffcient de cette dilatation meurtrière, le désapprendre à se dévouer Voilà ce que nous appelons l’Znorance dû peuple. Le non-savoir lire et écrire, et même chiffrer, et même littératurer n’est pas du tout, comme on le voit, une des racines de ce polype national.
Nous n’avons nulle intention de rechercher ici l’origine d’un si grand mal. Elle existe pourtant, car tout effet a une cause, et tou. fuit existant découle d’une raison d’être. Les causes et les raisons de cet état morbide doivent être multiples, car le viciement est général. De ces causes, il en est certainement une qui domine les autres et qui peut-être les a toutes engendrées, mais cette cause, nous ne voulons seulement pas l'indiquer du doigt dans cet écrit. Ce serait tout une entreprise.— Toutes les « Co médies Infernales »—n'ont pas encore vu le j Nous nous
(1) ‘ LA COMÉDIE INF"RNALE, ou conjuration libérale aux Enfers miné,—Montréal Imvire-ie du Franc-Parleur, Adolphe Ouimet, Z
Cette œuvred'ün Janadien, écrite en cinq actes, avec un Intermèd suivie de Fascicules de Pièces justificatives, dont la publication n’est pas terminée, a fait un juste bruit en Canada. Sous la :orme d’un dialogue vifet animé entre les Esprits Infernaux,---donnée éminemment orthodoxe en elle-même,---elle stéréotype, à l’emporte-pièce, les anciennes, les profondes et les actuelles oppositions gallicanes de la puissante maison, française en Canada, des messieurs de St, Sulpice, contre l’autorité pastorale et la hiérarchie catholique des Evéques de Montréal.
Le Libéralisme-Catholique des politiciens, journalistes, et autres influ-
ences personnifiées et vivantes du Canada, y est aussi démasqué dans la ‘
mme forme de ee monde invisibie, mais fort réel, des Esprits,
L'ouvrage a paru par fractions séparées, avec des Dédicaces particulières pour les divers actes de cette pièce curieuse. Ii y a une dédicace : “ Aux Catholiques du Cannda ;—une : “ A la mémoire de très saint, très illustre ei très cher à l'Egiise, M. Olier, fondateur du Séminaire de St. Sulpice à Paris !*;— une : “4 Sa Majesté Très Chrétienne Henri V, Roi de France’ —etc. L'Epilog ue est une adresse soumise, dans le vrai sens catholique de ce mot, ‘ A Pre IX, Pontife Infaillible et Roi Suprème des Royaumes Chrétiens.”
L'auteur avait d’abord signé les premières parties de son œuvre du pseudonyme caractéristique de : ‘ Un 1izuminx,” qualification que les Libé-
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hornons donc à dire iei que, pl : ou moins, toute autorité du pays a sa part de responsabilité dans le mal ; et nous disons à dessein : toute autorité ; car ce mal est de son essence une plaie d'autorité ; ainsi donc, depuis l'autorité religieuse jusqu’à l'autorité policière ; depuis l'autorité du Législateur et du Chef du Cabinet, jusqu’à l'autorité du commis de banque et du petit marchand ; depuis l'autorité de la femme jusqu’à l'autorité du mendiant de la rue. Et maintenant que nous avons dit toutes ces choses, en toute simplicité de conscience et d'intention, n'ayant absolument en l'esprit d'autre objectif de nos dires que cette antique et sincère maxime: Jlacere optassem, prodesse malui, trouvera-t-on que nous nous sommes de beaucoup écarté de notre sujet et que cette morale n’est pas une réelle conclusion des Observations critiques que nous avons cru pouvoir aborder sur les idées militaires du Colonel d’Orsonnens ?—Nous ne pensons pas être réellement coupable d'écart, ayant parlé comme nous venons de le faire ; nais pour plus de clarté, voici l’enchaînement de cette conclusion : Cette ignorance du peuple canadien existant, l’ Armée, ou plutôt le service militaire, tel que le comprend si hautement et si purement le colonel-réformateur, étant une Ecole supérieure de cette grande science du dévouement et de la pratique populaire de toute Znstruction généreuse, réclamer l'institution de cette armée en Canada, dans son principe et dans sa vérité, quels qu’en puissent être d’ailleurs les agencements matériels et techniques ; bref, doter le Canada de cet élément des bons réveils de l’âme, de résurrection morale et de patriotique vitalité, ce rerait en toute vérité, un précieux spécifique pour la guérison de son ma! d’ignorance ; ce serait un grand bienfait social ; ce serait, pour le pays tout entier, sinor l’unique, au moins une très-puissante et très-
raux du Canada appliquaient dérisoirement aux Ultramontains du même pays, absolument comme M, de Bismarck s’est amusé à appeler un jour : #4 Catholiques epileptiques ‘” les fondateurs de “ Za Correspondance de Genève.” Puis, à la fin du dernier acte, il a donné son vrai nom, ainsi qu’il l'avait annoncé dès le principe ; c’est M. Alphonse Villeneuve, alors institu teur, et aujourd’hui pretre,
La ‘ Comédie LR aim »” a été défèrée à Rome par les personnes dont elle attaquait la conduite, et des procès canoniques lui ont été intentés ; maïs il parait avéré que Romé n’aurait rien trouvé d’erronné dans cette œuvre aussi foncière qu'originale.
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vivace ramification de son, salut d'aujourd'hui et de sès grandeuts de demain. ;
La philosophie de cette expression toute militaire : (SERVIR, )» qui a le beau privilége de s'appliquer indistinctement à toute l’é. chelle hiérarchique des armes, depuis le premier jusqu'au dernier échelon, est sans conteste une philosophie large et profonde ; et nous couronnerons notre conclusion en disant que dans tout l’ensemble de ses Considérations militaires, le Colonel d'Orsonnens s’est montré philosophe de la philosophie de ce mot.
TI y a encore le mot de la Jin ; et c’est le Colonel d'Orsonnens qui nous le donne. Il est, en eïfet, contenu dans la tout-à-fait dernière phrase de son livre : « Zoutes les idées honnêtes ont le (droit de faire leur cl:emin et de se recruter des adhérents. »
Ce mot est le mot : Æonnête. Remarquez un peu, effectivement, que si le Colonel avait laissé ce mot de côté et s'il eût dit : (« Toutes les idées ont le droit de faire leur chemin et de se recruter des adhérents », c’eût été tout de suite une proposition très-grave, très-dangereuse, très-repréhensible même, dans sa généralité, dans son indiscipline, dans son libéralisme. Quelle est, en effet, la théorie subversive et l'utopie anti-sociale qui n'aurait pas pu s’en servir ? * Au contraire, la restriction apportée à l’idée par le mot honnête produit l’ordre dans cette définition ; elle est, “dans l'énoncé, la vertu de discipline et lui donne un véritable cachet de saine et sûre doctrine. Il y a des mots qui en disent long.
Henri V, dans un des plus patriotiques documents que laissera impérissablement à l'histoire, quoiqu'il puisse arriver, son long, patient et sublime exil, écrivait ces mots comme couronnement du plus merveilleux des programmes politiques qui aient jamais été offerts à une nation : « Et au-dessus de tout cela, une grande « chose ! l'honnêteté ! l'honnêteté qui n’est pas moins une obli- {gation dans la vie publique que dans la vie privée ; l'honnêteté,
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« qui fait la valeur morale des Etats comme des particuliers. y (Au Vicomte de St. Priest 9 Décembre 1866.)
Pour un Officier dont les ancêtres se sont toujours honorés de servir sous les Bourbons, rien ne pouvait plus dignement clôturer des Considératious de service que la rencontre de ce mot sauveur entre son œuvre et les œuvres du Roi de France.
Au début de ces Ubservations critiques, nous n'avions nullement l'intention de leur donner le développement qu’elles se sont trouvé prendre. Mais il s’est effectué, pour ainsi dire, tout seul, et nous ne pouvons qu’en rendre responsable l'ouvrage lui-même, —(« Responsable » est encore une expression essentiellement militaire)—à la fois si large et si plein dans sa concision, que nous nous sommes borné à observer, en toute humilité comme en toute franchise.
Quoiqu'il en soit, nous placerons toutes ces longueurs, pour en faire l’épigraphe de leur mise en brochure, sous la tutelle de cette très-juste, très-fortifiante et très-philosophique maxime d’un vieil auteur français :
« POINCT N’EST OCCUPATION PLAYSANTE COMME LA MILI- ( TAIRE.—QUI SEROYT FAIOT A PORTER VALEUREUSEMENT LES « ACCIDENTS DE LA VIE COMMUNE N'AUROYT POINCT A GROSSIR (« SON COURAGE POUR SE RENDRE GEN-D-ARME.-— V/VERE, MI « LICILI MILITARF EST, »
PauL DE MaArtJAY.
Montréal en Canada, Avril 1874.
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