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taine qui faisait la seconde ronde de nuit, aperçut des signaux près de le porte Saint-Jean. Il donna aussitôt l'éveil. Les sentinelles annoncèrent bientôt que le même signal se répétait partout vers le nord de la ville. Aussitôt le tambour bat, les cloches sonnent l'alarme, tout s’émeut, tout s'agite; en un instant, les soldats et les citoyens sont sur les remparts. Les vieillards eux-mêmes veulent prêter assistance.
Une morne stupeur régnait dans les faubourgs Saint-Roch et Saint-Jean.
Dans la ville, tout le monde’était las.
On était partout mal à l'aise. devant
l'œuvre des Bostonnais qui démorali-
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saient les campagnes ; mais on sentait que le coup qu’ils allaient tenter achèverait de les ruiner, Le ciel était sombre, la nuit obscure et le froid piquant. Un instant, on craignit que la mauvaise apparence du temps ne disposât les assiégeants à surseoir leur projet; mais comme tout était prêt,
ils n'avaient voulu rien remettre et
avaient décidé de porter un coup défi-
nitif.
Montgomery, avec une force de neuf cents hommes, se rendit pour attaquer labarrière de Près-de-ville, à l'extrémité
: sud-ouest de la rue Champlain. Arnold,
avec sept cents soldats, devait empor-
Sasgu 2
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ter la barrière du Sault-au-Matelot, au bout de la rue Saint-Pierre, et, pendant cette manœuvre, quelques-uns de leurs affidés devaient, en tirant du fusil.et du canon, comme aussi en faisant des feux de paille près de la porte Saint-Jean, attirer l'attention de la garnison près de ce côté, et diviser ainsi les forces des assiégés. On sait comment ils réussirent. Ils ne pouvaient en imposer à personne. Montgomery fut bientôt tué : et les siens furent mis en déroute à Près-de-ville, grâce à la présence d'esprit du capitaine Chabot.
Arnold fat mis hors de combat par une balle qu'il reçut au pied, en se rendant
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au Sault-au-Matelot. Il dut être porté à l'Hôpital-Général. Bientôt les assiégeants, aigris, furieux de se voir serrés de près par les soldats de la garnison, se précipitent dans les maisons qui bordent le Cap, et de là font pleuvoir une grêle de balles sur les troupes du roi qui défendent les barrières du Sault-au-Matelot et de la rue Saint- Pierre.
Le gouverneur Carleton, qui avait
vu l'affaire, envoya des troupes fraîches /
à la rescousse des assiégés, ayant eu
soin de les faire sortir par la porte du Palais. Les Américains se trouvèrent
alors entre deux feux. Bon nombre
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d'entre eux avançaient néanmoins.
d'une maison à l’autre, vers la barrière du Sault-au-Matelot, sans trop combattre dans la rue. De l’intérieur ce ces maisons, où ils prenaient refugt, ils tiraient, sans être molestés, sur les troupes royales. L'heure, le lieu, les rues étroites et sombres, les avenues tortueuses où se trouvait engagé le combat, la nuit qui prétait au tumulte, la rigueur du froid, tout semblait concerté pour exciter la fureur des combattants.
Pendant que les deux troupes ennemies s’acharnaient, l’une à défendre
et l’autre à s'emparer de la barrière
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du Sault-au-Matelot, et que le feu des assiégeants, protégés par les maisons où ils s'étaient réfugiés, incommodait fort les assiégés, M. Dambourgès, qui se trouvait à ce poste, conçut un projet tellement audicieux qu'il ne voulut en faire part à personne de crainte de passer pour ridicule. Ne prenant conseil que de sa valeur et de son zèle, il saisit, de concert avec l’audacieux et
brave Charland, une des échelles que
les Américains avaient placées contre
la barrière your l’escalader, il la retira vers lui, en se tenant ainsi exposé,
avec son associé, pendant plusieurs
minutes à découvert, au feu des as-
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siégés. Il alla, de suite, l'appliquer au pignon d’une maison qui abritait une trentaine de Bostonnais, dont le feu bien nourri était dirigé sur ses compagnons d'armes. Il entre par une fenêtre, tombe à l’improviste au milieu de la troupe ennemie, qui le croit suivi de nombreux soldats, et, l'arme au poing, il les somme de se rendre et les fait tous prisonniers. Par cette action hardie, que le capitaine Nairne tenta immédiatement ailleurs, M. Dambourgès assura une batterie qui commandait la rue Saint-Pierre, et contribua
g andement au succès de la journée,
Tout 1: monde rivalisant de har-
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os
diesse et d'efforts, les Canadiens réussirent enfin à accabler les Américains peu disciplinés, peu aguerris, et à leur faire abandonner le poste en toute hâte.
Les pertes des Américains s’élevèrent à quatre cent vingt-six prisonniers, y compris quarante-quatre blessés. Le nombre des morts fut aussi considérable. Du côté des assiégés, on n'avait à regretter que la perte de cinq hommes de troupes régulières, et on ne compta que deux blessés. On le voit, la mousqueterie des bandes américaines n’était guère plus formidable que leur modeste artillerie,
En apprenant « ette action d'éclat, le
gouverneur et son entourage s’empressèrent de féliciter le capitaine Dambourgès, sur la valeur et le sang-froid dont il avait fait preuve en cette circonstance, et, quelque temps après, il fut élevé, en récompense de sa belle conduite, au rang de lieutonant-colonel dans le 84° régiment, dontle premier bataillon fut licencié en 1788, après que l’Angleterre eût conclu la paix avec les Etats-Unis.
Des écrivains, d’une autre nationalité que celle du capitaine Dambourgès, se sont permis de défigurer le fait d'armes
du Sault-au-Matelot, pour en atténuer
la portée. Ils ont même été plus loin,
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éér ils ont voulu lui enlever le mérite
‘de ce brillant fait d'armes et attribuer .
ce bel exploit militaire, dont il a été l’originateur et l’exécuteur, à des hommes de leur race. Ils ont pré‘endu que le capitaine Naïirne tenta augsi au Sauiltau-Matelot les mêmes hasards et courut les mêmes dangers, sans même mentionner l’intrépide Damhourgès. L'ambition est toujours ennemie de la justice. Il n’en est pas moins vrai que M.
Dambourgès fut le premier à donner l'exemple, le premier à s'exposer avec autant de dévouement et à indiquer aux autres ce qu'il y avait à faire. Que d'autres aient marché sur ses traces, il