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Dambourgès RIRE EME NRA Sault-au-Matelot, alors occupée par l’ennemi, et par ce vaillant conp de main les ennemis abandonnèrent la maison, puis le parti de Nairne et de Dambourgès qui les suivit par la même fenêtre, et une autre troupe qui arriva par l'extrémité nord de la rue, firent prisonniers ce parti d’A méricains qui s’y rencontra. | ‘6 J'ai l'honneur d’être, etc.,
# (Signé), Jas, THompsoN. ” 1
Nous aimons a ajouter à cette lettre
d'un vieux compagnon d'armes, la cha-
leureuse recommandation du père de
1 Mr. James Thompson mourut à Québec, mercrcdi, le 28 août 1830, à l’âge de 98 ans. Il était originai:e de Tain. dins ie No: de l'Evosse, et faisait autrefois partie d'un desrégin.ents que Wolfe conduisit au siége de Louisbourg, ete,
Dambourgès 98
l'immortel vainqueur de Châteauguay, M. de Salaberry, dans 12 famille duquel la valeur est héréditaire, ne pouvait manquer d'apprécier dignement notre
brave colonel :
& Je, soussigné, ayant éte major du régiment Royal Volontaire Canadien, certifie
que feu Monsieur le capitaine Dambourgès,
commwmiändant ‘les grenadiers, et premier
capitaine du dit bataillon, a toujours été regardé comme un officier très-distingué.
Il est connu de tous ceux qui ont servi dans
la guerre d'Amérique, que le capitaine
Dambourgès a toujours et partout servi d’une manière glorieuse pour lui, et utile pour le service du Roi. L'on n’a point
94 Dambourgès oublié qu'au combat du Sault-au-Matelot, en décombre 1775, M. Dambourgès fut le premier qui se précipita avec intrépidité dans les maisons enlevées par les ennemis ; que ce trait de hardiesse fut une des premières causes de leur défaite, et de la préservation de cette ville, qui fut elle-même la conservation de la colonie du gouvernement de Sa Majesté. M. Dambourgès était alors au
84° régiment. l'ovsseosoe Lt Le bed db du: au e ee
‘4 Donné à Québec, sous mon seing, le 25 avril, 1808.
(Signé), Lours DE SALABxRET, Lé
C'est avec plaisir que nous ajontons a ces éloges, ceux d'an homme dont les actes et la conduite, toujours hos-
. Dambourgès 95
tiles au parti canadien, donnent encore plus d'autorité et de valeur aux louanses qu'il fait, sans réserve aucune, au colonel Dambourgès. C’est M. J.
Hale, longtemps solliciteur-général, qui écrit au gouverneur Dalhousie :
# Quebec, April 18th, 1822.
4 To His Excellency ‘ tho Karl of Dalhousie, G, C. B.
6 My Lord, 1
“IT have been requested by Mr.
de Salaberry to present the enciosed petition to your Lordship from the orphan
daughters of the late lieutenant Dambourgès. And I cannot refuse to do s0, though
"06 : Dnbourgès
Lam :well:-aware::how:unpropitious the “times äre to: such: application ; the.particulars:of Mr. Dambourgès’ zaHantry in the repulse of general::Arnold’s attack of. the -barriers in the Sault:au-Matelot, in the yeor 1775,. I have:ofton heard from the old officers of that day, and I have a letter from old Jas. Thompson, who was on the spot, relating his recollection on the subject. Mr. Dambourgès received from lord Dor- ” chéster à cütniission in the 84th regiment, for his conduct, on the occasion, notwith- -Btanding- that he was a native of France, -&nd'he was reduced with the 1st: bataillon --Of that vegiment at:the peace of 1783. as -@ppears by.thoold:army lists. The widow ‘peedived a. pension. of £30 eurrency and
Dambourg'ès 97
should existing cireumstances forbid a continuance of that to the daughters upon the Provincial list, their situation is of a description which perhaps would be attended to at the war office. The orphans of several officers having enjoyed allowance in the country from the compassionate fund at home.
& T have now only to beg of your Lordship to excuse me if there should be found any impropriety in my having forwarded:
the petition in this manner,
4 T have the honour to be, &c.,
4“ (Signed), J, Haze. ”
98 Dumbourgès
[Traduction.] ‘ Québec, 18 avril, 1822. | ‘ À Son Excellence | ‘“ le Comte de Dalhousie, G. C. B.
‘ Milord,
“ M. de Salaberry m'a prié d'adresser .
à Votre Seigneurie la requête ci-incluse des orphelines, filles de feu le lieutenant Dambourgès. Je ne puis m'empêcher de me rendre à cette prière, bien que les circonstances, pour une telle requête, ne soient pas propices.
Les détails relatifs à la conduite vaillante de M. Dambourgès en repoussant l’attaque du général Arnold contre les.barricades du Sault-au-Matelot, en 1775, m'ont souvent été racontés par les anciens officiers
de cette époque, et j'ai même une lettre du
Danbourgès 99
vieux James Thompson, qui étuit présent, et qui mo fait part de ses souvenirs sur cette action d'éclat. M. Dambourgès recut de lord Dorchester une commission dans le 84° régiment pour s4 belle conduite, en cette occasion, malgré qu'il fût natif de France, et il fut licencié avec le ler bataillon de ce régiment à la paix de 1783, tel que le constatent les anciens régistres de l’armée. La veuve reçut une pension de £30 courant, et advenant des circonstances à ce contraires, cette pension devrait être payée aux filles à même les fonds provinciaux. La situation de ces orphelines est telle que le département de la guerre jugerait peut-être à propos de
la prendre en considération. Les orphelins
de divers officiers, en Angleterre, ont été
Ft ar pise { ‘Æ |
100 Dambourgès
ainsi supportés à même le fonds de détresse.
“ Il ne me reste plus qu'à offrir mes excuses à Votre Seigneurie, si j'ai commis quelqu’inconvenance en lui faisant parvenir de cette manière la requête en question.
4 J'ai l'honneur d’être, etc.
‘ (Signé), J. Haze.”
M. Garneau (His! du Canada, t. III,
p. 15) raconte ainsi ce coup d'éclat :
‘ Pendant ce temps, le général Carleton avait envoyé ordre au major Nairne et au capitaine Dambourgès d'aller avec un fort détachement soutenir les troupes qui combattaient dans la base ville, Aussitôt que
ce renfort fut arrivé, il fut décidé de prendre
Dambourgès 101
l'offensive ct d'attaquer les maisons occupées par l'ennemi. En conséquence, le capitaine Dambourgès, avec les Canadiens, sauta en dehors des barricades ct alla planter les échelles enlevées aux Américains, contre la première maison qu'ils occupaient et qui fut prise d'assaut. Le major Nairne en fit
autant de son côté. Ces deux officiers so portèrent ensuite aux maisons suivantes
qu'ils enlevèrent de la même manière, les
unes après les autres. ”?
Ecoutons maintenant un contemporain de M. Dambourgès. Nous citons ses propres paroles :
‘ Le sieur Dambourgès monta par une fe-
nôtre au moyen d’échelles enlevées à l’enne-
102 Dambourpgès
mi,suivi de plusieurs Canadiens, ot défonça la
fenêtre du pignon de la maison, Il y trouva plusieurs Bostonnais. Après avoir tiré un coup de fusil, il fondit avec sa baïonnette.
et cntra dans la chambre avec plusieurs Canadiens qui le suivaicnt, animés d’un même courage, lesquels jetèrent la frayeur parmi inème les Bostonnais, qui se rendirent prisonniers.
— Journal de M. S Sanguinet.
Un autre contemporain, d'origine
différente, est aussi explicite :
‘ Major Nairno, of the Royal-Emigrants, and Mr. Dambourgès of the same corps, by their gallant bohaviour, attracted the notice
of every body. The Genc: -
Dambourgès 108
with a strong detachment to the support of those already engaged in the Lowcer-Town, These two gentlemen mounted by ladders, and took possession of a house, with fixed bayonnets, which the rebels had already entered, and thus secured a post which overlooked a strong battery on the wharf änû commanded a principal street.” — Journal of occurrences in Quebec, during November, 1775, by an officer of the garrison.
En français:
“ Le major Nairne, des Emigrants-Royaux, 6t M. Dambourgès, du même corps, par leur conduite vaillante, ont été remarqués par tous leurs compagnons d’armes.
Le général les avait envoyés avec un fort
détachement, au secours des troupes, déjà
194 Dambourgès
engagées dans la basso-ville. Ces deux mes-
\ sieurs escaladèrent une maison que les re-
l} belles occupaient, et en prirent possession
" ala pointe des baïonnettes, s’assurant ainsi de la jouissance d'un poste dominant une puissante batterie braquée sur le quai, qui commandait une rue principale. — (Journal des événements survenus à Quebec, dans le mois de novembre, 1775, tenu par un officier de la
garnison.) 1
En présence d’un pareil trait de valeur et d’héroïsine, on ne peut se défendre de reporter ses regards vers l'antiquité, qui décernait des récom-
1 Voir à la tin du volume, la requête que M. le député
Vallières adressa au Parlement, en 1625. Les mêmes faits y sont exj'osés à peu près dans les mêmes termes.
de l'antiquité. Car si une cause quel-
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penses et des ovations aux soldats qui
s'étaient distingués par des actes de dévouement et de courage. Si, dans les temps modernes, les grandes vertus paraissent plus rares, si le nombre des” héros paraît moins grand, ce changement ne provient probablement que de malentendus, ou, plus souvent, du manque d'occasion de signaler de pareils actes. (Cette rareté prétendue de généreux athlètes, de soldats intrépides, vient plutôt de ce que ceux de nos jours sont privés du prestige de l'éloignement des temps et de l'absence
de panégyristes aussi hardis que ceux
106 Dambourgès
conque pouvait affaiblir le courage
naissant, étouffer le génie au berceau, ce serait bien l'indifférence et l'oubli dont tant de gouvernements semblent récompenser aujourd'hui ceux qui souvent ont exposé leur vie, ou sacrifié leurs années à les servir avec tout le dévouement dont de nobles âmes sont capables.
À l’âge de 81 ans, Cicéron, élevé à la questure, le premier degré des hon< neurs, éprouva les déplaisirs d’un amour-propre blessé. Par de fréquents envois de blé à la capitale du monde, qu'il devait sauver par son génie, il nourrit ses concitoyens, et leur épargna
Lé *
les horreurs de la disette. Il s'attendait,
pour ce bienfait, à une haute récompense, mais il éprouva combien les hommes sont indifférents aux services | qu'on ne fait pas valoir.
“ Dès que j'eus compris, dit-il, que le “ peuple romain avait l'oreille sourde “et l'œil vigilant, je ne songeai plus à “ Jui faire le récit de ma conduite, mais ‘“ à frapper ses yeux de ma présence.
J'habitai dans ses regards. J'e fatiguai # le forum de mes pas... ?”
Cette apathie n'est-elle pas propre à paralyser les généreux élans, à étouffer
tout noble dévouement ? Heureuse-
Î| ment, pour les individus et pour les
108 Dambourgés
net CRD Cane ms ent me à à Bone ee 0 00 mass en ee
peuples, la puissance des hommes ne
va pas jusque là ; et, malgré les déduins et les mépris dont l'autorité se rend quelquefois coupable envers de géné- \ reux serviteurs, Dieu suscitera encore,
au jour du malheur ou du danger, des
œ Le) héros qui sauront se sacrifier pour sau-
ver la patrie du péril ou de la mort.
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La paix avec les Etats-Unis étant rétablie, M. Dambhourgès se donna tout entier à ses nouveaux devoirs, profi-
tant des moments de loisir qu'ils lui
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Dambourgès 109 ARR ANMOMMES ANNE" RER
laissaient pour s’oc-"per de ses affaires commerciales. Plusieurs années s’écoulèrent ainsi. Cependant, le 8 juin, 1786, il eut, la douleur de perdre son vieux père, aveugle depuis quelques années, et souffrant toutes les autres infirmités qu'amène ja débilité sénile. Il mourut à la résidence de son fils, à Saint- Thomas, et fut inhumé le dix du même mois, dans l’église paroissiale, par M.
Maison-Basse.
Le vieux Béarnais avait alors soixante-dix ans et quelques mois. Dans
son acte de sépulture, il est qualifié de
négociant, état qu'il avait exercé avant
d'arriver en cette colonie. La bien.
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