R0SI5SKI
Ne craignez rien , ma bonne...
BERTHE , osant à peine le regarder.
Monsieur le comte... '
ROSINSKI.
Remettez- vous; ma présence ne doit vous inspirer aucune crainte , et rintérét que je porte aux habitans de... BERTHE, à part , mettant ses lunettes.
Mais 11 a Tair fort aimable.
ROSINSKI.
Croyez que si j'avais connu plus tôt les malheurs de votre jenne parente.
BERTHE , vi{>ement.
Elle n'est point ma paHcnte.
ROSINSKI.
Je croyais,
BERTHE, à part.
C'est un très-bel homme !
RO SIX s Kl , à part.
Allons la vieille est à moi .
BERTHE
Je suis à son service.
ROSINSKI.
Elle se nomme?
BERTHE
Eudo. ... {^se reprenant) Emma de Rosval. ROSINSKI, à part.
Emma.... c'est charmant nom divin
BERTHE, à part.
J'ai failli me trahir. ( haut ) Depuis la mort de son époux et d'un enfant qu elle chérissait , sa raison
ROSINSKI.
Je le sais. dites-moi, cette folie dure-t-elle toujours?
BERTHE
Non , monsieur le comte ; mais sa raison , qui revient par in-
tervalles, ne lui rend pas le bonheur, ... si jeune et si jolie , être aussi malheureuse !■
ROSINSKI.
Jeune jolie de mieux en mieux , folle par amour
conjugal. ... je ne pouvais tromper cela qu ici.
BERTHE
Elle a besoin.
ROSINSKI.
De consolations c'est naturel, et je veux..,, j'ai toujours
été très-fort pour les consolations.
BERTHE
Les secours de la médecine nont pu jusqu'à ce jour adoucir sa cruelle situation.
ROSINSKI.
Je le crois bien les peines du cœur est-ce que les
médecins connaissent cela? je prétends lui rendre la raison
moi quel plaisir ([uel bonheur de pouvoir me dire :
Rosinski , Emma te doit Voulili de ses maux , les charmes de son existence
r.ERTHE.
Ah î si vous faisiez un tel mii\icle . croyez que ma recoa-
naissance
ROSINSKI , réfléchissant.
Je suis sûr de la guérison j'ai un médecin très-habile —
je vais le prévenir ; mais il faudrait dépayser la malade , la mener dans un autre lieu ; par exemple au château.
BERTHE , hésitant.
A votre château ?
ROSINSKI.
Oui, à mon château Cela peut d'autant mieux s'arranger , qu'après la noce, je retourne à Varsovie aiiissi
TOUS serez seules — libres entièrement libres ros moindres désirs seront satisfaits.... votre charmante Emma pourra
y jouir de cette tranquillité si nécessaire à sa position il
faut que je la voie à l'instant .
BERTHE
Elle ne peut recevoir.
ROSINSKI.
Je brave la consigne.
BERTHE
.Votre vue pourrait lui causer un accès. Là voila. (Ici Eudoxie paraît sur la montagne . conduite par Poleska.) ROSINSKI.
Je suis impatient....
BERTHE
Au nom du ciel ! monsieur le comte.
ROSINSKI.
Laissez-moi... Ne craignez rien... Je vais donc enfin la voir.
( // se retire à l'écart. )