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ré-élection, à la suggestion du nouveau gouverneur, lord Dorchester, qui voulait lever un régiment canadien, et
s'assurer du concours des personnages
les plus influents, afin à: faire réussir son projet et d'atteindre l’objet qu'il avait en vue, pour la protection de la colonie.
Tous ses contemporains ont vanté sa probité, la droiture de ses vues, son désintéressement et la noblesse de son caractère qui brillèrent d'un nouvel éclat pendant ces quatre années employées à servir son pays dans l'assemblée des élus du peuple. On remarquait en lui un esprit vaste, mais
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peu cultivé; un langage énergique, mais peu châtié, et un jugement à toute épreuve. Au milieu de ses élo- | quentes improvisations, il conservait | toujours le calme etla réflexion. Toutes ces excellentes qualités étaient rehau- 11 sées par un patriotisme pur et éclairé, | dont il avait déjà donné, en mainte
occasion, des preuves que personne n'avait oubliées.
Si, dans une circonstance délicate, (lors de l'élection de l’Orateur), M.
Dambourgès vota contre le parti qu’il avait soutenu jusqu'alors, c'est qu'il
\était persuadé que son vote ne nuirait | Ci
enrien à la cause çanadienne, c’est
Dambourgès
qu'il n'y attachait aucune importance réelle. D'ailleurs, M. Dambourgès, homme modéré avant tout, était d'opinion, avec beaucoup d’autres, qu'il ne fallait pas froisser les idées des dépositaires du pouvoir, ni heurter de front leurs préjugés ; qu'il valait mieux au début user modérément de ses droits, offrir une résistance franche, soutenue et constante, diriger la lutte avec patience et modération, et attendre le succès du temps plutôt que des moyens violents. Il pensait qu’il était prudent de céder sur des points d’une importance minime, afin de ne pas s’aliéner la confiance du.chef de l'Etat et de
ne résister ouvertement que quand il s'agissait des priviléges réels du peuple. Propositions bien sages, à une époque où les droits des mandataires de la nation étaient peu dessinés, et où l'on ne connaissait pas encore la limite qui les séparait de ceux de
l'Exécutif. Au reste, ses convictions
furent toujours respectées, parce qu’on
savait qu'elles étaient appuyées sur la
bonne foi et sur l'amour qu'il portait aux Canadiens.
Quant à sa conduite générale dans la chambre des représentants, M. Dambourgès se montrait disposé à écouter
toujours avec bienveillance et à ac-
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cueillir toutes les idées utiles, sans égard à la couleur de ceux qui s’en faisaient les champions. On peut dire qu'il parlait peu, mais il agissait sans cesse, n'aspirant qu'à mürir et à mettre en œuvre, sans ostentation aucune, les projets qu’il avait conçus pour le bien public, ou que le génie des autres Jui avait fait adopter. L’honorable député ne visait qu'au bon sens qu’il gardait en mettant de l'honnêteté dans ses idées, sans s'occuper d'éloquence ni de phrases à effet. Il accueillait toute idée utile, sans égard à la nuance politique de ceux qui s’en faisaient les moteurs,
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Aujourd'hui, quelques-uns apprécient bien autrement les choses, il est vrai. Mais il ne faut pas refuser notre respect et notre admiration
à ce qu'ont accompli nos devanciers,
pour ne croire qu'au prestige de ce
que nous voyons. Défions-noug des comparaisons. Ne jugeons les autres que sur le théâtre qu'ils ont occupé, N'’écoutons pas ces ambitieux qui trouvent tout à refaire. Si vous leur prêtez quelques moments l'oreille, si votre imagination ne s'essouffle pas trop à les suivre, vous les verrez bien-
tôt, ne comptant pour rien ce qui est
fait, oublier tout ce qu'il a fallu de
luttes et de sacrifices pour tout placer dans l'ordre établi aujourd'hui.
semble qu’à voir la prodigieuse habileté de tous ces alertes, ils auraient, eux, bien vite réglé tous les différends, fait cesser toutes les luttes ; et, n’écoutant que Jeur audace, ils iraient placer, au milieu des airs, la première pierre de
notre édifice politique, sans lui donner
autre point d'appui que leurs remu-
antes individualités.
À coup sûr, at-on déjà dit, en certain monde, on allourdit le langage à force de le surcharger de grands mots. Tout ainsi par cette intempérance de paroles
on embarrausse les mesures politiques,
at pS
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‘On se. précipite parfois sur toutes les questions sociales Sans y avoir aucunement pensé. En se montrant dédaigneux à l'endroit de nos anciens, on croit se donner une importance d’une toute autre valeur. Sans doute, c’est parce qu'on compte beaucoup sur l’intervention desmuses dans les affairesdu pays! Peut-être aussi, sans se préoccuper jusque-là, ces beaux diseurs emploient-ils les enluminures pour cacher le vide de leurs idées et le creux de leurs systèmes, mais, après tout, que reste-t-il de leurs périodes sonores, de ce mélodieux fracas ?
Si les heures consacrées par quelques
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discoureurs habiles à répéter, pour où contre ceux qui admiuistrent la chose publique, des discours où brillent l'ambition et l’égoisme de ceux qui Îles prononcent, si ces moments précieux, disons-nous, pour le pays, étaient eme
ployés à des œuvres réellement utiles,
coMbien d'abus seraient effacés, com-
bien d'améliorations justes et nécessaires seraient faites, combien de sources d’injustices et de misères seraient comblées et détruites ? Tous ces acrimonieux discours ne jetteront que peu de splendeur sur les pages de l'his.
toire de notre époque,
Cependant la piupart auront beat
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coup parlé de la tyrannie de ceux qui auront eu le tort de méconnaitre le mérite qu'ils s’allouent, et de la servilité de ceux qui les dédaignent.
Ah ! depuis soixante-quinze ans et davantage que durent nos luttes constitutionnelles, qui n’ont laissé que de rares moments de calme, l'agitation et les secousses ne deviennent que plus sensibles. Dans ce long intervalle, combien de jeunes aspirants, malgré les doux feux de leur imagination, ont failli à leurs devoirs! combien ont voulu détruire l'œuvre vénérée de nos vétérans politiques, pour y substituer
leurs éblouissants utopies ! Et ce sont
D eee mn PU e - th creer eee ment